Les Chemins de Khatovar

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  • Merfer (10/2016) / Railsea (05/2012)

    Posted By on 13 décembre 2017

    Je remercie mes amis du nouveau forum indépendant, mais complémentaire à Babelio, pour la participation de cette lecture collective. L’idée étant venue de moi, je suis obligé d’assurer pour cette ce compte-rendu de lecture ^^
    China Miéville est l’un sinon le porte-drapeau du mouvement New Weird, qui est à la génération Y ce que le mouvement New Wave fut à la génération baby-boom (sauf que le punk et le « No Future », le néolibéralisme et le « TINA » sont passés malheureusement passés par là). L’auteur n’a jamais caché son engagement très à gauche, et contrairement à nombre d’artistes et d’intellectuels plus diseux qu faiseux lui n’a pas hésité à affronter l’ordalie du Suffrage Universel. C’est donc sans surprise qu’il balance quelques piques bien sentis sur l’impérialisme yankee (avec des références à la Guerre du Vietnam et aux écocides de Monsanto/Bayer), sur la désertion fiscale ploutocratique dont on mesure chaque jour les dégâts incommensurables, et le financiarisme marabouté par les mensonges vénéneux de l’Argent Roi et les illusions délétères du Veau d’Or (avec des rentiers dégénérés qui n’ont pas compris que la fin du monde avait eu lieu, et qui continue de compte avec avidité mais en pure perte les intérêt des dividendes et des royalties qu’ils espèrent encore toucher ^^)
    ^^).

    China Miéville est littéralement un démiurge et ici c’est entre post-apo et Planet Opera qu’il brouille les pistes (à l’image de ce bon vieux Jack Vance ^^), avant de faire émerger du néant un univers tiersmondiste (pas forcément misérabiliste et pas forcément pessimiste), un monde dépotoir où les professions les plus enviées sont celles d’éboueurs bien particuliers : les exhumeurs s’intéressent aux vestiges du présent pour récupérer et recycler les ressources nécessaires à la bonne marche de la société, les archéxhumeurs s’intéressent aux vestiges du passé et les plus doués d’entre eux s’essaient à la rétro-ingénierie pour retrouver les secrets perdus de la science d’antan, et les alterexhumeurs s’intéressent eux aux étranges reliques laissés par les voyageurs des étoiles (nous sommes donc peu ou prou dans l’hommage à Stalker, le roman d’Arcadi et Boris Strougatski ^^).

    Dans cet univers, nous suivons une humanité coincée entre terre et ciel :

    – passé 3000 mètres l’atmosphère est toxique, et habituée par un faune extraterrestre d’inspiration largement lovecraftienne ramenée d’outremonde par de malencontreux voyageurs de étoiles… Et les scaphandriers des cimes repoussent sans cesse les barrières de l’impossible pour explorer les sommets à la recherche de lieux de légendes comme la Scimérie, le toxicontinent mythique de l’outreciel !

    – le plancher des vaches est devenu invivable car l’accumulation de déchets ont transformé l’écosystème en faune mutante féroce et vorace, ce qui a obligé les habitants à distinguer sousterre et plateterre… Vers de de la toundras gros comme des bras, rats-taupes nus gros comme des chiens (et qui en plus chassent en meute), gigatortues gaufrées, fourmilions cuisants, chevêches des terriers, perce-aux-rails, lapins draco…. Et au sommet d’une pyramide alimentaire faisant la part belle aux monstres éructhones trône Godzilla, euh pardon la terrible Talpa ferox rex : la Grande darboune australe ! (kaijûs power ^^)

    Dans ces conditions les rochers deviennent des îles, les plateaux des pays, les chaînes de montagnes des continents, et la civilisation aurait cessé d’exister si la plateterre n’était pas parcourue par un réseau ferroviaire aussi dense qu’immense dont la création se perd dans la nuit de temps (et dont la maintenance est assurée par les mystérieux anges durailles)… De vaillants traineux s’élancent donc sur cette mer de fer, ou Merfer, pour relier entre eux les refuges perchés de l’humanité, et héros parmi ces cheminots l’auteur met sur le devant de la scène les taupiers qui n’hésitent pas à se frotter aux pires créatures ! (et il y a aussi les Baljis, des tribus nomades vivants sur des chars à voiles, qui suivent les troupeaux de chevaux sauvages ayant adopté le mode de vie nécessaire pour échapper à leurs nouveaux prédateurs)

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    Dans Merfer nous suivons à travers les yeux de l’apprenti médecin Sham le train taupier Mèdes et son équipage.Mais nous sommes dans un roman d’apprentissage, et Sham est un adolescent qu’il s’intéresse essentiellement à un petite cercle de connaissances : Chauquette la chauve-souris apprivoisée, le médecin Lish Fremlo, le chef Ankush Roch et la capitaine Natasha Picbaie… Lui qui n’a jamais vraiment su ce qu’il voulait et qui finit aide soignant un peu par hasard est fasciné par la capitaine qui a dédié toute sa vie à la traque et à la mort de Jackie-la-Nargue, la légendaire taupe albinos géante…

    Nous sommes évidemment dans un détournement du Moby Dick d’Herman Melville, chef-d’œuvre de la littérature américaine : Nantucket devient Haldepic, Achab devient Natasha Picbaie (Abacat Naphi en VO) et Moby Dick devient Jackie-la-Nargue (Mocker-Jack en VO). Mais pas que, parce que si Sham marche dans les pas d’Ishmaël, il est aussi Jim Hawkins de L’Île au trésor ou John Trenchard de Moonfleet… (d’ailleurs il traîne un Robalson qui a une bonne tête de Long John Silver : quel dommage que ce dernier soit si peu utilisé !)

    Nous sommes donc aussi dans l’hommage au roman d’aventure dixneuvièmiste, et de manière générale l’auteur a une très solide connaissance de la littérature du XIXe siècle dont il repend parfois le style, les codes et les thèmes. Sham suit donc fidèlement son capitaine, jusqu’au jour où dans un train échoué il découvre un disque de données, et sur ce disque de données décodés par un computeur il découvre des platographies de zones inconnues de la plupart des traineux, et l’une d’entre elles montre le bout de la Merfer, et donc la route possible menant au paradis terrestre… Il a trouvé comme son capitaine sa philosophie (mot qui dans le roman englobe les notions de but, d’objectif, d’ambition et d’obsession), et fait des pieds et des mains pour retrouver les enfants bien vivants de l’homme et la femme dont il a exhumé les défuntes dépouilles…

    Et c’est quand il finit par les retrouver que le bât blesse : ATTENTION SPOILERS DANGEUREUX

    les jumeaux Caldera et Caldero décident aussitôt d’achever la quête de leurs aînés, et ils doivent affronter les monstres et les naufrageurs qui les précèdent comme les pirates, les corsaires, et les militaires guidés contre son gré par Sham qui été kidnappé… Dans un univers qui ressemble peu pou prou au Nausicaä d’Hayao Miyzaki on se retrouve avec une histoire qui ressemble beaucoup au Laputa du même Hayao Miyazaki. Sauf que l’auteur n’a pas oublié pour autant son souhait d’offrir une rédemption à son Achab ou féminin qui ne réalise pas les mêmes choix que son modèle : dans l’histoire d’origine Achab finissait par amener tout son équipage en enfer, alors qu’ici après une course d’enfer à la poursuite de Jackie-la-Nargue (et le remake lovecraftien de Charybde et Scylla ^^), Natasha Picbaie face à un équipage au bord de la mutinerie Picbaie renonce à son obsession pour secourir Sham et les Shroakes… Dans le grand final, les taupiers de Natasha Picbaie et les exhumeurs de Travisande Sirocco assistent à un combat titanesque entre la marine américaine, le gardien mécanique du paradis et la monstrueuse taupe albinos géante… Tout cela aurait pu et aurait dû être 100% epicness to the max : oui mais non, cela ne marche qu’à moitié.

    Pourquoi tout ces interludes donnant dans le postmodernisme, dans lesquels l’auteur s’amuse certes à pousser le quatrième mur mais qui n’apporte rien au récit à part bouffer des pages et hacher le rythme de l’intrigue… Dans ce livre j’ai longtemps aimé le style impressionniste du récit qui met lecteurs et lectrices dans le peau de Sham avant de les bombarder de sensations et d’émotion, le tout associé à une recherche linguistique pour transcrire l’inversion terre/mer dans les idées, les mots et les images, avec une pléthore de néologismes dont il a le secret (genre les mouvements des trains remplacés par des bruits mécaniques ^^). Parmi ce baroque littéraire le remplaçant de « et » par « & » peut faire tiquer mais il prend place dans l’utilisation du langage pour faire passer un message métaphysique : si la merfer offre des choix de route infinis tous se font finalement en vase clos, alors que la vraie mer offre un seul choix de route pour des destinations infinies… (connaissant l’auteur nous sommes dans la satyre de la société : on nous dit que nous les hommes sont libres de leurs choix mais tous ceux-ci les fond tourner en rond, alors qu’en fait il en suffirait d’un seul véritable pour et atteindre l’horizon et marcher vers ce monde nouveau qu’est l’avenir ! « TINA » must die !!!)

    Mais l’ensemble manque de dialogue dans la caractérisation et d’action dans la narration, et passé un cap l’auteur se regarde un peu écrire ce qui met une distance inutile entre les personnages et les lecteurs… C’est vraiment dommage car avec un peu de sense of wonder ce aurait pu et dû être bien au-delà et au-dessus d’un bon vieux blockbuster hollywoodien, mais d’un autre côté j’avais déjà ressenti la même chose dans Les Scarifiés et le Conseil de Fer du même auteur (voire dans Perdido Street Station, mais cette distanciation s’atténuait avec le temps)…

    PS: un grand bravo à Nathalie Mège, car traduire un auteur comme China Miéville ce n’est pas une sinécure, c’est une gageure !

    Alfaric

    univers incroyable grâce au style 9/10, intrigue qui se délite à cause du style 5/10

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    Jim Butcher, Le Codex Alera 5 : La Furie du Princeps (VO 12/2008, VF 11/2017)

    Posted By on 6 décembre 2017

    Résumé tome 5 : La Furie du Princeps
    Désormais reconnu comme le Princeps Gaius Octavien, héritier du trône, Tavi de Calderon est parvenu à conclure une alliance fragile avec ses ennemis, les farouches Canims. Mais lorsque Tavi et ses légions reconduisent les Canims jusqu’à leurs terres, le Princeps découvre que ses pires craintes sont devenues réalité. Les redoutables vordes – ennemies des deux peuples – ravagent depuis trois ans la patrie des Canims. Et lorsque les Aléréens perdent l’accès à leurs vaisseaux, ils se voient obligés de se battre pour survivre aux côtés de leurs anciens adversaires. Depuis un millénaire, Aléra et ses furies ont tenu tête à tous leurs ennemis, repoussé toutes les attaques. Mais cette époque touche à sa fin…

    A l’image de la saga Harry Potter, ici les lecteurs grandissent avec le héros : dans les tomes 1 et 2 nous découvrions l’univers du Codex Alera, ses intrigues et ses complotes opposant super-héros et super-vilains, à travers les yeux d’un héros adolescents orphelins sans pouvoir aucun, et les tomes 3 et 4 ce dernier montait en grade pour défendre une société libre, égale, fraternelle et multiculturelle dans un monde autoritaire, inégalitaire, intolérant et mono-culturel, qui entre isolationnisme et impérialisme faisait la part belle au racisme, au suprématisme, au sexisme et à l’esclavagisme (toute ressemblance avec les USA n’étant évidemment aucunement fortuite !). Et dans ce tome 5 commence dans le sang et les larmes la fin de l’âge des hommes !

    Avec leurs games of thrones à la con les homines crevarices ont ouvert la Boîte de Pandore avant de dérouler le tapis rouge à la Bête Immonde… Mais n’est-il déjà trop tard pour monter une Grande Alliance contre les forces de l’Axe ? Car c’est tout naturellement que les crevards habituels entre dans le collaborationisme en proposent leurs bons et loyaux à l’envahisseur tout droit sorti de Starship Troopers (mais pas que ^^)

    Le prologue envoie du bois avec un des super-héros se battant sur le Mur d’Hadrien contre les barbares inhumains venus du nord, et des une patrouille d’espions qui découvrent que les Vordes sont de retour et maîtrisent désormais la magie : les hommes viennent de perdre le meilleur et seul atout contre les hordes aliens…

    Nous suivons le POV de Tavi, appelé Tavar en Canéa, et Gaius Octavien en Aléra.

    ATTENTION SPOILERS… Il raccompagne de l’autre côté de la Mare Nostrum ceux qu’il a combattu pendant 3 ans à un contre dix en espérant en apprendre suffisamment pour établir une paix durable entre les peuples, et découvre un continent 5 fois plus grand et 10 fois plus peuplé qu’Aléra : si Aléra a jusqu’ici vaincu ses héréditaires ennemis lupins, c’est parce que les peuples canins divisés et férus d’honneur martial ont attaqué les uns après les autres et jamais tous en même temps…
    Mais les super-héros guerriers ou magiciens découvrent un continent à l’agonie : en moins de 3 années les royaumes canims sont tombés les uns après les autres face aux Vordes, et sur les hauts plateaux de Shuar le chef de guerre Gradash livre le baroud d’honneur de tout un peuple (quitte à utiliser les réfugiés parqués dans des camps de concentration comme ressources humaines pour les sorciers et les nécromants)… Au lieu d’abandonner tout le monde à son triste sort comme le feraient nos bons crevards IRL, Tavi se donne comme mission de sauver ceux qui peuvent encore l’être contre l’avis de la majorité des intéressés, et il est prêt à donner sa propre vie pour sauver le plus de vies possible car jusqu’au bout il reste persuadé qu’il n’y a pas de meilleure manière de vaincre un ennemi que de s’en faire en ami (refrain bien connu des connaisseurs de David Gemmell ^^). Pour ne rien gâcher, il y a tout un passage « je sais que tu sais que je sais que tu sais » où comme dans le film Push de Paul McGuigan dans lequel Tavi contourne les liseurs d’âmes vordes (là encore remember David Gemmell), en utilisant le pouvoir magique de la plume et du papier !

    Nous suivons le POV d’Isana,

    ATTENTION SPOILERS… missionné par le leader du monde libre pour mettre fin à la séculaire guerre du nord entre les Alerans et les Hommes des glaces… Chefs de guerre et chefs de paix des deux camps se rencontrent sous la médiation du marat Doroaga, mais que faire contre des siècles de haine ? Et que faire quand le principal acteur du conflit, le Haut Duc Antillar Raucus est en conflit avec lui-même ? Isana la veuve de son défunt ami Gaius Septimus va devoir au péril de sa vie découvrir ce qu’il s’est passé une génération plus tôt et lever le voile sur l’assassinat de son époux après tant d’années à l’avoir pleuré…

    Nous suivons le POV d’Amara,

    ATTENTION SPOILERS… missionnée par le leader du monde libre pour s’infiltrer au-delà des lignes ennemies pour découvrir le pourquoi du comment de la maîtrise de la magie par les Vordes. Et entre collaborateurs et esclaves, elle retrouvent de vieilles connaissances tels Rook, Kalarus Brencis ou Dame Invidia Aquitaine décidément plus que jamais super-vilaine… (par rapport à son épouse Bernard ressemble plus que jamais à un homme au foyer ^^)

    Nous suivons enfin le POV d’Ehren, fidèle parmi les fidèles, et avec lui nous suivons les derniers jours du Haut Duc Gaüs Sextus meurtri dans sa âme et dans sa chair qui puise dans ses dernières forces pour offrir à son héritier et à son peuple une petite chance de victoire. Nous assistons à la chute de la civilisation alerane : l’infestation de Kalare, la Bataille de Cérès, l’invasion du Val d’Amaranthe, la longue marche vers la capitale et le siège d’Alera Imperia… C’est epicness to the max et certains profitent de l’apocalypse pour régler leurs comptes ou profiter de la situation : hominus crevaricus un jour, hominus crevaricus toujours !

    Tavi quitte brisé un monde détruit soumis au règne des Vordes… Va-t-il se relever de découvrir une autre monde détruit soumis au règne des Vordes ? Parmi les fléaux libérés de Boîte de Pandore, il reste toujours l’Espoir certes, mais comment celui qui l’incarne va-t-il le retrouver ??? Mais il n’a pas le choix : il doit réussir là où son père et son grand-père ont échoué, et cela sera la victoire ou la mort ! To Be Continued pour le sixième et dernier tome d’une saga fantasy qui n’aura jamais déçu ses lecteurs donc rdv en mars 2018 pour le décompte final :

    Mais je suis pas un fanboy aveugle, et je suis obligé de signaler 2,5 trucs qui tirent l’ensemble vers le bas :

    – après pas mal de bouquins pour hardcore readers, cela m’a fait un bien fou de retrouver le plaisir de la ligne droite propre aux livres pour easy readers, mais force est de constater que le style est simple voir simpliste et que tout aurait gagné en puissance avec un style moins basique (style basique propre à la fantasy américaine privilégié par les éditeurs français en manque d’imagination, donc contrairement aux inquisiteurs culturels et aux commissaire littéraires je ne vais pas enfoncer un cycle plus qu’un autre puisqu’ils sortent tous du même moule)

    – depuis le début, il y a un petit BDSM racoleur centré comme par hasard sur les personnages féminins, mais comme dans ce tome on laisse tranquille Isana toutes les scènes chaudes sont dévolues à Amara. l’auteur est fidèle à ses personnages donc aux lecteurs qui les ont appréciés, mais le déséquilibre des POVs commencent sérieusement à se voir…

    – la grande bataille finale est racontée sur le ton de la chronique… C’est frustrant, mais il fallait bien que l’auteur en garde sous le coude pour le grand final du tome suivant, et puis ce n’était pas comme si le quotas de scènes d’action n’avait pas été atteint hein ^^

    Toute la série repose sur le concept de furies, équivalent des érinyes grecques : comment s’appelle les trois Arches de Noé qui ramènent les derniers espoirs du monde libre à Alera ? Mégère (Μέγαιρα / Mégaira, « la Haine »), Tisiphone (Τισιφόνη / Tisiphónê, « la Vengeance »), Alecto (Ἀληκτώ / Alêktố, « l’Implacable »)…

    Oh oui, ça va chier pour les bad guys dans l’ultime tome de cette coolissime saga high fantasy ^^ (et cela fait aussi plaisir de retrouver à la traduction Louise Malagoli qui se coule parfaitement dans le travail réalisé auparavant)

    Alfaric

    Note : 7,5 /10

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    Thierry Gloris & Joël Mouclier, Meridia tome 3 (10/2013)

    Posted By on 30 novembre 2017

    Meridia 3. Le Roi pourri

    Résumé tome 3 : Le Roi Pourri
    Ramenant avec eux le souffle des dieux, Lucius, Bartholomey et Domitia assistent au triomphe de leur commanditaire, le roi Oktav, devenu immortel grâce à l’absorption d’une potion concoctée à partir de l’ingrédient tant convoité. Mais la liesse est de courte durée. Trahi et assassiné par son fils, le roi revient sous la forme d’un mort-vivant. Une guerre civile éclate, et chacun devra prendre parti… 

    Ce troisième et dernier tome intitulé Le Roi Pourri accélère le récit, et c’est bien dommage au vu de la qualité de la série !

    Le prince héritier commet un parricide et un régicide avant de se de couronner lui-même, sauf qu’Oktav III devenu immortel ne compte pas lâcher le pouvoir pour autant ! Au royaume féodal de Tyrena c’est la guerre civile entre les nécrophiles partisans d’Oktav III dont la folie grandit au fur et à mesure que son corps pourrit, et les nécrophobes d’Hersdak IV soutenu par nonnes sorcières de Cybèle (remember le Bene Gesserit de Dune ! ^^). Sauf qu’il y a aussi la guerre de l’ombre elfique entre Ushar-Kahn l’éminence grise de Tyrena et Aïdisha Oyaneth l’ombre derrière le trône de Cardini (le roi détrôné et mari cocu voulant à tout prix se libérer pour se venger de celle qui l’a trompé !)…

    Baskia est missionné pour recruter des mercenaires barbares pour faire pencher la balance du pouvoir du côté de son seigneur, tandis que Lysandre et Domitia Paulina restés en otages sont chargés eux de démasquer et débusquer les nombreux commanditaires des tentatives d’assassinat sur la personne de leur roi fou et pourri, qui en faisant place nette autour de lui permet au trio / ménage à trois LGBT de gravir très rapidement tous les échelons du pouvoir. L’elfe magicien en quête de vengeance, qui s’est d’ailleurs bien vengé de son geôlier parjure en lui offrant un immoralité maudite, leur offre un moyen d’en finir avec toute cette folie à condition pour eux de le libérer de sa prison et d’apprendre les arcanes de la magie dans les temps impartis… Tout se joue lors d’une chouette bataille finale, dans la plus grande tradition de la fantasy épique, où les Grands Anciens règlent leurs comptes, où celui par qui le malheur est arrivé finit dans un cercueil d’améthyste,

    et où un barbare devient roi de ses propres mains, avant d’unifier tout Meridia…Mais ceci est une autre histoire (magnifique planche finalequi mélange l’histoire des Borgia à l’épopée de Conan ^^)

    Encore une fois festival de clins d’œil avec des « alea jacta est », des « tu quoque mi fili » ou des « le dormeur doit se réveiller ! »

    Ah le pied ! Le seul véritable défaut de cette série ? Elle a été trop courte, on aurait pu en avoir plus…

    Alfaric

    Note : 8,5 / 10 (1/2 de point en moins pour la déception de voir la série s’arrêter là !)

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    Thierry Gloris & Joël Mouclier, Meridia tome 2 (08/2012)

    Posted By on 30 novembre 2017

    Meridia 2. Le Souffle des Dieux

    Résumé tome 2 : Le Souffle des Dieux
    Enfin débarrassé de la bure, Lysandre rompt avec sa destinée toute tracée pour vivre pleinement sa passion avec son amant retrouvé. Mais cette renaissance s’accompagne d’un déferlement de sang et de fureur, mené entre autres par la redoutable Dominik, ancienne guerrière de Cybèle, réduite au rang d’esclave humiliée, bien déterminée à retrouver de sa superbe et à faire payer sa déchéance… 

    Ce tome 2 intitulé Le Souffle des dieux est divisé en 3 parties :

    – dans un 1er temps Lysandre et Baskia tout à leur bonheur prenne les rênes du fief d’Olt, quand l’abbesse Paule missionnée par la Grande Matriarche pour retrouver les Fleurs de Dorkéïne qui lui ont été volées leur tombe dessus à bras raccourci… Attention Spoilers : ils ne doivent la vie sauve qu’à Dominik qui suite à la perte de a virginité a été rétrogradée au rang d’esclave, et de punching ball de cette connasse d’abbesse Paule : s’ils veulent sauver leur peau, ils doivent lui offrir une nouvelle vie pour remplacer celle qui lui ont volée…

    – dans un 2e temps nous assistons à la mort et à la résurrection de la nonne guerrière défroquée : la brune Dominik est morte, vive la blonde Domitia Paulina nouvelle duchesse d’Olt ! Elle tient nos deux compères par les couilles, et Baskia le condottiere bisexuel doit ménager la chèvre et le chou entre son ancien amant et sa nouvelle épouse qui manquent de s’entre-tuer lors de sa nuit de noce ! (heureusement que le recours à l’alchimie permet d’éviter l’irréparable : un partout, balle au centre ^^)

    – dans un 3e temps le duo devenu trio est missionné par Giampero Delphino donc par Oktav III pour s’emparer du Souffle des Dieux au sanctuaire de Lourdina… Les auteurs nous offrent ainsi un formidable hommage à la Sword & Sorcery de R.E. Howard et Fritz Leiber avec un temple forteresse, un clergé jaloux, un trésor béni, et un monstre gardien impie (d’inspiration forcément lovecraftienne ^^)

    Sinon nous sommes également à mi-chemin entre Le Trône de Fer et Les Royaumes d’épines et d’os, puisqu’Oktav III recherche d’autant plus les secrets de l’immortalité qu’il sait désormais que l’un de ses proches est en train de l’empoisonner, et compte sur son mystérieux prisonnier magicien pour échapper à son destin… Sauf que ce dernier à ses propres buts à atteindre, à commencer par recouvrer la liberté ! To Be Continued !!! (et festival de clins d’œil, genre la pièce de théâtre Hamlet et le jeu de rôles Rêve de Dragon ^^)

    Alfaric

    Note : 8/10

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    Thierry Gloris & Joël Mouclier, Meridia tome 1 (05/2011)

    Posted By on 29 novembre 2017

    Meridia 1. Les Fleurs de Dorkéïne

    Résumé tome 1 : Les Fleurs de Dorkéïne
    Sur le point d’être ordonné prêtre du Royaume de Meridia, Lysandre tombe dans un guet-apens avec sa délégation religieuse. Alors qu’il assiste impuissant au massacre des siens, il est sauvé de justesse par le chef barbare. Ce dernier n’est autre que son amour de jeunesse qui lui propose de le suivre dans une délicate mission : dérober à l’Église son bien le plus précieux, les fleurs de Dorkéïne. 

    Thierry Gloris et Joël Mouclier s’entendent comme larrons en foire nous offrir un détournement fantasy de La Chair et le Sang ! Déjà que le film de Paul Verhoeven était cru et violent, ici on croirait que l’enfant caché de Quentin Tarantino et d’Alejandro Jodorowsky est passé par là avec du gore, du sexe héréto, du sexe homo et du trash talking en veux-tu en voilà… Du grimdark donc, fait avec tellement de bonne volonté et de bonne humeur que je me suis pris joyeusement au jeu, d’autant plus que c’est truffé de clins d’œil aux classiques ^^

    Nous sommes donc dans une Italie de la Renaissance fantasmée, une Italie qui quelque part n’aurait jamais connu Rome et à laquelle il faut ajouter magie et alchimie ! Un émule de la République de Venise joue le rôle de médiateur entre les gibelins du roi Oktav III qui soutient les Anciens Dieux Zeus, Odin et Jupiter mais qui éprouve les pires difficultés à ramener dans son giron ses vassaux récalcitrants, et les guelfes de la grande matriarche Azitia qui soutient la Nouvelle Déesse Cybèle et qui apporte son aide à tous lesdits vassaux récalcitrants… Tout le monde se contrefous du Sud de Meridia harassé de Soleil, Grèce attachée aux Apennins plutôt qu’aux Balkans (sans parler de la Corse et la Sardaigne inversées et renommées Charybde et Scylla ^^). L’Europe est partagée entre Germains à l’Ouest et Slaves à l’Est, l’Afrique est aux Numides, la Scandinavie est aux Nains fabricants d’armes à feu, et le Moyen-Orient est aux Elfes dont le régime hiérogamique va causer par ricochet pas mal de soucis à Meridia et ses habitants. Dans cet univers haut en couleurs, nous allons suivre les heurs et malheurs d’un trio, ou plutôt d’un ménage à trois LGBT inspiré des Borgia qui de game of thrones en game of thrones va monter en garde ou point de participer à la lutte final pour le pouvoir ! Baskia l’homme d’action (César), Lysandre l’homme de réflexion (Machiavel) et la nonne guerrière défroquée Dominik (Lucrèce) ^^

    J’ai beaucoup aimé le style de Joël Mouclier à la fois dessinateur et coloriste, qui m’a rappelé celui de Civiello en plus dynamique car contrairement à lui il est sans doute plus dessinateur de BD et moins illustrateur, qui ici s’en donne à cœur joie en alternant les passages très colorés et les passages très sombres, mêlant même parfois les deux ! ^^

    Quelques bémols cependant sur l’ensemble de la série :
    – grimdark ce sera pas pour tout le monde, mais il faut bien de tout pour faire un monde…
    – tout repose sur le passé comme de Lysandre et Baskia, qu’on ne nous montre pas et qu’on nous raconte peu alors qu’alors qu’il aurait suffit d’un flashback pour résoudre tout cela…
    – la BD est en 3 tomes seulement alors qu’il y avait largement manière à poser et à développer l’histoire pour obtenir quelques tomes de plus, d’où l’impression à certains moment que l’histoire avance trop vite et n’est pas assez approfondie…

    Dans ce tome 1 intitulé Les Fleurs de Dorkéïne, nous découvrons l’univers de Meridia à travers les yeux de Lysandre, adolescent promis au Clergé de Cybèle donc à la castration, et soumis au tutorat de son mentor eunuque Théo assez porté sur la chose… Ils assistent au renouvellement du stock des galériens de la république maritime de Tritio par un rituel transformant les cochons en hommes, détournement d’une scène bien connue de l’Odyssée où la magicienne Circé transformait les hommes en cochons. Ils participent ensuite au rapatriement des Fleurs de Dorkéïne en Etrusie / Étrurie, puissant ingrédient alchimique convoité par mal de monde, et sur le chemin du retour le convoi est est pris en embuscade par des barbares et Lysandre véritable demoiselle en détresse pense sa dernière heure venue !

    Attention Spoilers ! Sauf que le commandant de l’opération ennemie est Baskia, un ancien otage welf en exil avec lequel il a partagé tous ses premiers émois au sein d’un pensionnat (émois évidemment homoérotiques d’abord, homosexuels ensuite ^^). En retrouvant son premier et seul amour, Lysandre échappe à la mort et à son destin, et autant par euphorie que par compassion il libère de son calvaire l’abbesse Dominik qui vient de vivre les pires heures de sa vie en la compagnie des soudards de la compagnie de Baskia qui lui sont tous passé dessus ! Monumentale erreur ?!

    Nous suivons désormais à la vie à la mort un duo et un couple dont le destin est lié : Baskia devient Batholomey Lysandor et Lysandre devient Lucius Baskini, et Baskia ayant offert sa liberté à Lysandre, Lysandre n’aura de cesse d’offrir à Baskia ce qu’il désire le plus, à savoir le pouvoir ! Au service de Giampero Delphino, ils intègrent la féodalité du royaume de Tyrena et participent à la compagne du roi Oktav III contre le Duc de Limbur, ce qui leur permet d’en gravir les premiers échelons… To Be Continued !

    Alfaric

    Note : 7,5/10

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    The Witcher, La Malédiction des corbeaux (comic)

    Posted By on 15 novembre 2017

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    On ne présente plus la saga Le Sorceleur / The Witcher d’Andrzej Sapkowski ! (non les anglo-saxons ne sont pas spécialement les maîtres du genre, c’est juste qu’ici comme dans d’autres domaines les décideurs français ne se cassent pas trop la nénette en se contentant de reprendre les blockbusters yankee pour profiter du marketing réalisé par les rouleaux compresseurs yankee). Dans un univers dark fantasy largement inspiré des légendes et des histoires slaves, nous suivons ainsi les heurs et les malheurs de Geralt de Riv, un chasseur de monstres qui aurait pu être un émule d’Elric de Melniboné (ce qui nous offre un Supernatural médiéval fantastique ^^)…

    Dans la mini-série intitulée La Malédiction des corbeaux parue chez Dark Horse entre août 2016 et mars 2017, nous sommes après le jeu vidéo The Wild Hunt et nous retrouverons Geralt de Riv toujours en formation de son apprentie Ciri, qui se retrouvent engagés par une prêtresse / maquerelle de Novigrad pour neutraliser une stryge mais aussi pour garder un œil sur son fils Elid qui possède l’étrange faculté de se transformer en corbeau. Geralt fait à Ciri le récit de l’épisode bien connu de la saga du désensorcellement de la princesse Adda née stryge suite à une union royale incestueuse… Les deux affaires semblent avoir un lien, mais lequel ?

    Si au départ je ne m’attendais à rien du tout, au final j’ai trouvé l’ensemble pas mal du tout. On retrouve tout le côté chasseurs de monstres avec les diverses péripéties qui amènent Geralt et Ciri à Novigrad, il y a une alchimie réussie entre l’action, l’humour et la dark fantasy, et le côté sitcom qui se surajoute au récit avec Geralt à la fois maître et père qui partage avec Ciri à la fois élève et fille les mêmes qualité et les mêmes défauts, réprimandés par Yennefer qui joue peu ou prou le rôle d’épouse et de mère vis-à-vis du duo… Après je n’ai pas compris pourquoi on a privilégié le road movie dark fantay au polar médiéval fantastique, car l’intrigue rédigée à je ne sais combien de mains n’est pas si mal que cela et aurait été bonifiée en jouant davantage jouer la carte de l’ambiance !

    SPOILERS :
    Car au final les chasseurs sont les chassés, puisque Elisa tyrannise sa famille pour manipuler Ciri et atteindre Geralt, dont elle fait de la mort un objectif moins pour venger son géniteur que pour évacuer toute la haine du monde qu’elle porte en elle… Il y a détournement de conte de fée puisqu’au lieu de la fille vertueuse protectrice de son frère transformé en volatile, on a un frère transformé en volatile protecteur de sa sœur vicieuse… Rien n’est bien qui finit bien, avec mention spéciale pour Elid le garçon transformé en corbeau pour n’avoir pas dénoncé l’acte de cannibalisme de sa sœur qui devient définitivement un oiseau charognard alors qu’il n’a jamais fait de mal à personne…

    Alors que Piotr Kowalski assure tous les dessins, j’ai l’impression bizarre qu’il y avait plusieurs artistes derrière les graphismes : on passe de dessins épurés à des dessins photoréalistes et vice versa, des couleurs froides aux couleurs chaudes et inversement (cette hétérogénéité n’est pas pénible, mais elle est très bizarre quand même)… Les créatures n’impressionnent guère, un lacune à corriger pour une série consacrée à des chasseurs de monstres !

    Et puis qu’est-ce que c’est que toutes ces scènes de bains ? On se croirait dans le fanservice pompier du manga Fairy Tail ! Il y a quasiment 2 scènes de bains par épisode qui ne sont là que pour dessiner untel ou unetelle dans le plus simple appareil. Mais il ne suffit pas de mettre des boobs, des abdos musclés ou des pectoraux huilés pour faire mature : si les auteurs voulaient s’éclater avec du sexe, et bien ils auraient faire bien mieux que cela (on auraient eu ainsi plus de pages à consacrer à l’ambiance, aux personnages ou à l’intrigue).

    PS : l’avant-propos est un peu étrange, car je n’ai pas pu déterminer si on voulait rendre hommage au livre ou au jeu vidéo, avec des approximations dans l’approche du genre (mais rien de bien méchant par rapport aux énormités et aux gros clichés véhiculés par Karine Gobled pourtant éditée par les fins connaisseurs d’ActuSF). Et puis les inévitables comparaisons avec le SdA de JRR Tolkien et à le GoT de GRR Martin, ben soupirs quoi !

    Alfaric

    Note : 6/10

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    La Lune des rêves

    Posted By on 11 novembre 2017

    Couverture

    Résumé tome 3 : La Lune des rêves / Mad Moon of Dreams
    David Hero et Eldin l’Aventurier, jadis prisonniers de la morne réalité, sont devenus des citoyens à part entière du Monde des Rêves. Quand les souvenirs ; de leur vie passée viennent les hanter, rien ne vaut une bonne bagarre, une outre de vin ou une jolie fille pour penser à autre chose ! Mais depuis quelque temps, leur humeur tourne au vinaigre. Est-ce dû à la lueur malsaine de la lune, dont l’orbe, chaque soir, envahit davantage le ciel ? C’est probable, car ils ne sont pas seuls à évoluer ainsi… Bientôt, le doute est levé : l’astre des nuits, où se tapit une divinité maléfique, menace littéralement d’avaler la Terre des Rêves. Encore un mois, moins peut-être, et la destruction sera totale. Pas question que les deux rêveurs finissent ainsi ! Comme d’habitude, ils relèvent le défi, même s’il faut pour cela s’allier à de vieilles ennemies : Zura, la Reine des Zombies, et l’Eldolon Lathi, la maîtresse des hommes-termites…

     

    La Lune des rêve paru en 1987 et traduit par Isabelle Troin est le troisième tome d’une sympathique trilogie inspirée par les démons et les merveilles de la Fantasy d’H.P. Lovecraft.
    Rien ne va plus car la lune des rêves se rapproche des contrées du rêves, ce qui génère moult catastrophes naturelles… Car les bêtes lunaires, mélanges de crapauds et de pieuvres, œuvrent à la réalisation de la théogamie de leurs dieux impies (Gaïa étant remplacée par Oorn, une tentaculaire monstruosité gastéropode, et Ouranos étant remplacé par Mnomquah, un kaijû aveugle). Kuranes mobilisant la flotte aérienne de la cité volante de Serannian, et Randolph Carter étant parti explorer le multivers en quête de solutions pour stopper l’imminente fin du monde, c’est aux caricatures de Fafhrd et du Sourcier Gris qu’il revient de protéger la cité d’Ilek-Vad d’un terrible sort dans un remake de la chute de Troie… Car les Lengites ont laissé une statue en offrande aux habitants de la métropole, destinée à les trouver, à les amener, et dans les ténèbres les lier où il y a de fortes que tous se fassent par les Grands Anciens dévorer ! (Que l’or maudit serve à désigner les premiers à être perdus est tout sauf un hasard : l’auteur écrit aux pires heures de cette saloperie de thatchérisme…)
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    Si les Forces du Mal avancent aussi vite et aussi bien, c’est parce qu’elles ont des alliés dans les Contrées du Rêve : les hommes-termites de l’Eïdolon Lathi, les zombies de Zura la Noire, et les sicaires des Ducs d’Isharra, anciens gangsters de Chicago piégés comme nos héros de ce côté-ci du Mur du Sommeil (à la tête d’un principauté qui se résume à une City riche comme Crésus et un peuple crevant de pauvreté : là aussi l’auteur écrit aux pires heures de thatchérisme)… On est dans la caricature du cape et épée, puisque nos antihéros s’envolent immédiatement et unilatéralement pour saboter la rituel maléfique devant avoir lieu au Gouffre de Sarkomand, et délivrer de belles demoiselles en détresse dans la foulée (les jumelles Ula et Una qui les avaient faits tourner en bourriques dans le tome précédent). Ils s’en sortent en dressant leurs ennemis les uns contre les autres, puisqu’ils ont tous des raisons personnelles d’en vouloir à leur peau. Avec des insultes bien senties par là et des compliments bien senties par ici ils auraient s’en sortir, sauf que les cultistes des Grands Anciens sont imperméables à tout cela et qu’ils finissent sur l’autel d’Oorn qui a grand faim… C’est qu’interviennent les braves Limnar Dass et Gytheryk Imniss, assistés par Renifle et Torgnole les monstres qui accédé à l’humanité : il y a tout un passage ou les humains du monde du rêve ne supportent plus d’être les créations et les créatures des humains du monde éveillé, avant de décider de prendre les choses en mains ! Car derrière la grosse déconne, il y a de chouettes réflexions sur le solipsisme et les théories jungiennes…
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    Que serait un actioner fantasy sans bataille finale ? Les bêtes lunaires trahissent leurs partenaires, et l’ennemi de mon ennemi étant mon ami tout le monde fait cause commune dans un grande bataille où les les navires volants en sous-nombre de la Grande Alliance affrontent les monstres et les sorciers adorateurs des Grands Anciens ! Feu à volonté ! à l’abordage ! Les équipages du Shantak, du Linceul, du Chrysalide, du Gnorri II, de l’Éperon des Étoiles, du Brume du Matin, du Saute-Nuages, du Cumulus, du Nimbus et du Maître des Cieux utilisent tous les trucs et astuces des aventures maritimes qu’on aime bien, mais ils doivent rivaliser d’héroïsme avant que les astres ne soient propices !!!
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    SPOILERS :
    Ce qui est dommage, c’est moins le deus ex machina de la cavalerie qui arrive à point nommée que l’avalanche de trucs zarbis : le boss de fin lovecraftien dévore ses propres soutiens, l’auteur balance des serpents de fumée pétrificateurs agissant comme des basilics, et il nous sort des phalènes lunaires (remembrer Mothra contre Godzilla ^^), avant qu’on en fasse des caisses sur les sacrifices d’Eldrin et de David Hero alors qu’on nous les ressort néanmoins dans un happy end par le biais d’une métempsychose végétale… WTF ? ^^

    Une fois encore je me demande comment des prescripteurs d’opinion chevronnés, suivez mon regard ont pu prendre au premier degré un récit dont le héros s’appelle David Hero… mdr ^^

    Alfaric

    Note :  7/10

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    Le Vaisseau des rêves

    Posted By on 11 novembre 2017

    Résumé tome 2 : Le Vaisseau des rêves / Ship of Dreams
    Le soleil des Contrées du Rêve a déjà brillé plus fort pour David Hero et son compère, Eldin l’Aventurier. Dans la ville fabuleuse de Celephais, ils ne sont pas comblés d’honneurs mais, malgré leurs exploits, traduits en justice et chassés comme des chiens galeux. Non sans emporter quelques souvenirs, comme il sied à d’honnêtes voleurs. Tandis qu’ils reprennent leur existence de joyeux vagabonds, prompts à lever le coude et volontiers bagarreurs, la superbe Reine des Zombis conduit son armada de bateaux volants vers Serannian, la cité des nuages. Son but ? Renouveler son stock de morts vivants. Sans doute sa manière à elle de faire son marché, se disent David et Eldin, bientôt engagés par le roi de la Cité des nuages pour s’opposer aux sombres desseins de la Dame Noire. Les actions des deux amis sont eu hausse ! Mais Zura, puisqu’ils la cherchent, a juré qu’ils seront ses premiers morts vivants.

     

    Le Vaisseau des rêves paru en 1986 et traduit par Isabelle Troin est le deuxième tome d’une sympathique trilogie inspiré par les démons et les merveilles de la Fantasy d’H.P. Lovecraft.
    Je vais être direct : j’ai moins aimé que le tome 1 car il manque le zeste d’originalité et le grain de folie qui en faisait le charme… Mais je crois aussi qu’il s’agit surtout d’une question d’équilibre car malgré le côté picaresque pleinement assumé l’histoire finit bien mieux qu’elle n’a commencé ! Car on commence de nouveau par un parodie de Sword & Sorcery, plus précisément une parodie du Cycle des Epées de Fritz Leiber, Eldin noyant son chagrin d’amour dans l’alcool puisqu au pays des rêves sa fiancée s’est réveillée le jour de leurs noces, et David Hero en dandy qu’il est court jupons et bagatelle avec les risques que l’on connaît… Condamnés pour leurs excès, ils vont plaider leur cause à la cour du Roi Kuranes à la ville dans les nuages de Serannian, qui est prêt à tout leur pardonner en échange de l’accomplissement d’un quête…
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    On passe ensuite au swashbuckling et les deux compères affrontent la flotte aérienne de la reine des damnées (une nymphomane nécromancienne et nécrophile appelée Zura la Noire), et après moult tribulations en compagnie du capitainerie Limnar Dass (qui m’a rappelé au bon souvenir du brave Hugh Barrel d’Edmond Hamilton), de Gytheryk Imniss l’apprenti sorcier dresseur de spectres décharnés, ou de la Chose qui Court lors la traversée au pas de course du monde souterrain, on revient à la case départ de la cité volante. Là l’auteur devient très cool en mettant en scène un actioner arcanepunk, véritable pendant fantasy de L’Arme fatale, dans lequel c’est en lieu et place de Roger Murtaugh et de Martin Riggs qu’Eldin l’Aventurier et David Hero doivent neutraliser les zombies terroristes qui ont pris en l’otage le Roi Kuranes et qui menacent de faire s’écraser la cité volante… Je suis presque sûr que le prolifique Simon R. Green, l’un des mes auteurs préférés c’est inspiré de tout cela pour ses propres séries cool et fun !
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    Les puristes d’H.P. Lovecraft détestent viscéralement Brian Lumley, le traitant de tous les noms, mais une fois qu’on accepter que l’auteur anglais utilise les créature et l’univers de l’auteur américain comme jouets et comme terrain de jeu, c’est plutôt fun (mention spéciale au Conservateur du Musée ^^).

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    Alfaric

    Note : 6/10

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    Le Héros des rêves

    Posted By on 11 novembre 2017

    Résumé tome 1 : Le Héro des rêves / Hero of Dreams
    Malgré une existence confortable et une carrière prometteuse d’illustrateur, David Hero ne peut s’empêcher d’éprouver un étrange sentiment d’insatisfaction : chaque jour ressemble au précédent, sans histoires, prévisible, bref parfaitement ennuyeux. Mais la nuit, tout change : il devient un autre homme, il devient enfin lui-même ! Car, chaque nuit, il se retrouve transporté vers les hautes terres du Rêve, un monde fantastique où d’intrépides aventuriers livrent bataille à des créatures des ténèbres, un monde peuplé de brigands et de sorciers, sur lequel plane l’ombre de l’abominable Cthulhu… En dépit de sa peur, David se sent de plus en plus attiré par cet univers exaltant, prêt avec ses compagnons à relever des défis dont ils n’imaginent ni la portée, ni les périls. Au risque de se retrouver prisonnier à jamais d’un monde où rêves et cauchemars sont l’unique réalité…

     

    Le Héros des rêves paru en 1986 est le premier tome d’une sympathique trilogie inspiré par les démons et les merveilles de la Fantasy d’H.P. Lovecraft, mais comme l’introduction contient pas moins de 3 gros twists, je suis obligé de la masquer ^^

    SPOILER:

    Depuis 6 ans David Hero et Eldin l’Aventurier arpentent les royaumes des Contrées du Rêve en quête d’aventures, véritables voleurs hors-la-loi entre Cartouche et Robin des Bois. Leurs tribulations les amènent au Gardien des Précurseurs qui leur promet monts et merveilles s’ils retrouvent les trois Bâtons de Pouvoir qui permettraient à ses maîtres de continuer leurs pérégrinations à travers les dimensions. Et l’auteur détourne les codes du conte de fée pour réaliser un buddy movie fantasy complètement barré :
    * La première quête est une parodie de Sword & Sorcery dans laquelle l’auteur alterne descriptions howardo-lovecraftiennes et dialogues pleins d’humour (comme les pastiches de la Moria ou d’Ali Baba ^^), et le dynamique duo devient une parodie des antihéros du Cycle des Épées de Fritz Leiber : le grand barbare Fafhrd est remplacé par un ronchon tuberculeux, et le petit rusé Souricier Gris est remplacé par un adulescent impétueux… Viennent ensuite les classiques du genre bien connus des rôlistes et des gamers (ah la belle époque de Casus Belli ^^) : taverne malfamée ? check ! employeur aisé ? check ! bout du monde plein de dangers ? check ! temple oublié ? chek ! mago psycho ? check ! trésor maudit ? check ! dieu impie ? check !… On se croyait dans une bonne vieille aventure de Conan le Cimmérien, sauf que les antihéros roulent des mécaniques comme c’est pas possible alors qu’en fait c’est la damsel in distress qui fait tout le boulot dans leur dos ! L’auteur aurait d’ailleurs pu aller complètement dans cette voie, et quelque part c’est bien dommage…

    * La seconde quête plus courte est un pastiche des hobbits perdus dans la forêt de Fangorn…
    Après diverses tribulations pulpiennes (alpinisme, canyoning, traversée d’un jungle où toutes les plantes sont carnivores ^^), les quêteurs sont recueillis par un arbre intelligent qui raconte son histoire après avoir écouté la leur. Ils prennent le parti de de leur hôte en partant en guerre contre l’eïdolon Lathi maîtresse de la cité maudite de Thalarion : deux hommes, femme et un arbre affrontent les monstruosités de la Ruche de l’Horreur gouvernée d’une main de fer par une reine sorcière (et les détournements d’Orthanc et de Saroumane sont saupoudrés de qui-propos érotico-horrifiques assez fun ^^)

    * La troisième quête assez courte est n’est finalement qu’un gros pied-de-nez prenant la forme du huis-clos se déroulant dans le laboratoire d’un sorcier…

    On aurait pu s’arrêter à l’heroic fantasy revue et corrigée par les Monty Python, mais cela serait oublier l’introduction et la conclusion ! mdr

    SPOILER:

    On peut regretter que la Portal Fantasy ne serve que twist voire de prétexte à tout le reste, car avec son air de ne pas y toucher Brian Lumley n’était pas loin d’écrire un préquel aux fabuleuses séries Life for Mars et Ashes to Ashes : ils sont géniaux ces Anglais !

    Pour ne rien gâcher j’ai bien aimé la traduction de Rosalie Guillaume qui a tout compris des intentions de l’auteur. Le roman est court donc si vous le dénichez chez un bouquiniste ou en ebook vous ne perdez pas votre temps à tenter votre chance, car au final ou vous êtes un amoureux des genres de l’imaginaire et en vous prêtant au réjouissant jeu du 2e degré vous aller découvrir une savoureuse Madeleine de Proust (ah si John Lang avait écrit dans la années 1980, le résultat n’aurait peut-être pas été très différent ^^), ou vous ne l’êtes pas et en ne vous prêtant pas au jeu vous risquez de tout prendre au 1er degré et de rouspéter devant ce qui vous semblera être de gros clichés.

    Alfaric

    Note :  7/ 10

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    Vers l’Ouest tome 2 (manhua)

    Posted By on 11 novembre 2017

    Vers l’Ouest tome 2 :
    Le jeune Loup Blanc s’est vu confier une mission des plus périlleuses : amener la flamme sacrée au Paradis de l’Ouest afin d’éviter que les dieux ne mettent la main dessus. La route risque d’être semée d’embûches car tous les habitants du ciel sont à ses trousses et même si l’esprit du dragon coule dans ses veines, il ne pourra s’en sortir seul. Son unique espoir : retrouver Xuanzang, le moine au coeur pur qui avait déjà fait le voyage seize ans plus tôt. Mais encore faudrait-il que ce dernier accepte de repartir…

     

    Dans ce tome 2 nous suivons Loup Blanc est livré à lui-même, traqué par les dieux, et qui découvre les us et coutumes de cette espèce bizarre qu’est l’humanité…Qu’est-ce qu’il est subtile donc délectable le doux parfum du doute à la Philip K. Dick : l’animal persuadé d’être un homme est possédé par un dragon. Qu’est au final qu’est vraiment Loup Blanc qui occupe une place unique dans la création ? Le démon est dessiné comme un être humain car il se voit comme un être humain, mais si on laisse la moindre place doute rien n’est moins sûr… ^^

    Il était une fois un jeune moine que les dieux missionnèrent pour ramener du Paradis de l’Ouest la Flamme Sacrée et établir dans l’Empire du Milieu la paix et la prospérité (parce qu’ils étaient trop lâches et trop paresseux pour le faire eux-mêmes). Pour réussir il traversa mille enfers, et comme c’était un Saint Homme il n’eut de cesse de faire de ses ennemis des amis… C’est ainsi qu’unis, hommes, démons et dragons accomplirent l’impossible, mais de retour dans l’Empire du Milieu les dieux lui ont demandé d’abandonner ses compagnons au triste sort qu’ils leur réservaient. Par peur de l’autorité et de l’ordre établi il obtempéra, mais grassement rétribué pour sa trahison le cœur et l’âme du jeune homme moururent… Xuanzang passa ainsi des années et des années à boire des alcools forts et à batifoler avec des courtisanes non-humaines, et quand Loup Blanc traqué par les sicaires divins frappe à sa porte et le supplie à genoux de l’aider à ramener la Flamme Sacrée au Paradis de l’Ouest son cœur et son âme se déchirent à nouveau… Les auteurs étendent à l’infini ses tourments intérieurs, mais que peut-il faire quand l’univers tout entier lui offre une seconde chance, celle de devenir plus grand et plus noble pour à nouveau accomplir l’impossible ? C’est décidé, non pour le peuple mais pour lui-même Xuanzang sera le champion de l’humanité contre les divinités… La guerre est déclarée et rien ni personne ne pourra le détourner de la voie qu’il a choisi d’arpenter ! Taoist Cannon Fist : ATATATATATATATATAT !!!

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    Si je suis impressionné par Xuanzang qui entre directement au Panthéon des personnages les plus badass de tous les temps, mais je n’oublie pas pour autant des graphismes très aboutis et très soignés qui alternent un style comics de belle qualité et un hyperréalisme qui déchire quand le récit passe en mode « serious business ». Et dans ledit récit la place prise par les mots « rêves » et « espoirs » est primordiale, car les déclarations empruntées à Matin Luher King contrastent violemment avec les discours suprématistes édictés par l’ordre divin et les discours officiels qu’on nous balance à la gueule depuis l’avènement du TINA reagano-thachérien…

    Au final les auteurs sont fous à lier ! Si jamais la censure chinoise pige le truc en remplaçant les dieux par les ploutocrates du parti communiste chinois et la flamme sacrée par la modernité occidentale, ils sont bons pour la prison (si vous voulez aider la démocratie à un jour exister en Chine, lisez et achetez cette série !)… Mais j’imagine qu’ils ont déjà tâté le terrain avant d’emprunter ce chemin : comment un commissaire littéraire pourrait-il penser qu’un comic fantasy puisse se muer en manifeste anarchiste et déclarer la guerre à la ploutocratie mondialisée hein ?

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    J’ai toujours rêvé d’un mix entre les mangas à la Saint Seiya et les comics à la X-Men (ben oui quand Loup Blanc se lance dans un Pegasus Rolling Crash, je kiffe à mort ^^), et pour ne rien gâcher les qualités scénaristiques et graphiques sont au rendez-vous : c’est fait, je suis mort et au paradis des geeks !

    Alfaric

    Note : 9/10

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