Les Chemins de Khatovar

Site sur la littérature Fantasy, Fantastique et Science Fiction
  • .: Les Chemins de Khatovar :.

    Bienvenue sur les Chemins de Khatovar, un site spécialisé sur la littérature Fantasy, Fantastique et Science-Fiction notamment autour des grands cycles tels que le Trône de fer, la Roue du Temps et la Compagnie Noire.

    Auteurs Pros ou Amateurs ? présentez vos oeuvre ici

  • .: :.

  • .: Rechercher :.

  • .: FORUM :.

  • Mark Lawrence, Sœur Écarlate (VF 10/2017, VO 04/2017)

    Posted By on 20 janvier 2018

    Résumé tome 1 : Sœur Écarlate
    Au couvent de la Mansuétude, on forme des jeunes filles à devenir des tueuses. Dans les veines de certaines coule le sang ancien, révélant des talents presque disparus depuis que les Anciens ont accosté sur le rivage d’Abeth. Mais les maîtresses de la lame furtive ne mesurent pas ce dont elles ont hérité à l’arrivée de Nona, une enfant de huit ans qui a déjà du sang sur les mains. Ayant échappé à la potence, elle est recherchée par de puissants ennemis aux mystérieux desseins. Et au cours de son apprentissage de la voie de la lame, elle est rattrapée par les secrets d’un passé violent. Tandis qu’un soleil mourant se lève sur l’Empire, Nona devra affronter ses démons et devenir une redoutable guerrière si elle veut rester en vie…

    Je vais vous vendre le truc en une seule phrase : Le Livre des Anciens est bien parti pour être la version féministe et dark fantasy de la légendaire trilogie d’Alexandre Dumas (Les Trois Mousquetaires, Vingt Ans après, et Le Vicomte de Bragelonne) ! Une pour toutes, et toutes pour une : Oh Yeah !!! Et si ne sentez pas le potentiel de supracoolitude de l’ensemble, c’est que vous êtes déjà mort à l’intérieur… Et tout commence au milieu de nulle part, où une horde sauvage veut faire la peau à Sœur Ronce… Peu contre beaucoup, une des plus vieilles et une des meilleures histoires du monde :

    Pourquoi une émule de Valéria joue le rôle jadis dévolu à Conan ? Pourquoi Bêlit vient-elle à son secours (OMG je suis mort et au paradis des geeks ! ^^) ? Mais d’abord et surtout, comment on a pu en arriver là ???

    J’ai eu autant de mal à croire que l’auteur du Livre des Anciens soit celui de La Reine rouge, que j’ai eu du mal à croire que l’auteur de La Reine rouge ait été celui de L’Empire brisé… Après être passé d’un cycle post-apo viriliste à un cycle science-fantasy moorcockien où les antihéros étaient les pions des réincarnations de d’Elizabeth Ière et de Margaret Thatcher, il passe ici à un cycle composé d’héroïnes, d’anti-héroïnes, de super-héroïnes et de super-vilaines toutes plus badass les unes que les autres. Et pour ne rien gâcher l’auteur veut résolument rendre hommage à celles qui ont su définitivement féminiser la SFFF : Catherine Moore, Leight Brackett, Ursula Le Guin, Anne McCaffrey, Marion Zimmer Bradley et Robin Hobb… Je ne n’avais pas vue une telle féminisation du genre depuis Claymore le manga Dark Fantasy de Norihiro Yagi ! Encore une fois, Oh Yeah !!! *

    Il abandonne la narration à la 1ère personne pour revenir à ce bon vieux narrateur omniscient, et ce qu’on perd en originalité on le gagne en qualité (la traductrice Claire Kreutzberger qui travaille sur l’auteur depuis son premier livre doit se régaler). Il recourt donc à un style classique mais soigné, sans délaisser sa bonne vieille gatling à punchlines, avec un pure tome d’introduction et d’exposition. Mais tout est parfaitement maîtrisé car il sait où il va contrairement à tous ces satanés auteurs jardiniers, et la différence est d’autant plus flagrante qu’il emprunte ici à Patrick Rothfuss qui lui d’errements en errements ne sait plus à quel saint se vouer le principe de la narration à rebours où on ne sait plus trop si on est dans un flashback ou un flashforward (dans les deux cas, l’auteur tease à mort ! ^^)

    Le worldbuiding :
    Achtung Spoilers Alors oui l’auteur utilise tous les trucs et astuces de la Dark Fantasy, mais il sème beaucoup de petit cailloux blancs pour nous amener vers le Planet Opera post-apo. J’ai même pensé pas mal de temps qu’il avait osé réalisé une suite au [b]Cycle de Skaith[/b] de [b]Leigh Brackett [/b](Nona résurgente d’Eric John Stark ? ^^), car avec ces histoires de glaciations et de migrations c’est carrément ça… Oui mais non, il part sur quelque chose d’autre avec quatre tribus venus des étoiles : les Gerants, géants, forts et endurants, les Hunskas, rapides, agiles et vifs comme l’éclair, les psioniques Marjals qui peuvent manipuler les esprits, les psioniques Quantals qui peuvent manipuler la matière (du moins c’est que j’ai cru comprendre, parce que l’auteur m’a perdu en route avec les différents types de « magies » marjales et quantales). L’idée c’est qu’aucune des quatre tribus n’était adaptée à la vie sur l’Abeth et qu’elles ont mélangé leurs sangs pour créer l’humanité. Sinon on parle aussi de miroir orbital, de centre de commande à distance, et des réacteurs énergétiques des vaisseaux des étoiles ^^ Fin Spoilers

    Comme Anthony Ryan dans Bloodsong nous suivons les états d’âmes au jour le jour d’un adolescent en période d’apprentissage, dans un mélange entre l’humanisme épique de David Gemmell et le romantisme intimiste de Robin Hobb avec des emprunts au Monastère Kaï et à l’Institut pour surdoués de Charles Xavier… Donc tôt ou tard on retrouve les ado mutants qui veulent changer le monde, les chevaliers jedis et le Côté Obscur de la Force mais avec des nonnes badass venues de tous les horizons et de toutes les classes sociales et bien souvent en colère contre la terre entière !

    Nona a perdu son père qui a disparu sur ou sous la banquise (au vu du worldbuilding la différence est de taille, donc j’espère que l’auteur y reviendra), et elle est en froid avec sa mère qui n’intervient pas quand son village la vend au croquemitaine, tout le monde étant trop heureux de se débarrasser d’une gamine autour de laquelle gravite bon nombre d’étranges phénomènes et d’horribles événements quand elle se met colère (ce qui arrive ma fois assez fréquemment).
    Dans le cage de Giljohn il y a une petite phase Sans famille, et Nona se lie d’amitié avec Saïda qui veut mettre ses dons au service de la guérison et non de la destruction, Markus qui parle aux animaux, ou la boiteuse Hessa soupçonnée d’être capable de pratiquer la magie… Même si on revient dessus par la suite, la phase reste courte et les compagnons d’infortune sont séparés car Nona et Saïda sont vendu à un ludus et le drame survient assez rapidement : Raymel Tacsis le gladiateur aristocrate s’en prend à Saïda, et personne ne sait comment la petite Nona est parvenu à le terrasser… Les deux adolescentes sont condamnées à la potence et si Mère Vitrage arrive à temps pour sauver Nona, elle arrive trop tard pour sauver Saïda : l’enfant ne parviendra jamais vraiment à lui pardonner de ne n’avoir pas su en sauver deux pour le prix d’une, pire d’avoir sans doute miser sur la mauvaise jument car Nona est persuadée d’être possédée par le Malin…
    Au Couvent de la Mansuétude il y a une longue phase La Petite Princesse, et Nona fait de nouvelles connaissances parmi les détournements des personnages de Frances H. Burnett (ainsi tout aurait pu opposer la prolétaire miséreuse aux cheveux bruns cheveux bruns et l’aristocrate porphyrogénètes aux cheveux blonds : oui mais non, tout va les rassembler pour faire d’elles le duo d’héroïnes badass peut-être le plus cool de tous les temps !), sauf que le couvent est également un détournement de Poudlard (mentions spéciales à Sœur Pomme qui empoisonne systématiquement ses élèves, et à Malkin le chat de Mère Vitrage qui compisse méticuleusement les affaires des mauvaises langues ^^), et qu’au fur et à mesure du développement des talents de ses pensionnaires il se mue en Salle des Dangers (remember X-Men !). Toutefois nous sommes dans un univers grimdark, donc impossible de ne pas penser également à ce fabuleux manga qu’est Le Couvent des damnées

    Par sa narration à rebours et ses fausses pistes (qui parfois ressemble à des digression ou du tirage à la ligne méfiez-vous bien hein), l’auteur parvient à rompre la monotonie leçons / entraînements / scènes de camaraderie… Car oui les Tacsis n’ont pas renoncé à leur vengeance sur Nona, et l’Empereur Crucical et sa sœur Sherzal semblent avoir des plans discordants concernant le Couvent de la Mansuétude et ses pensionnaires. Car oui la scène du procès inquisitorial tout droit tiré des univers de David Gemmell amène une prophétie, avec une élue qui possédera les pouvoirs des quatre tribus pour changer le monde, ou plutôt avec une éternelle championne et son éternelle compagnonne… Mais attention une élue peut en cacher une autre (ou plusieurs mêmes ^^), A moins que toutes les prophéties ne soient que des fables conçues par les hommes et les femmes, et que chacun n’y voit que ce qu’il veut y voir… blink
    J’ai été pris au piège du faux rythme dans la 2e partie du récit, car l’auteur a monstrueusement teasé avec ses flashforwards qui annoncent des twists de oufs et qu’on veut savoir le fin mot de l’affaire avant la fin du tome qui se rapproche dangereusement… J’ai longtemps pesté contre tous ces trucs qui bouffaient inutilement des pages : les remarques de untelle sur la situation de sa famille, toutes ces histoires de couteaux qui apparaissent et qui disparaissent, les mystères récurrents sur les combats où le sang qui coule à flot alors que les armes sont restées au fourreau, ou le récit dans le récit de l’enfance de Nona qui change plusieurs fois de versions parce qu’elle a peur que ses camarades la prenne pour un monstre… Et arrivé à la fin, qu’est-ce que j’en ai pensé ? « Putain, mais qu’est-ce que je suis con : tout était là sous mes yeux depuis le début et je n’ai rien vu !!! » Je ne dis rien de plus et je vous laisse le plaisir de la découverte ^^

    A la fin du tome l’épreuve initiatique tourne au survival quand les crevards avancent leurs pions sur deux fronts, et pour ne pas être annihilé il faut s’unir ou périr, et maîtriser les pouvoirs de la porte (le corps) et de la clé (l’esprit) pour franchir la barrière de la matière… Le grand final est absolument génial, mais si l’auteur a posé beaucoup de questions, il n’en répond qu’à une seule car Nona devient ce qu’on a fait d’elle, mais finalement ce qu’elle a toujours souhaité être : une solution et non un problème… Une super-héroïne naît sous nos yeux, et en s’enfonçant dans les ténèbres elle flamboie de mille feux ! Un personnage psychopathe dévoré par la haine et la colère, mais encore suffisamment empathique et socialisé pour être hanté par le regard des autres et par son propre regard, et qui dans ce qui lui reste de lucidité cherche un exutoire à tous ses côtés noirs pour rester humain malgré tout : on avait plus vu ça depuis… le Chevalier Noir de Gotham City ? ^^
    Dans la série Le Couvent des Damnées Ella Kollwitz entourée d’ennemies s’étaient entièrement consacrée à la survie et à la vengeance, alors qu’ici Nona Grisaille entourée d’amies a le temps de trouver un sens à son existence : défendre la justice, incarner la Colère des Dieux sur Terre, devenir le croquemitaine qui crevards qui se croient au-dessus des lois humaines et divines… Tremblez politiciens carriéristes, tremblez aristocrates sociopathes, tremblez prêtres corrompus, tremblez bankster sans âmes, tremblez magos psychos, car Sœur Cage est née pour vous botter les fesses et désormais rien ni personne ne peut la détourner de sa mission sacrée ! Crossover avec les personnages de Larry Correia et on fait la Révolution mondiale, crossover avec les personnages de David Gemmell et de Michael Moorcock et on fait la Révolution multiverselle !!!

    Un trilogie bien construite apporte des réponses à chaque épisode, et chaque épisode a son importance et apporte sa pierre à l’édifice. Donc avec un tel tome 1 il y a moult pistes prometteuses à attendre du tome 2 !
    Achtung Spoiler Quelles sont les ambitions de Shella Yammal pour ses protégées, jusqu’où va aller la vendetta des Tacsis, en quoi consiste le game of throne joué par Crucical et Sherzal, quelles rivalités opposent l’Empire à ses voisins, pour qui roulent les tribus du frimas, qui va mettre la main sur le contrôle de la lune artificielle qui permet de contrôler le climat sur l’Abeth, qui va mettre la main sur les réacteurs des vaisseaux des étoiles à la puissance capable de déformer la réalité, et quid de cette histoire de prophétie qui peut relever autant de l’info que de l’intox ? Fin Spoiler

    – Où est Lano Tacsis ?
    – Tu les connais, les Tacsis. Ils n’aiment rien tant que laisser leurs sous-fifres attendrir la chair et, si nécessaire, ils arrivent ensuite achever la besogne.
    – C’est bien vrai.
    – Il est là-bas avec ses soldats et huit assassins d’élite. Ceux qui l’ont formé.
    – Mon pouvoir n’est pas tari.
    – Tu te crois capable de me tuer sans faire appel à la Force ?
    – Je pense que je n’aurai pas besoin de te tuer. M’est avis que tu vas te battre à mes côtés.
    (Je vous l’avais dit : « Une pour toutes, et toutes pour une ! »)

    * Dans l’affreux monde du marketing anglo-saxon, la tendance est au communautarisme de la production culturelle : les spin doctors qui prennent leurs cas personnels pour une généralité universelle sont persuadés que dans un récit on ne peut s’identifier qu’à un membre de sa propre communauté… Perso je suis au contraire persuadé que quand un personnage est profondément humain n’importe qui peut s’identifier à lui qu’il soit homme ou femme, noir ou blanc, chrétien ou musulman !

    Alfaric

    Note : 8,5/10

    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: 9.0/10 (1 vote cast)
    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: 0 (from 0 votes)

    Harold Lamb, Les Lames cosaques tome 2 : Le Khan blanc (VO 1918/1919, VF 12/2017)

    Posted By on 20 décembre 2017

    Résumé tome 2 : Le Khan Blanc
    On le nomme Le Loup, le Père des Combats, l’Homme au Sabre Incurvé… Aventurier et vagabond, Khlit le Cosaque parcourt les montagnes et les déserts d’Asie en guerrier intrépide, ne répondant qu’à l’appel du sang et de l’acier. Mercenaire à la ruse légendaire, ce vétéran aux cheveux gris se défait de ses nombreux ennemis aussi bien grâce à son esprit affûté qu’au tranchant de sa célèbre épée. Toujours armé de cette lame que tous redoutent, il sillonne le monde en loup solitaire, l’oreille tendue. Car là où résonnent les trompettes de la guerre, Khlit n’est jamais loin…

    Comment croire que tout cela date du début du XXe siècle, tellement cela n’a pas vieilli ?! Il a même un paquet de romans historiques ou fantasy datant du XXIe siècle qui ont davantage vieilli que ceux d’Harold Lamp. Ce tome 2 des aventure de Khlit le Loup, le vieux héros cosaque, est divisé en 3 novellas et l’auteur continue de transformer un serial en grande saga car chaque nouvelle est un rouage s’insérant parfaitement dans la grande machine littéraire qu’il a conçue :

    Le Khan Blanc : décembre 1918

    A la fin du tome 1, nous avons laissé Khlit sur les remparts d’Altur Haiten, en tant que champion des enfants de la steppe et que vainqueur des légions chinoises de Hangi Hi, l’épée incurvée de Qwaïdu dans la main gauche et la bannière de guerre de Gengis Khan dans la main droite… Il quittait ainsi les pages de l’Histoire pour entrer dans celle de la Légende ! (du coup c’est dommage que la courageuse adolescente Kerala qui avait accompagné notre antihéros cosaque de l’Asie Centrale à l’Asie Orientale) quitte elle les pages du récit en épousant Berang le prince ordu)

    Mais l’Empereur Dragon n’a pas dit son dernier mot, et somme les khans de lui remettre le loup cosaque. Ce dernier ne fuira pas et ne se cachera pas, car pour lui la meilleure défense c’est l’attaque ! C’est ainsi qu’il chevauche seul vers la Muraille de Chine et son nouvel ennemi désigné, Li Jusong le héros de la guerre d’Imjin, vainqueur des samouraïs du shogun Toyotomi Hideyoshi… Et ce sans savoir que le stratège chinois compte dans ses rangs un magicien capable de lire l’avenir et qui connaît déjà tout de son destin !

    Résultat de recherche d'images pour "li rusong"
    Arrivé à Sin-Kiang on sent la peur de la cité en état de siège, même si c’est trop court, on sent également la terreur de la ville mise à sac dans la panique et la violence la plus absolue, même si c’est trop court… Le vieux guerrier cosaque souhaitait joueur au plus malin avec le redoutable stratège chinois, mais il est immédiatement identifié, démasqué et emprisonné… Toujours est-il qu’après moult rebondissements, Khlit parvient à échapper à ses geôliers et qu’au final le sort du monde se joue dans la Tour des Cinq Faucons, où un vieux cosaque et un jeune mandchou font face aux soldats chinois à l’aide d’un douzaines de mannequins fabriqués avec les restes de ses défenseurs tombés face à l’ennemi…

    Le Khan Blanc 1

    ça ne vous rappelle rien ? Moi si : Two Against Many ! (et en plus la résistance de la Tour de David lors du siège de Jérusalem en 1099 a été également été reprise par R.E. Howard dans La Mort à triple lame, et par David Gemmell dans La Quête des héros perdus ^^)

    Oui mais non en fait, le sort en était déjà jeté car notre rusé héros avait déjà tout préparé : tout se termine par la confrontation entre 100000 guerriers nomades et 200000 soldats wangs dans une baston générale laconique certes mais ô combien épique, qui finalement n’a rien à envier à la célébrissime Bataille des Champs du Pelennor ! Khlit n’est plus, vive King Khlit, l’homme qui est devenu khan de ses propres mains… Nous la voila enfin contée, la suite de Conan le Barbare qu’on attend depuis 1982 ^^

    Au-delà de ses nombreuses qualités cape et épée, l’intérêt repose sur l’ambivalence pour ne pas dire l’ambiguïté de l’ensemble des personnages qui tous présentent deux visages :
    – Hotai Khan est-il un ami ou ennemi ?
    – Chepé Braga est-il un adversaire ou un allié ?
    – Cho Kien l’eunuque est-un un pion ou un joueur ?
    – Wen Shu le marchand est-il un lâche ou un justicier ?
    – le général Li Jusong est-il un grand conquérant ou un boucher parmi tant d’autres ?
    – Chagan le porteur de bouclier est-il un excellent vassal ou un excellent espion ?
    – l’archer mandchou Arslan (oui je t’ai reconnu, Ghîb des Chroniques d’Arslan de Yoshiki Tanaka : le cape et épée vaincra !) est-il un vantard ou un héros ?
    – le magicien aveugle Li Chan Ko est-il spectateur ou acteur du destin, pire ne joue-t-il pas avec lui pour châtier les Chinois qui jouent avec ses prophéties ?
    – Khlit le Loup est-il un aventurier opportuniste ou un leader machiavélique ? Quand il est rejeté par ceux qu’il a adoptés et protégés, le Fils du Ciel Wanli lui offre fortune et gloire à son service s’il décide de changer de camp pour devenir son talisman… Même pas en rêve aurait dit David Gemmell ! ^^
    L’auteur balade ses personnages, et surtout nous balade nous autres lecteurs avec un succession de twists parfaitement maîtrisés. Ah ça c’est du bon suspens, que n’aurait pas renié Alfred Hitchcock ! ^^

    L’Empire du Milieu vient de perdre coup sur coup deux de ses plus grands champions… La peur change de camp, et les enfants de la steppe promis à l’extinction reprennent l’ascendant : quelques décennies plus tard la tempête viendra du Nord pour emporter avec elle la Dynastie Ming… Mais ceci est une autre histoire !

    Changa Nor : février 1919

    Khlit devenu Kha Khan des Jüngars doit veiller sur le peuple qui l’a choisi comme guide. Et les temps sont durs : l’hiver vient, et leurs alliés Mandchous sont repartis vers l’Est et leurs alliés Kallmarks vers l’Ouest. Ces derniers lorgnent d’ailleurs sur leurs meilleurs pâturages, et le Cosaque répugne à partir en guerre contre eux : non seulement il faudrait affronter d’anciens compagnons d’armes, mais le conflit causerait trop de perte aux enfants de la steppe… Les visions du shaman pourrait mettre fin à leurs problèmes : Gurd le maître des bêtes connais les secrets de la forteresse perdue et maudite de Changa Nor, où serait caché un fabuleux trésor qui permettrait d’acheter les paix avec les Kallmarks !

    Entre une mer de sable et une rivière de pierre, Khilt découvre ce qu’il reste du Royaume du Prêtre Jean, et entre sa amour pour son Dieu et son amour pour son peuple, il est obligé de faire un choix.

    Le héros est plus en retrait, donc les personnages secondaires sont à la fête :
    – on a un triangle amoureux entre Gurd le maître des bêtes chrétien et pacifiste, Chepé Braga la bête de guerre païenne qui découvre qu’il qu’au-delà de la guerre il y a l’amour, et Chingi la princesse à la blonde chevelure que tout le monde considère comme une petite chose fragile mais qui s’avère une sacrée strong independant woman (et dire que cela a été écrit au lendemain de la WWI !). On a quasiment la même chose entre Einar, Erik et Morgane (interprété par Kirk Douglas, Tony Curtis et Janet Leigh) dans le film Les Vikings de Richard Fleisher réalisé en 1958…
    – on a un chouette numéro de duettistes réalisé par un prêtre chrétien et un guerrier païen, qui se haïssent cordialement avant de se comprendre et de se respecter mutuellement : en combattant côte à côte, le prêtre chrétien se fait guerrier et le guerrier païen se fait prêtre ! Trop cool c’était… et dire que cela a été écrit au lendemain durant la Première Guerre mondiale, durant laquelle les occidentaux impérialistes, colonialistes et racistes s’entre-tuaient sur les champs de bataille européens… Soupirs !

    Le Khan Blanc 5
    – cette pourriture de shaman païen Lhon Otai est de toutes les fourberies, allant jusqu’à vendre son peuple à un autre pour obtenir plus d’or et plus de pouvoir (la peste soit des prêtres, des sorciers, des shamans, des magiciens, des banquiers et des politiciens !), et au milieu de nulle part un vieux prêtre, une jeune fille, deux guerriers tatars et un aventurier cosaque se dressent face à la horde sauvage avant que ne se s’abatte sur les mécréants la Colère de Dieu ! Exploit ou miracle ? Les deux sont possibles certes, mais dans les deux cas on est dans la transposition en Mongolie du film Le Miracle des loups réalisé par André Hunebelle en 1961 ^^

    Un petit bémol sur les magnifiques mais trop courts moments où le récit semble basculer dans le fantastique :
    – dans les marais sibériens où Gurd se rend dans un cimetière de mammouth sous la garde de son fauve apprivoisé
    – dans la forteresse maudite de Chaga Gor où la Team Khlit se rend compte qu’elle est livrée à elle-même entourée de fantômes et de légendes

    Sur le Toit du Monde : avril 1919

    La nouvelle semble sortie du même moule que la précédente : les Kirghizes convoient les terres des Jüngars, la guerre menace à l’horizon, un oracle se propose de solutionner tous les problèmes, le fourbe shaman Lhon Otai est remplacé par le fourbe dalaï-lama Dongkor Gelong, et Khlit et Changan doivent de nouveau chevaucher ensemble pour trouver la meilleure voie à arpenter pour leur peuple…
    Le récit est initialement plus à ambiance qu’à intrigue ou qu’à action (sombre ambiance dans la ville fantôme de Talas entourée de sables mouvants servant de cimetière aux ennemis de dalaï-lama, avec un antique temps païen lieu de tous les complots). Et la différence se joue essentiellement au niveau du personnage de Sheillil de Samarcande, engagée par le mago psycho faisant office de vilain of the week pour séduire les khans Kirghizes et les attirer dans un piège mortel dans lequel Khlit et Chagan sont forcés de jouer le rôle d’assassins et de boucs émissaires… Sauf que la strong independant woman joue dans les deux camps pour jouer son propre jeu ! Bien malin celui qui parvient à saisir les objectifs de celle qui a les manières d’une danseuse de bazar mais les propos d’une fille de khan… Du coup les héros et leurs adversaires se retrouvent pris au pièges des intrigues et des complots d’une Milady de Winter musulmane qui souhaite réécrire son destin pour devenir reine de ses propres mains ! (ah Milady de Winter, best personnage féminin ever ^^)
    Résultat de recherche d'images pour "milady musketeers"

    La Chasse à l’Amour devait ainsi être un tournoi où serait vainqueur celui qui attraperait la belle danseuse qui s’avère émérite cavalière et dangereuse tacticienne, mais au final Iskander Khan, Bassanghor Khan, Khlit et Chagan doivent lutter ensemble pour sauver leur peau face aux mercenaires des marchands du temple !

    Le grande force du récit vient toujours de son héros en fin de carrière qui mise plus sur sa ruse que sur sa force (car ses stratagèmes sont tous plus réjouissants les uns que les autres ^^)… Khlit le Loup se met en avant, puis se fait oublier, pour que ses adversaires se fassent la part belle, avant de revenir en pleine lumière !
    On applique toutes les recettes du western à l’Eurasie du XVIIe siècle donc on est dans le eastern ! Et bien que tout cela date de la fin des années 1910, j’ai pourtant eu la furieuse impression que si on passe quelques trucs vintages, c’est presque aussi moderne que ce qui a été écrit autour des années 2010… Le seul défaut vient des ficelles qui sont utilisées pour démarrer le récit rapidement et le faire avancer suffisamment bien pour qu’il tienne dans le cadre étroit d’une novella…
    Impossible de ne pas voir la parenté entre la Sword & History d’Harold Lamb et la Sword & Sorcery de R.E. Howard d’abord, de David Gemmell ensuite. Héroïnes douces mais pas faibles, héros durs mais pas impitoyables, ambiance crépusculaire, alliances de circonstances, trahisons de tous les instants… On voit bien qu’Harold Lamb a beaucoup innové avant d’être repris, mais du coup on saisit mieux les apports des uns et des autres à la formule d’origine (ainsi pour le créateur de Conan, désormais le fils caché de Khlit le Loup, la noirceur, l’horreur, le pessimisme, le nihilisme, la maîtrise magistrale du huis-clos, les descriptions des grands espaces inspirés du Texas, les scènes d’action magnifiquement chorégraphiées, et au bout du bout la dernière prisonnière de la Boîte de Pandore à savoir : l’Espoir !)

    L’imprimeur lithuanien Standartu Spaustuve a réussi à nous offrir un libre-objet d’un très appréciable rapport qualité/prix, mais il faut ajouter l’excellence préface de Stephen Michael Stirling qui met les points sur les « i » (chouette auteur blacklisté par les bobos hispters et les caïds de cour de récré qui l’ont catalogué gros facho pour des raisons que le raison ignore), quelques réponses apportés par Harold Lamp lui-même en appendices, une superbe carte véritable invitation à l’aventure, et les illustrations de Ronan Marret qui ont bien gagné en qualité depuis le tome 1 !… Cela me navre au plus haut de devoir signaler qu’ici une Small Press réalise un travail nettement supérieure aux gros éditeurs dont on taira les noms par pure charité chrétienne.

    Alfaric

    Note : 9/10

    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: 9.0/10 (1 vote cast)
    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: +1 (from 1 vote)

    Harold Lamb, Les Lames cosaques tome 1 : Le Loup des steppes (VO 1917/1918, VF 10/2015)

    Posted By on 20 décembre 2017

    Résumé tome 1 : Le Loup des steppes
    On le nomme Le Loup, le Père des Combats, l’Homme au Sabre Incurvé… Aventurier et vagabond, Khlit le Cosaque parcourt les montagnes et les déserts d’Asie en guerrier intrépide, ne répondant qu’à l’appel du sang et de l’acier. Mercenaire à la ruse légendaire, ce vétéran aux cheveux gris se défait de ses nombreux ennemis aussi bien grâce à son esprit affûté qu’au tranchant de sa célèbre épée. Toujours armé de cette lame que tous redoutent, il sillonne le monde en loup solitaire, l’oreille tendue. Car là où résonnent les trompettes de la guerre, Khlit n’est jamais loin…

    La petite structure Callidor lance sous la direction de Thierry Fraisse la collection « Âge d’Or de la Fantasy »… Vous pensez bien que je me devais d’être de la fête ! (en attendant, l’absence des prescripteurs d’opinion se fait cruellement sentir, mais connaissant les bestiaux je n’en suis aucunement surpris…)

    Sous la plume d’Harold Lamb traduite par Julie Pettonnet-Vincent, c’est entre la Russie des Riourikides et la Chine des Ming, que nous explorons la frontière entre civilisation et barbarie avec les nomades cosaques, turcs et mongols qui nous offrent moult batailles monumentales et trahisons colossales.
    Car vint Khlit le Loup, le regard sombre, l’épée au poing, aux accès de mélancolie tout aussi démesurés que ses joies, pour fouler de ses sandales les trônes constellés de joyaux de la Terre… (Ce vétéran de la steppe est le frère caché de Conan ou d’El-Borak (R.E. Howard), à moins qu’il ne s’agisse du père caché de Druss la Légende ou de Dakeyras dit Waylander (David Gemmell) !)

    Khlit : novembre 1917
    Au milieu du Dniepr, au sein du Sietch des Cosaques Zaporogues, le vétéran Khlit et la vipère Taravitch parient toute leur fortune sur l’arrivée en fanfare ou la non-arrivée en fanfare de Menelitza le fils adoptif de Khlit. Le rusé Taravitch multiplie les fourberies, mais au final tel est pris qui croyait prendre ! Que voilà une sympathique introduction…

    La Gueule du Loup : janvier 1918
    Alors que les Cosaques sont partis en guerre contre les Polonais, les Tatars de Mira Khan en profitent pour multiplier les leurs razzias en territoire ennemi… C’est donc tout naturellement que Khlit resté au pays part à leur poursuite pour récupérer la belle Alevna pour laquelle se pâme son fils adoptif Menelitza, et grâce à l’aide du marchand juif Yemel, il monte un stratagème pour prendre à son propre jeu le Khan des Tatars de Crimée !

    Tal Taulai Khan : février 1918
    Devenu trop vieux aux yeux des siens devenus envieux de sa réputation, Khlit le Loup est poussé à la retraite dans un monastère… Mais il rompt alors avec eux en partant à l’aventure au-delà de la Mer de Sel (la Mer Caspienne) pour se porter à la rencontre du célèbre Khan des Kallmarks noirs. Il y retrouve son ennemi juré Mira Khan qui souhaite s’allier avec son homologue pour écraser les Cosaques Zaporogues… Seul, entouré d’ennemis, promis à une mort certaine, Khlit parvient à retourner la situation à son avantage en retournant les uns contres les autres ! L’Occident est sauvé mais ne saura jamais rien de celui qui l’a sauvé…

    Alamut : août 1918
    Khlit, le Cosaque serviteur du Christ, et Toctamish, le Tatar serviteur d’Allah, deviennent bon gré mal gré frères d’armes au service de la belle persane Berca qui ne vit que pour se venger d’Halen ibn Shaddah le Cheik des Refiks, Maître d’Alamut et héritier du Vieux sur la Montagne des Assassins ! Ouais, une buddy story débutant 60 ans avant les buddy movies avec un chrétien et un musulman s’en allant ensemble casser la gueule aux fascistes de DAESH et leur paradis maudit !!! ^^
    Tandis que la strong independant woman organise la perte de son ennemi juré, le Père des Combats cosaque doit découvrir dans un véritable panier de crabes quelle est la véritable identité dudit ennemi juré… Difficile de ne pas voir la parenté plus qu’explicite avec La Mort à Triple Lame de R.E. Howard et ses différents avatars !

    L’Invincible Guerrier : octobre 1918
    On commence comme dans une histoire de chasse au trésor et on finit comme dans Braveheart ! Mais quel gros kif !!!
    Khlit s’associe au marchand Mir Turek pour retrouver le tombeau caché de Gengis Khan (remember la quête du trésor de Tranicos par Conan), pour finir entre les mains d’Hang-Hi, le bras droit de l’Empereur Ming Wan Li, qui assiège Altur Haiden, le dernier refuge des fils de la steppe infinie…
    Alors que les nomades tatars se résignent à leur anéantissement, le Maître de la Terre agit par delà la mort à travers son descendant qui porte dans une main l’étendard de guerre de Gengis Kan et dans l’autre main l’épée de Qaïdu, héros fondateur de la Horde d’Or… Et c’est un européen blanc et chrétien qui devient le sauveur des nomades turco-mongols ! L’auteur nous offre un « Liberté, Egalité, Fraternité » à une époque où l’Occident est dominé un « Racisme, Suprématisme, Colonialisme… » Rien que cela, c’est déjà très fort !
    Mais c’est la relation entre Khlit et Kerula qui est le mieux traitée : d’un côté nous avons un vieil homme qui se prend d’affection pour une fille qui devient femme, porteuse de tout le passé du monde de la steppe, d’un autre côté nous avons une adolescente fascinée par un vieil homme qui devient légende, porteur de tout l’avenir du monde de la steppe… Et c’est traité avec une pudeur, une retenue et une mélancolie qui forcent le respect !

     

    Le grande force du récit vient de son héros en fin de carrière qui mise plus sur sa ruse que sur sa force (car ses stratagèmes sont tous plus réjouissants les uns que les autres ^^)… Khlit le Loup se met en avant, puis se fait oublier, pour que ses adversaires se fassent la part belle, avant de revenir en pleine lumière !
    On applique toutes les recettes du western à l’Eurasie du XVIe siècle donc on est dans le eastern ! Et bien que tout cela date de la fin des années 1910, j’ai pourtant eu la furieuse impression que si on passe quelques trucs vintages, c’est presque aussi moderne que ce qui a été écrit autour des années 2010…
    Impossible de ne pas voir la parenté entre la Sword & History d’Harold Lamb et la Sword & Sorcery de R.E. Howard d’abord, de David Gemmell ensuite. Héroïnes douces mais pas faibles, héros durs mais pas impitoyables, ambiance crépusculaire, alliances de circonstances, trahisons de tous les instants… Ces auteurs piochent aux mêmes sources quand ce n’est pas dans la même boîte à outils ! Vivement le tome 2 intitulé Le Khan blanc !!!

    L’imprimeur lithuanien Standartu Spaustuve a réussi à nous offrir un libre-objet d’un très appréciable rapport qualité/prix, les illustrations de Ronan Marret bien que pas exceptionnels apporter un plus bien appréciable et la jolie carte de l’Eurasie est une véritable invitation à l’aventure !)… Cela me navre au plus haut point qu’en termes de qualité de travail une Small Press se place bien au-dessus des gros éditeurs dont on taira les noms par pure charité chrétienne.

    Alfaric

    Note : 8/10

     

    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: 8.0/10 (1 vote cast)
    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: +1 (from 1 vote)

    Merfer (10/2016) / Railsea (05/2012)

    Posted By on 13 décembre 2017

    Je remercie mes amis du nouveau forum indépendant, mais complémentaire à Babelio, pour la participation de cette lecture collective. L’idée étant venue de moi, je suis obligé d’assurer pour cette ce compte-rendu de lecture ^^
    China Miéville est l’un sinon le porte-drapeau du mouvement New Weird, qui est à la génération Y ce que le mouvement New Wave fut à la génération baby-boom (sauf que le punk et le « No Future », le néolibéralisme et le « TINA » sont passés malheureusement passés par là). L’auteur n’a jamais caché son engagement très à gauche, et contrairement à nombre d’artistes et d’intellectuels plus diseux qu faiseux lui n’a pas hésité à affronter l’ordalie du Suffrage Universel. C’est donc sans surprise qu’il balance quelques piques bien sentis sur l’impérialisme yankee (avec des références à la Guerre du Vietnam et aux écocides de Monsanto/Bayer), sur la désertion fiscale ploutocratique dont on mesure chaque jour les dégâts incommensurables, et le financiarisme marabouté par les mensonges vénéneux de l’Argent Roi et les illusions délétères du Veau d’Or (avec des rentiers dégénérés qui n’ont pas compris que la fin du monde avait eu lieu, et qui continue de compte avec avidité mais en pure perte les intérêt des dividendes et des royalties qu’ils espèrent encore toucher ^^)
    ^^).

    China Miéville est littéralement un démiurge et ici c’est entre post-apo et Planet Opera qu’il brouille les pistes (à l’image de ce bon vieux Jack Vance ^^), avant de faire émerger du néant un univers tiersmondiste (pas forcément misérabiliste et pas forcément pessimiste), un monde dépotoir où les professions les plus enviées sont celles d’éboueurs bien particuliers : les exhumeurs s’intéressent aux vestiges du présent pour récupérer et recycler les ressources nécessaires à la bonne marche de la société, les archéxhumeurs s’intéressent aux vestiges du passé et les plus doués d’entre eux s’essaient à la rétro-ingénierie pour retrouver les secrets perdus de la science d’antan, et les alterexhumeurs s’intéressent eux aux étranges reliques laissés par les voyageurs des étoiles (nous sommes donc peu ou prou dans l’hommage à Stalker, le roman d’Arcadi et Boris Strougatski ^^).

    Dans cet univers, nous suivons une humanité coincée entre terre et ciel :

    – passé 3000 mètres l’atmosphère est toxique, et habituée par un faune extraterrestre d’inspiration largement lovecraftienne ramenée d’outremonde par de malencontreux voyageurs de étoiles… Et les scaphandriers des cimes repoussent sans cesse les barrières de l’impossible pour explorer les sommets à la recherche de lieux de légendes comme la Scimérie, le toxicontinent mythique de l’outreciel !

    – le plancher des vaches est devenu invivable car l’accumulation de déchets ont transformé l’écosystème en faune mutante féroce et vorace, ce qui a obligé les habitants à distinguer sousterre et plateterre… Vers de de la toundras gros comme des bras, rats-taupes nus gros comme des chiens (et qui en plus chassent en meute), gigatortues gaufrées, fourmilions cuisants, chevêches des terriers, perce-aux-rails, lapins draco…. Et au sommet d’une pyramide alimentaire faisant la part belle aux monstres éructhones trône Godzilla, euh pardon la terrible Talpa ferox rex : la Grande darboune australe ! (kaijûs power ^^)

    Dans ces conditions les rochers deviennent des îles, les plateaux des pays, les chaînes de montagnes des continents, et la civilisation aurait cessé d’exister si la plateterre n’était pas parcourue par un réseau ferroviaire aussi dense qu’immense dont la création se perd dans la nuit de temps (et dont la maintenance est assurée par les mystérieux anges durailles)… De vaillants traineux s’élancent donc sur cette mer de fer, ou Merfer, pour relier entre eux les refuges perchés de l’humanité, et héros parmi ces cheminots l’auteur met sur le devant de la scène les taupiers qui n’hésitent pas à se frotter aux pires créatures ! (et il y a aussi les Baljis, des tribus nomades vivants sur des chars à voiles, qui suivent les troupeaux de chevaux sauvages ayant adopté le mode de vie nécessaire pour échapper à leurs nouveaux prédateurs)

    Image associée

    Dans Merfer nous suivons à travers les yeux de l’apprenti médecin Sham le train taupier Mèdes et son équipage.Mais nous sommes dans un roman d’apprentissage, et Sham est un adolescent qu’il s’intéresse essentiellement à un petite cercle de connaissances : Chauquette la chauve-souris apprivoisée, le médecin Lish Fremlo, le chef Ankush Roch et la capitaine Natasha Picbaie… Lui qui n’a jamais vraiment su ce qu’il voulait et qui finit aide soignant un peu par hasard est fasciné par la capitaine qui a dédié toute sa vie à la traque et à la mort de Jackie-la-Nargue, la légendaire taupe albinos géante…

    Nous sommes évidemment dans un détournement du Moby Dick d’Herman Melville, chef-d’œuvre de la littérature américaine : Nantucket devient Haldepic, Achab devient Natasha Picbaie (Abacat Naphi en VO) et Moby Dick devient Jackie-la-Nargue (Mocker-Jack en VO). Mais pas que, parce que si Sham marche dans les pas d’Ishmaël, il est aussi Jim Hawkins de L’Île au trésor ou John Trenchard de Moonfleet… (d’ailleurs il traîne un Robalson qui a une bonne tête de Long John Silver : quel dommage que ce dernier soit si peu utilisé !)

    Nous sommes donc aussi dans l’hommage au roman d’aventure dixneuvièmiste, et de manière générale l’auteur a une très solide connaissance de la littérature du XIXe siècle dont il repend parfois le style, les codes et les thèmes. Sham suit donc fidèlement son capitaine, jusqu’au jour où dans un train échoué il découvre un disque de données, et sur ce disque de données décodés par un computeur il découvre des platographies de zones inconnues de la plupart des traineux, et l’une d’entre elles montre le bout de la Merfer, et donc la route possible menant au paradis terrestre… Il a trouvé comme son capitaine sa philosophie (mot qui dans le roman englobe les notions de but, d’objectif, d’ambition et d’obsession), et fait des pieds et des mains pour retrouver les enfants bien vivants de l’homme et la femme dont il a exhumé les défuntes dépouilles…

    Et c’est quand il finit par les retrouver que le bât blesse : ATTENTION SPOILERS DANGEUREUX

    les jumeaux Caldera et Caldero décident aussitôt d’achever la quête de leurs aînés, et ils doivent affronter les monstres et les naufrageurs qui les précèdent comme les pirates, les corsaires, et les militaires guidés contre son gré par Sham qui été kidnappé… Dans un univers qui ressemble peu pou prou au Nausicaä d’Hayao Miyzaki on se retrouve avec une histoire qui ressemble beaucoup au Laputa du même Hayao Miyazaki. Sauf que l’auteur n’a pas oublié pour autant son souhait d’offrir une rédemption à son Achab ou féminin qui ne réalise pas les mêmes choix que son modèle : dans l’histoire d’origine Achab finissait par amener tout son équipage en enfer, alors qu’ici après une course d’enfer à la poursuite de Jackie-la-Nargue (et le remake lovecraftien de Charybde et Scylla ^^), Natasha Picbaie face à un équipage au bord de la mutinerie Picbaie renonce à son obsession pour secourir Sham et les Shroakes… Dans le grand final, les taupiers de Natasha Picbaie et les exhumeurs de Travisande Sirocco assistent à un combat titanesque entre la marine américaine, le gardien mécanique du paradis et la monstrueuse taupe albinos géante… Tout cela aurait pu et aurait dû être 100% epicness to the max : oui mais non, cela ne marche qu’à moitié.

    Pourquoi tout ces interludes donnant dans le postmodernisme, dans lesquels l’auteur s’amuse certes à pousser le quatrième mur mais qui n’apporte rien au récit à part bouffer des pages et hacher le rythme de l’intrigue… Dans ce livre j’ai longtemps aimé le style impressionniste du récit qui met lecteurs et lectrices dans le peau de Sham avant de les bombarder de sensations et d’émotion, le tout associé à une recherche linguistique pour transcrire l’inversion terre/mer dans les idées, les mots et les images, avec une pléthore de néologismes dont il a le secret (genre les mouvements des trains remplacés par des bruits mécaniques ^^). Parmi ce baroque littéraire le remplaçant de « et » par « & » peut faire tiquer mais il prend place dans l’utilisation du langage pour faire passer un message métaphysique : si la merfer offre des choix de route infinis tous se font finalement en vase clos, alors que la vraie mer offre un seul choix de route pour des destinations infinies… (connaissant l’auteur nous sommes dans la satyre de la société : on nous dit que nous les hommes sont libres de leurs choix mais tous ceux-ci les fond tourner en rond, alors qu’en fait il en suffirait d’un seul véritable pour et atteindre l’horizon et marcher vers ce monde nouveau qu’est l’avenir ! « TINA » must die !!!)

    Mais l’ensemble manque de dialogue dans la caractérisation et d’action dans la narration, et passé un cap l’auteur se regarde un peu écrire ce qui met une distance inutile entre les personnages et les lecteurs… C’est vraiment dommage car avec un peu de sense of wonder ce aurait pu et dû être bien au-delà et au-dessus d’un bon vieux blockbuster hollywoodien, mais d’un autre côté j’avais déjà ressenti la même chose dans Les Scarifiés et le Conseil de Fer du même auteur (voire dans Perdido Street Station, mais cette distanciation s’atténuait avec le temps)…

    PS: un grand bravo à Nathalie Mège, car traduire un auteur comme China Miéville ce n’est pas une sinécure, c’est une gageure !

    Alfaric

    univers incroyable grâce au style 9/10, intrigue qui se délite à cause du style 5/10

    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: 7.0/10 (1 vote cast)
    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: +1 (from 1 vote)

    Jim Butcher, Le Codex Alera 5 : La Furie du Princeps (VO 12/2008, VF 11/2017)

    Posted By on 6 décembre 2017

    Résumé tome 5 : La Furie du Princeps
    Désormais reconnu comme le Princeps Gaius Octavien, héritier du trône, Tavi de Calderon est parvenu à conclure une alliance fragile avec ses ennemis, les farouches Canims. Mais lorsque Tavi et ses légions reconduisent les Canims jusqu’à leurs terres, le Princeps découvre que ses pires craintes sont devenues réalité. Les redoutables vordes – ennemies des deux peuples – ravagent depuis trois ans la patrie des Canims. Et lorsque les Aléréens perdent l’accès à leurs vaisseaux, ils se voient obligés de se battre pour survivre aux côtés de leurs anciens adversaires. Depuis un millénaire, Aléra et ses furies ont tenu tête à tous leurs ennemis, repoussé toutes les attaques. Mais cette époque touche à sa fin…

    A l’image de la saga Harry Potter, ici les lecteurs grandissent avec le héros : dans les tomes 1 et 2 nous découvrions l’univers du Codex Alera, ses intrigues et ses complotes opposant super-héros et super-vilains, à travers les yeux d’un héros adolescents orphelins sans pouvoir aucun, et les tomes 3 et 4 ce dernier montait en grade pour défendre une société libre, égale, fraternelle et multiculturelle dans un monde autoritaire, inégalitaire, intolérant et mono-culturel, qui entre isolationnisme et impérialisme faisait la part belle au racisme, au suprématisme, au sexisme et à l’esclavagisme (toute ressemblance avec les USA n’étant évidemment aucunement fortuite !). Et dans ce tome 5 commence dans le sang et les larmes la fin de l’âge des hommes !

    Avec leurs games of thrones à la con les homines crevarices ont ouvert la Boîte de Pandore avant de dérouler le tapis rouge à la Bête Immonde… Mais n’est-il déjà trop tard pour monter une Grande Alliance contre les forces de l’Axe ? Car c’est tout naturellement que les crevards habituels entre dans le collaborationisme en proposent leurs bons et loyaux à l’envahisseur tout droit sorti de Starship Troopers (mais pas que ^^)

    Le prologue envoie du bois avec un des super-héros se battant sur le Mur d’Hadrien contre les barbares inhumains venus du nord, et des une patrouille d’espions qui découvrent que les Vordes sont de retour et maîtrisent désormais la magie : les hommes viennent de perdre le meilleur et seul atout contre les hordes aliens…

    Nous suivons le POV de Tavi, appelé Tavar en Canéa, et Gaius Octavien en Aléra.

    ATTENTION SPOILERS… Il raccompagne de l’autre côté de la Mare Nostrum ceux qu’il a combattu pendant 3 ans à un contre dix en espérant en apprendre suffisamment pour établir une paix durable entre les peuples, et découvre un continent 5 fois plus grand et 10 fois plus peuplé qu’Aléra : si Aléra a jusqu’ici vaincu ses héréditaires ennemis lupins, c’est parce que les peuples canins divisés et férus d’honneur martial ont attaqué les uns après les autres et jamais tous en même temps…
    Mais les super-héros guerriers ou magiciens découvrent un continent à l’agonie : en moins de 3 années les royaumes canims sont tombés les uns après les autres face aux Vordes, et sur les hauts plateaux de Shuar le chef de guerre Gradash livre le baroud d’honneur de tout un peuple (quitte à utiliser les réfugiés parqués dans des camps de concentration comme ressources humaines pour les sorciers et les nécromants)… Au lieu d’abandonner tout le monde à son triste sort comme le feraient nos bons crevards IRL, Tavi se donne comme mission de sauver ceux qui peuvent encore l’être contre l’avis de la majorité des intéressés, et il est prêt à donner sa propre vie pour sauver le plus de vies possible car jusqu’au bout il reste persuadé qu’il n’y a pas de meilleure manière de vaincre un ennemi que de s’en faire en ami (refrain bien connu des connaisseurs de David Gemmell ^^). Pour ne rien gâcher, il y a tout un passage « je sais que tu sais que je sais que tu sais » où comme dans le film Push de Paul McGuigan dans lequel Tavi contourne les liseurs d’âmes vordes (là encore remember David Gemmell), en utilisant le pouvoir magique de la plume et du papier !

    Nous suivons le POV d’Isana,

    ATTENTION SPOILERS… missionné par le leader du monde libre pour mettre fin à la séculaire guerre du nord entre les Alerans et les Hommes des glaces… Chefs de guerre et chefs de paix des deux camps se rencontrent sous la médiation du marat Doroaga, mais que faire contre des siècles de haine ? Et que faire quand le principal acteur du conflit, le Haut Duc Antillar Raucus est en conflit avec lui-même ? Isana la veuve de son défunt ami Gaius Septimus va devoir au péril de sa vie découvrir ce qu’il s’est passé une génération plus tôt et lever le voile sur l’assassinat de son époux après tant d’années à l’avoir pleuré…

    Nous suivons le POV d’Amara,

    ATTENTION SPOILERS… missionnée par le leader du monde libre pour s’infiltrer au-delà des lignes ennemies pour découvrir le pourquoi du comment de la maîtrise de la magie par les Vordes. Et entre collaborateurs et esclaves, elle retrouvent de vieilles connaissances tels Rook, Kalarus Brencis ou Dame Invidia Aquitaine décidément plus que jamais super-vilaine… (par rapport à son épouse Bernard ressemble plus que jamais à un homme au foyer ^^)

    Nous suivons enfin le POV d’Ehren, fidèle parmi les fidèles, et avec lui nous suivons les derniers jours du Haut Duc Gaüs Sextus meurtri dans sa âme et dans sa chair qui puise dans ses dernières forces pour offrir à son héritier et à son peuple une petite chance de victoire. Nous assistons à la chute de la civilisation alerane : l’infestation de Kalare, la Bataille de Cérès, l’invasion du Val d’Amaranthe, la longue marche vers la capitale et le siège d’Alera Imperia… C’est epicness to the max et certains profitent de l’apocalypse pour régler leurs comptes ou profiter de la situation : hominus crevaricus un jour, hominus crevaricus toujours !

    Tavi quitte brisé un monde détruit soumis au règne des Vordes… Va-t-il se relever de découvrir une autre monde détruit soumis au règne des Vordes ? Parmi les fléaux libérés de Boîte de Pandore, il reste toujours l’Espoir certes, mais comment celui qui l’incarne va-t-il le retrouver ??? Mais il n’a pas le choix : il doit réussir là où son père et son grand-père ont échoué, et cela sera la victoire ou la mort ! To Be Continued pour le sixième et dernier tome d’une saga fantasy qui n’aura jamais déçu ses lecteurs donc rdv en mars 2018 pour le décompte final :

    Mais je suis pas un fanboy aveugle, et je suis obligé de signaler 2,5 trucs qui tirent l’ensemble vers le bas :

    – après pas mal de bouquins pour hardcore readers, cela m’a fait un bien fou de retrouver le plaisir de la ligne droite propre aux livres pour easy readers, mais force est de constater que le style est simple voir simpliste et que tout aurait gagné en puissance avec un style moins basique (style basique propre à la fantasy américaine privilégié par les éditeurs français en manque d’imagination, donc contrairement aux inquisiteurs culturels et aux commissaire littéraires je ne vais pas enfoncer un cycle plus qu’un autre puisqu’ils sortent tous du même moule)

    – depuis le début, il y a un petit BDSM racoleur centré comme par hasard sur les personnages féminins, mais comme dans ce tome on laisse tranquille Isana toutes les scènes chaudes sont dévolues à Amara. l’auteur est fidèle à ses personnages donc aux lecteurs qui les ont appréciés, mais le déséquilibre des POVs commencent sérieusement à se voir…

    – la grande bataille finale est racontée sur le ton de la chronique… C’est frustrant, mais il fallait bien que l’auteur en garde sous le coude pour le grand final du tome suivant, et puis ce n’était pas comme si le quotas de scènes d’action n’avait pas été atteint hein ^^

    Toute la série repose sur le concept de furies, équivalent des érinyes grecques : comment s’appelle les trois Arches de Noé qui ramènent les derniers espoirs du monde libre à Alera ? Mégère (Μέγαιρα / Mégaira, « la Haine »), Tisiphone (Τισιφόνη / Tisiphónê, « la Vengeance »), Alecto (Ἀληκτώ / Alêktố, « l’Implacable »)…

    Oh oui, ça va chier pour les bad guys dans l’ultime tome de cette coolissime saga high fantasy ^^ (et cela fait aussi plaisir de retrouver à la traduction Louise Malagoli qui se coule parfaitement dans le travail réalisé auparavant)

    Alfaric

    Note : 7,5 /10

    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: 8.0/10 (2 votes cast)
    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: +1 (from 1 vote)

    Thierry Gloris & Joël Mouclier, Meridia tome 3 (10/2013)

    Posted By on 30 novembre 2017

    Meridia 3. Le Roi pourri

    Résumé tome 3 : Le Roi Pourri
    Ramenant avec eux le souffle des dieux, Lucius, Bartholomey et Domitia assistent au triomphe de leur commanditaire, le roi Oktav, devenu immortel grâce à l’absorption d’une potion concoctée à partir de l’ingrédient tant convoité. Mais la liesse est de courte durée. Trahi et assassiné par son fils, le roi revient sous la forme d’un mort-vivant. Une guerre civile éclate, et chacun devra prendre parti… 

    Ce troisième et dernier tome intitulé Le Roi Pourri accélère le récit, et c’est bien dommage au vu de la qualité de la série !

    Le prince héritier commet un parricide et un régicide avant de se de couronner lui-même, sauf qu’Oktav III devenu immortel ne compte pas lâcher le pouvoir pour autant ! Au royaume féodal de Tyrena c’est la guerre civile entre les nécrophiles partisans d’Oktav III dont la folie grandit au fur et à mesure que son corps pourrit, et les nécrophobes d’Hersdak IV soutenu par nonnes sorcières de Cybèle (remember le Bene Gesserit de Dune ! ^^). Sauf qu’il y a aussi la guerre de l’ombre elfique entre Ushar-Kahn l’éminence grise de Tyrena et Aïdisha Oyaneth l’ombre derrière le trône de Cardini (le roi détrôné et mari cocu voulant à tout prix se libérer pour se venger de celle qui l’a trompé !)…

    Baskia est missionné pour recruter des mercenaires barbares pour faire pencher la balance du pouvoir du côté de son seigneur, tandis que Lysandre et Domitia Paulina restés en otages sont chargés eux de démasquer et débusquer les nombreux commanditaires des tentatives d’assassinat sur la personne de leur roi fou et pourri, qui en faisant place nette autour de lui permet au trio / ménage à trois LGBT de gravir très rapidement tous les échelons du pouvoir. L’elfe magicien en quête de vengeance, qui s’est d’ailleurs bien vengé de son geôlier parjure en lui offrant un immoralité maudite, leur offre un moyen d’en finir avec toute cette folie à condition pour eux de le libérer de sa prison et d’apprendre les arcanes de la magie dans les temps impartis… Tout se joue lors d’une chouette bataille finale, dans la plus grande tradition de la fantasy épique, où les Grands Anciens règlent leurs comptes, où celui par qui le malheur est arrivé finit dans un cercueil d’améthyste,

    et où un barbare devient roi de ses propres mains, avant d’unifier tout Meridia…Mais ceci est une autre histoire (magnifique planche finalequi mélange l’histoire des Borgia à l’épopée de Conan ^^)

    Encore une fois festival de clins d’œil avec des « alea jacta est », des « tu quoque mi fili » ou des « le dormeur doit se réveiller ! »

    Ah le pied ! Le seul véritable défaut de cette série ? Elle a été trop courte, on aurait pu en avoir plus…

    Alfaric

    Note : 8,5 / 10 (1/2 de point en moins pour la déception de voir la série s’arrêter là !)

    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: 9.5/10 (2 votes cast)
    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: +1 (from 1 vote)

    Thierry Gloris & Joël Mouclier, Meridia tome 2 (08/2012)

    Posted By on 30 novembre 2017

    Meridia 2. Le Souffle des Dieux

    Résumé tome 2 : Le Souffle des Dieux
    Enfin débarrassé de la bure, Lysandre rompt avec sa destinée toute tracée pour vivre pleinement sa passion avec son amant retrouvé. Mais cette renaissance s’accompagne d’un déferlement de sang et de fureur, mené entre autres par la redoutable Dominik, ancienne guerrière de Cybèle, réduite au rang d’esclave humiliée, bien déterminée à retrouver de sa superbe et à faire payer sa déchéance… 

    Ce tome 2 intitulé Le Souffle des dieux est divisé en 3 parties :

    – dans un 1er temps Lysandre et Baskia tout à leur bonheur prenne les rênes du fief d’Olt, quand l’abbesse Paule missionnée par la Grande Matriarche pour retrouver les Fleurs de Dorkéïne qui lui ont été volées leur tombe dessus à bras raccourci… Attention Spoilers : ils ne doivent la vie sauve qu’à Dominik qui suite à la perte de a virginité a été rétrogradée au rang d’esclave, et de punching ball de cette connasse d’abbesse Paule : s’ils veulent sauver leur peau, ils doivent lui offrir une nouvelle vie pour remplacer celle qui lui ont volée…

    – dans un 2e temps nous assistons à la mort et à la résurrection de la nonne guerrière défroquée : la brune Dominik est morte, vive la blonde Domitia Paulina nouvelle duchesse d’Olt ! Elle tient nos deux compères par les couilles, et Baskia le condottiere bisexuel doit ménager la chèvre et le chou entre son ancien amant et sa nouvelle épouse qui manquent de s’entre-tuer lors de sa nuit de noce ! (heureusement que le recours à l’alchimie permet d’éviter l’irréparable : un partout, balle au centre ^^)

    – dans un 3e temps le duo devenu trio est missionné par Giampero Delphino donc par Oktav III pour s’emparer du Souffle des Dieux au sanctuaire de Lourdina… Les auteurs nous offrent ainsi un formidable hommage à la Sword & Sorcery de R.E. Howard et Fritz Leiber avec un temple forteresse, un clergé jaloux, un trésor béni, et un monstre gardien impie (d’inspiration forcément lovecraftienne ^^)

    Sinon nous sommes également à mi-chemin entre Le Trône de Fer et Les Royaumes d’épines et d’os, puisqu’Oktav III recherche d’autant plus les secrets de l’immortalité qu’il sait désormais que l’un de ses proches est en train de l’empoisonner, et compte sur son mystérieux prisonnier magicien pour échapper à son destin… Sauf que ce dernier à ses propres buts à atteindre, à commencer par recouvrer la liberté ! To Be Continued !!! (et festival de clins d’œil, genre la pièce de théâtre Hamlet et le jeu de rôles Rêve de Dragon ^^)

    Alfaric

    Note : 8/10

    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: 8.0/10 (1 vote cast)
    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: +1 (from 1 vote)

    Thierry Gloris & Joël Mouclier, Meridia tome 1 (05/2011)

    Posted By on 29 novembre 2017

    Meridia 1. Les Fleurs de Dorkéïne

    Résumé tome 1 : Les Fleurs de Dorkéïne
    Sur le point d’être ordonné prêtre du Royaume de Meridia, Lysandre tombe dans un guet-apens avec sa délégation religieuse. Alors qu’il assiste impuissant au massacre des siens, il est sauvé de justesse par le chef barbare. Ce dernier n’est autre que son amour de jeunesse qui lui propose de le suivre dans une délicate mission : dérober à l’Église son bien le plus précieux, les fleurs de Dorkéïne. 

    Thierry Gloris et Joël Mouclier s’entendent comme larrons en foire nous offrir un détournement fantasy de La Chair et le Sang ! Déjà que le film de Paul Verhoeven était cru et violent, ici on croirait que l’enfant caché de Quentin Tarantino et d’Alejandro Jodorowsky est passé par là avec du gore, du sexe héréto, du sexe homo et du trash talking en veux-tu en voilà… Du grimdark donc, fait avec tellement de bonne volonté et de bonne humeur que je me suis pris joyeusement au jeu, d’autant plus que c’est truffé de clins d’œil aux classiques ^^

    Nous sommes donc dans une Italie de la Renaissance fantasmée, une Italie qui quelque part n’aurait jamais connu Rome et à laquelle il faut ajouter magie et alchimie ! Un émule de la République de Venise joue le rôle de médiateur entre les gibelins du roi Oktav III qui soutient les Anciens Dieux Zeus, Odin et Jupiter mais qui éprouve les pires difficultés à ramener dans son giron ses vassaux récalcitrants, et les guelfes de la grande matriarche Azitia qui soutient la Nouvelle Déesse Cybèle et qui apporte son aide à tous lesdits vassaux récalcitrants… Tout le monde se contrefous du Sud de Meridia harassé de Soleil, Grèce attachée aux Apennins plutôt qu’aux Balkans (sans parler de la Corse et la Sardaigne inversées et renommées Charybde et Scylla ^^). L’Europe est partagée entre Germains à l’Ouest et Slaves à l’Est, l’Afrique est aux Numides, la Scandinavie est aux Nains fabricants d’armes à feu, et le Moyen-Orient est aux Elfes dont le régime hiérogamique va causer par ricochet pas mal de soucis à Meridia et ses habitants. Dans cet univers haut en couleurs, nous allons suivre les heurs et malheurs d’un trio, ou plutôt d’un ménage à trois LGBT inspiré des Borgia qui de game of thrones en game of thrones va monter en garde ou point de participer à la lutte final pour le pouvoir ! Baskia l’homme d’action (César), Lysandre l’homme de réflexion (Machiavel) et la nonne guerrière défroquée Dominik (Lucrèce) ^^

    J’ai beaucoup aimé le style de Joël Mouclier à la fois dessinateur et coloriste, qui m’a rappelé celui de Civiello en plus dynamique car contrairement à lui il est sans doute plus dessinateur de BD et moins illustrateur, qui ici s’en donne à cœur joie en alternant les passages très colorés et les passages très sombres, mêlant même parfois les deux ! ^^

    Quelques bémols cependant sur l’ensemble de la série :
    – grimdark ce sera pas pour tout le monde, mais il faut bien de tout pour faire un monde…
    – tout repose sur le passé comme de Lysandre et Baskia, qu’on ne nous montre pas et qu’on nous raconte peu alors qu’alors qu’il aurait suffit d’un flashback pour résoudre tout cela…
    – la BD est en 3 tomes seulement alors qu’il y avait largement manière à poser et à développer l’histoire pour obtenir quelques tomes de plus, d’où l’impression à certains moment que l’histoire avance trop vite et n’est pas assez approfondie…

    Dans ce tome 1 intitulé Les Fleurs de Dorkéïne, nous découvrons l’univers de Meridia à travers les yeux de Lysandre, adolescent promis au Clergé de Cybèle donc à la castration, et soumis au tutorat de son mentor eunuque Théo assez porté sur la chose… Ils assistent au renouvellement du stock des galériens de la république maritime de Tritio par un rituel transformant les cochons en hommes, détournement d’une scène bien connue de l’Odyssée où la magicienne Circé transformait les hommes en cochons. Ils participent ensuite au rapatriement des Fleurs de Dorkéïne en Etrusie / Étrurie, puissant ingrédient alchimique convoité par mal de monde, et sur le chemin du retour le convoi est est pris en embuscade par des barbares et Lysandre véritable demoiselle en détresse pense sa dernière heure venue !

    Attention Spoilers ! Sauf que le commandant de l’opération ennemie est Baskia, un ancien otage welf en exil avec lequel il a partagé tous ses premiers émois au sein d’un pensionnat (émois évidemment homoérotiques d’abord, homosexuels ensuite ^^). En retrouvant son premier et seul amour, Lysandre échappe à la mort et à son destin, et autant par euphorie que par compassion il libère de son calvaire l’abbesse Dominik qui vient de vivre les pires heures de sa vie en la compagnie des soudards de la compagnie de Baskia qui lui sont tous passé dessus ! Monumentale erreur ?!

    Nous suivons désormais à la vie à la mort un duo et un couple dont le destin est lié : Baskia devient Batholomey Lysandor et Lysandre devient Lucius Baskini, et Baskia ayant offert sa liberté à Lysandre, Lysandre n’aura de cesse d’offrir à Baskia ce qu’il désire le plus, à savoir le pouvoir ! Au service de Giampero Delphino, ils intègrent la féodalité du royaume de Tyrena et participent à la compagne du roi Oktav III contre le Duc de Limbur, ce qui leur permet d’en gravir les premiers échelons… To Be Continued !

    Alfaric

    Note : 7,5/10

    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: 8.0/10 (1 vote cast)
    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: +1 (from 1 vote)

    The Witcher, La Malédiction des corbeaux (comic)

    Posted By on 15 novembre 2017

    the-witcher-la-malediction-des-corbeaux

    On ne présente plus la saga Le Sorceleur / The Witcher d’Andrzej Sapkowski ! (non les anglo-saxons ne sont pas spécialement les maîtres du genre, c’est juste qu’ici comme dans d’autres domaines les décideurs français ne se cassent pas trop la nénette en se contentant de reprendre les blockbusters yankee pour profiter du marketing réalisé par les rouleaux compresseurs yankee). Dans un univers dark fantasy largement inspiré des légendes et des histoires slaves, nous suivons ainsi les heurs et les malheurs de Geralt de Riv, un chasseur de monstres qui aurait pu être un émule d’Elric de Melniboné (ce qui nous offre un Supernatural médiéval fantastique ^^)…

    Dans la mini-série intitulée La Malédiction des corbeaux parue chez Dark Horse entre août 2016 et mars 2017, nous sommes après le jeu vidéo The Wild Hunt et nous retrouverons Geralt de Riv toujours en formation de son apprentie Ciri, qui se retrouvent engagés par une prêtresse / maquerelle de Novigrad pour neutraliser une stryge mais aussi pour garder un œil sur son fils Elid qui possède l’étrange faculté de se transformer en corbeau. Geralt fait à Ciri le récit de l’épisode bien connu de la saga du désensorcellement de la princesse Adda née stryge suite à une union royale incestueuse… Les deux affaires semblent avoir un lien, mais lequel ?

    Si au départ je ne m’attendais à rien du tout, au final j’ai trouvé l’ensemble pas mal du tout. On retrouve tout le côté chasseurs de monstres avec les diverses péripéties qui amènent Geralt et Ciri à Novigrad, il y a une alchimie réussie entre l’action, l’humour et la dark fantasy, et le côté sitcom qui se surajoute au récit avec Geralt à la fois maître et père qui partage avec Ciri à la fois élève et fille les mêmes qualité et les mêmes défauts, réprimandés par Yennefer qui joue peu ou prou le rôle d’épouse et de mère vis-à-vis du duo… Après je n’ai pas compris pourquoi on a privilégié le road movie dark fantay au polar médiéval fantastique, car l’intrigue rédigée à je ne sais combien de mains n’est pas si mal que cela et aurait été bonifiée en jouant davantage jouer la carte de l’ambiance !

    SPOILERS :
    Car au final les chasseurs sont les chassés, puisque Elisa tyrannise sa famille pour manipuler Ciri et atteindre Geralt, dont elle fait de la mort un objectif moins pour venger son géniteur que pour évacuer toute la haine du monde qu’elle porte en elle… Il y a détournement de conte de fée puisqu’au lieu de la fille vertueuse protectrice de son frère transformé en volatile, on a un frère transformé en volatile protecteur de sa sœur vicieuse… Rien n’est bien qui finit bien, avec mention spéciale pour Elid le garçon transformé en corbeau pour n’avoir pas dénoncé l’acte de cannibalisme de sa sœur qui devient définitivement un oiseau charognard alors qu’il n’a jamais fait de mal à personne…

    Alors que Piotr Kowalski assure tous les dessins, j’ai l’impression bizarre qu’il y avait plusieurs artistes derrière les graphismes : on passe de dessins épurés à des dessins photoréalistes et vice versa, des couleurs froides aux couleurs chaudes et inversement (cette hétérogénéité n’est pas pénible, mais elle est très bizarre quand même)… Les créatures n’impressionnent guère, un lacune à corriger pour une série consacrée à des chasseurs de monstres !

    Et puis qu’est-ce que c’est que toutes ces scènes de bains ? On se croirait dans le fanservice pompier du manga Fairy Tail ! Il y a quasiment 2 scènes de bains par épisode qui ne sont là que pour dessiner untel ou unetelle dans le plus simple appareil. Mais il ne suffit pas de mettre des boobs, des abdos musclés ou des pectoraux huilés pour faire mature : si les auteurs voulaient s’éclater avec du sexe, et bien ils auraient faire bien mieux que cela (on auraient eu ainsi plus de pages à consacrer à l’ambiance, aux personnages ou à l’intrigue).

    PS : l’avant-propos est un peu étrange, car je n’ai pas pu déterminer si on voulait rendre hommage au livre ou au jeu vidéo, avec des approximations dans l’approche du genre (mais rien de bien méchant par rapport aux énormités et aux gros clichés véhiculés par Karine Gobled pourtant éditée par les fins connaisseurs d’ActuSF). Et puis les inévitables comparaisons avec le SdA de JRR Tolkien et à le GoT de GRR Martin, ben soupirs quoi !

    Alfaric

    Note : 6/10

    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: 6.0/10 (1 vote cast)
    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: +2 (from 2 votes)

    La Lune des rêves

    Posted By on 11 novembre 2017

    Couverture

    Résumé tome 3 : La Lune des rêves / Mad Moon of Dreams
    David Hero et Eldin l’Aventurier, jadis prisonniers de la morne réalité, sont devenus des citoyens à part entière du Monde des Rêves. Quand les souvenirs ; de leur vie passée viennent les hanter, rien ne vaut une bonne bagarre, une outre de vin ou une jolie fille pour penser à autre chose ! Mais depuis quelque temps, leur humeur tourne au vinaigre. Est-ce dû à la lueur malsaine de la lune, dont l’orbe, chaque soir, envahit davantage le ciel ? C’est probable, car ils ne sont pas seuls à évoluer ainsi… Bientôt, le doute est levé : l’astre des nuits, où se tapit une divinité maléfique, menace littéralement d’avaler la Terre des Rêves. Encore un mois, moins peut-être, et la destruction sera totale. Pas question que les deux rêveurs finissent ainsi ! Comme d’habitude, ils relèvent le défi, même s’il faut pour cela s’allier à de vieilles ennemies : Zura, la Reine des Zombies, et l’Eldolon Lathi, la maîtresse des hommes-termites…

     

    La Lune des rêve paru en 1987 et traduit par Isabelle Troin est le troisième tome d’une sympathique trilogie inspirée par les démons et les merveilles de la Fantasy d’H.P. Lovecraft.
    Rien ne va plus car la lune des rêves se rapproche des contrées du rêves, ce qui génère moult catastrophes naturelles… Car les bêtes lunaires, mélanges de crapauds et de pieuvres, œuvrent à la réalisation de la théogamie de leurs dieux impies (Gaïa étant remplacée par Oorn, une tentaculaire monstruosité gastéropode, et Ouranos étant remplacé par Mnomquah, un kaijû aveugle). Kuranes mobilisant la flotte aérienne de la cité volante de Serannian, et Randolph Carter étant parti explorer le multivers en quête de solutions pour stopper l’imminente fin du monde, c’est aux caricatures de Fafhrd et du Sourcier Gris qu’il revient de protéger la cité d’Ilek-Vad d’un terrible sort dans un remake de la chute de Troie… Car les Lengites ont laissé une statue en offrande aux habitants de la métropole, destinée à les trouver, à les amener, et dans les ténèbres les lier où il y a de fortes que tous se fassent par les Grands Anciens dévorer ! (Que l’or maudit serve à désigner les premiers à être perdus est tout sauf un hasard : l’auteur écrit aux pires heures de cette saloperie de thatchérisme…)
    Image

    Si les Forces du Mal avancent aussi vite et aussi bien, c’est parce qu’elles ont des alliés dans les Contrées du Rêve : les hommes-termites de l’Eïdolon Lathi, les zombies de Zura la Noire, et les sicaires des Ducs d’Isharra, anciens gangsters de Chicago piégés comme nos héros de ce côté-ci du Mur du Sommeil (à la tête d’un principauté qui se résume à une City riche comme Crésus et un peuple crevant de pauvreté : là aussi l’auteur écrit aux pires heures de thatchérisme)… On est dans la caricature du cape et épée, puisque nos antihéros s’envolent immédiatement et unilatéralement pour saboter la rituel maléfique devant avoir lieu au Gouffre de Sarkomand, et délivrer de belles demoiselles en détresse dans la foulée (les jumelles Ula et Una qui les avaient faits tourner en bourriques dans le tome précédent). Ils s’en sortent en dressant leurs ennemis les uns contre les autres, puisqu’ils ont tous des raisons personnelles d’en vouloir à leur peau. Avec des insultes bien senties par là et des compliments bien senties par ici ils auraient s’en sortir, sauf que les cultistes des Grands Anciens sont imperméables à tout cela et qu’ils finissent sur l’autel d’Oorn qui a grand faim… C’est qu’interviennent les braves Limnar Dass et Gytheryk Imniss, assistés par Renifle et Torgnole les monstres qui accédé à l’humanité : il y a tout un passage ou les humains du monde du rêve ne supportent plus d’être les créations et les créatures des humains du monde éveillé, avant de décider de prendre les choses en mains ! Car derrière la grosse déconne, il y a de chouettes réflexions sur le solipsisme et les théories jungiennes…
    Image
    Que serait un actioner fantasy sans bataille finale ? Les bêtes lunaires trahissent leurs partenaires, et l’ennemi de mon ennemi étant mon ami tout le monde fait cause commune dans un grande bataille où les les navires volants en sous-nombre de la Grande Alliance affrontent les monstres et les sorciers adorateurs des Grands Anciens ! Feu à volonté ! à l’abordage ! Les équipages du Shantak, du Linceul, du Chrysalide, du Gnorri II, de l’Éperon des Étoiles, du Brume du Matin, du Saute-Nuages, du Cumulus, du Nimbus et du Maître des Cieux utilisent tous les trucs et astuces des aventures maritimes qu’on aime bien, mais ils doivent rivaliser d’héroïsme avant que les astres ne soient propices !!!
    Image associée

    SPOILERS :
    Ce qui est dommage, c’est moins le deus ex machina de la cavalerie qui arrive à point nommée que l’avalanche de trucs zarbis : le boss de fin lovecraftien dévore ses propres soutiens, l’auteur balance des serpents de fumée pétrificateurs agissant comme des basilics, et il nous sort des phalènes lunaires (remembrer Mothra contre Godzilla ^^), avant qu’on en fasse des caisses sur les sacrifices d’Eldrin et de David Hero alors qu’on nous les ressort néanmoins dans un happy end par le biais d’une métempsychose végétale… WTF ? ^^

    Une fois encore je me demande comment des prescripteurs d’opinion chevronnés, suivez mon regard ont pu prendre au premier degré un récit dont le héros s’appelle David Hero… mdr ^^

    Alfaric

    Note :  7/10

    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: 7.0/10 (1 vote cast)
    VN:F [1.9.22_1171]
    Rating: +1 (from 1 vote)