Les Chemins de Khatovar

Site sur la littérature Fantasy, Fantastique et Science Fiction
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    Bienvenue sur les Chemins de Khatovar, un site spécialisé sur la littérature Fantasy, Fantastique et Science-Fiction notamment autour des grands cycles tels que le Trône de fer, la Roue du Temps et la Compagnie Noire.

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  • Mémoria / Laurent Genefort

    Posted By on 13 février 2012

    Science Fiction
    Galimard, coll. Folio SF n° 402, septembre 2011
    384 pages

     Ce livre narre l’histoire du plus célèbre et du plus craint des tueurs à gages. Mais aussi curieusement du plus mystérieux, car personne ne connaît son nom et personne n’a jamais vu son vrai visage. Grâce à une énigmatique mallette, il est capable de prendre possession du corps et de l’esprit de n’importe qui. Bien pratique quand on pratique le métier d’assassin. Il suffit de prendre l’apparence d’un proche de la cible pour l’abattre tranquillement au moment opportun. Une technique infaillible que même les systèmes de sécurité les plus performants ne peuvent contrer.

    Cela fait plusieurs siècles qu’il change d’apparence au fil de ses contrats.  Il a tellement réalisé de transferts successifs qu’il ne sait plus quelle est sa véritable identité. Il n’a en effet plus aucun souvenir de ses origines. Cette forme d’immortalité sera pourtant mise à mal par un « cauchemar noir » qui vient de plus en plus souvent et plus violemment le hanter. Ces cauchemars semblent être des réminiscences de ses existences passées. Survenant de manière incontrôlables, elles en viennent même à mettre en péril l’exécution de ses contrats. Lucidement, il attend stoïquement et presque avec soulagement la crise ultime. Celle qui marquera la fin de sa terrible errance. Ou au contraire celle synonyme d’un nouveau départ pour une dimension encore inconnue.

    Décidément ce début d’année est riche en belles découvertes. Encore un auteur que je ne connaissais pas et qui m’a donné beaucoup de plaisir. Ce space opéra pur jus est à la fois divertissant et intelligent. Laurent Genefort nous fait ainsi voir du pays : 3 contrats , 3 planètes, 3 cultures et 3 environnements riches et variés qui dépaysent un maximum. Pendant un temps on se serait cru dans les guerriers du silence de Pierre Bordage. Un autre grand moment du Space Opéra.

    Ce roman est aussi intelligent car sous une trame de prime abord simpliste, vient se greffer une quête d’identité des plus palpitante et qui prendra peu à peu le premier plan . D’où vient donc ce mystérieux tueur ?   Qui est-il ? Quelle est l’origine de son artefact ? Toutes ces questions trouveront des réponses qui ne décevront pas. J’ai été franchement ému par le dénouement.

    Pour poursuivre sur une nouvelle touche positive, la version poche a été augmentée par une nouvelle, intitulée la pluie de pétales, préalablement parue dans Bifrost et qui narre un nouveau contrat de notre tueur aux mille visages. Elle se déroule antérieurement au roman. Bien que d’honnête facture, elle n’a pas l’impact du roman. Elle a pourtant le mérite de présenter une planète pour le moins exotique. L’évasion est donc toujours au rendez-vous.

    Renseignements pris, je me suis aperçu que Laurent Genefort est un auteur prolifique qui a déjà écrit pas mal d’autres romans se déroulant dans le même univers appelé la pan-structure. Et notamment Omale, présenté comme son chef d’œuvre. Je sais donc ce qu’il me reste à faire !

     

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    Dans la Dèche au Royaume Enchanté / Cory Doctorow

    Posted By on 9 février 2012

     

    Titre original : Down and out in the Magic Kingdom, 2003
    Gallimard, coll. Folio SF n° 308, juillet 2008
    240 pages

    Dans un futur proche, la société Bitchun est une gigantesque matrice dans laquelle tous les individus se connectent en continu grâce à une petite interface logée dans le crâne. Dans cette société la mort n’est plus définitive, comme dans les jeux vidéos en ligne. En cas de décès il suffit d’implanter sa dernière sauvegarde dans un clone pour continuer à vivre. De même, le système monétaire a disparu. L’argent n’a plus cours et a été remplacé par la renommée qui se mesure en whuffie (ça fonctionne un peu comme le nombre d’amis sur FB). Quand un individu commet une action, celle ci est systématiquement jugée par son entourage, ce qui lui fait gagner ou perdre du whuffie. Plus on en a, plus on a accès à des services de qualité. Ainsi les gens populaires pourront prétendre à des restaurants classés au guide Michelin tandis que les plus mal lotis auront tout juste droit au kebab du coin. Dans la société Bitchun la notion de travail a disparu. Pour passer le temps les individus s’adonnent à toutes sortes de loisirs. Ils se réunissent en adhocs, sortes de confréries où ils se vouent corps et âmes à leurs passions. Les adhocs font encore une fois référence à FB avec les groupes d’intérêts.

    L’intrigue aussi est pour le moins originale, voyez un peu: Julius a 150 ans. Il en est déjà à son 4ème clone. Après avoir traîné ses guêtres sur bien des sentiers, il décide un jour de réaliser son rêve le plus cher: habiter à Disneyland ! Il intègre alors un adhoc qui entretient et perfectionne l’attraction du manoir hantée (Haunted Mansion). Seulement voilà, le royaume enchanté n’est pas aussi idyllique qu’il y paraît au premier abord. La concurrence entre adhocs est rude pour conserver la mainmise sur les attractions. Car si elles ne génèrent plus assez de whuffie de la part des visiteurs, les adhocs en ayant la charge se voient détrônées par celles qui convoitent leur place.

    CE BOUQUIN EST GENIAL, C’EST UN VERITABLE VENT DE FRAICHEUR! C’est original et puissant. En seulement 230 pages, l’auteur développe autant de concepts qu’en 24 tomes de la roue du temps. Et en plus il le fait avec légèreté et humour ce qui ne gâche bien évidemment rien. Mais revers de la médaille, ce bouquin ne pourra pas plaire à tout le monde, c’est ce qui arrive souvent quand on est en avance sur son temps. Car en effet, « Dans la dèche… » a été écrit par un geek pour les geeks. Et à ce titre, il en laissera plus d’un sur le bord du chemin.

     

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    Boulevard des Disparus / Andrew Weiner

    Posted By on 9 février 2012

    Titre original : Among the Missing, 2002
    Gallimard, coll. Folio SF n° 247, avril 2006
    400 pages

    Joe Kay est un détective privé spécialisé dans la recherche des personnes disparues. Et dans son genre c’est un crack, car il a la réputation de ne jamais lâcher une affaire. Un jour, on lui demande de retrouver la trace d’un sombre agent des archives municipales. Ce sera la traque la plus difficile de sa vie. Et pour cause, au fur et à mesure que son enquête avance, les indices se mettent à disparaître singulièrement. Pire que ça, des personnes qui sont sensées avoir connu le disparu n’en gardent étrangement plus aucun souvenir, comme s’il n’avait jamais existé. Peu à peu, Joe commence à avoir des soupçons quand à la réalité de la ville dans laquelle il vit. Des faits étranges s’y produisent, des bâtiments apparaissent en une seule nuit. Et surtout il semble impossible, même avec la meilleure volonté du monde, d’en sortir.

    Boulevard des disparus m’a pendant très longtemps fait pensé au film Dark City. Ce qui venant de ma part est à prendre comme un compliment. Mais fort heureusement, il sait aussi s’en éloigner suffisamment dans sa partie finale pour ne pas en être un clone et jouir d’une vraie identité.

    Ceux qui aiment les polars avec tous les stéréotypes du genre ( sans que ce soit à prendre au sens négatif du terme) seront ravis : détectives désabusés et solitaires, boîtes de Jazz enfumées, trafiquants et gardes du corps, tout y est. Les amateurs de cyberpunk seront également comblés car mondes virtuels et matrice seront au rendez-vous.

    Bref, un petit roman à la croisée des genres fort sympathique qui divertit et qui sait surprendre. Et par les temps qui courent c’est déjà pas si mal.

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    Futur Intérieur / Christopher Priest

    Posted By on 7 février 2012

     

    Titre original : A Dream of Wessex / The Perfect Lover, 1977
    Gallilmard, coll. Folio SF n° 226, octobre 2005
    336 pages

    Le projet Wessex est une simulation top-secret qui permet à 39 scientifiques de se projeter, par l’intermédiaire d’un rêve collectif, dans un futur hypothétique. Cette simulation est programmée sur un futur soit idéalisé où guerre et terrorisme auraient été vaincus. La projection a des objectifs pédagogiques visant à favoriser le glissement de notre monde actuel vers ce futur idéal.

    Julia est l’une de ces explorateurs envoyés 150 ans en avant. La simulation est un véritable refuge pour elle. Car cette vie virtuelle est infiniment plus belle et plus intense que le triste quotidien de sa vie réelle. Le Wessex est devenu pour elle une véritable drogue dont elle aurait beaucoup de mal à se passer. Mais on ne peut fuir indéfiniment ses démons, et ceux ci finiront  par la retrouver en la personne de son ancien amant qui sera intégré à la simulation. Sans cesse rabaissée et humiliée par cet homme egocentrique et manipulateur, Julia avait eu les pires peines du monde à le quitter. Sauf qu’ici l’enjeu sera d’une tout autre envergure puisque c’est de la survie du projet Wessex qu’il va être question.

    Ce court roman va également nous amener à une réflexion sur l’addiction aux mondes virtuels, la perte d’identité et les différentes perception de la réalité. Des thèmes chers à Christopher Priest. Sa marque de fabrique en quelque sorte.

    La première chose qui m’a surpris quand j’ai eu fini ce livre c’est de m‘apercevoir qu’il avait été écrit en 1977. C’est vraiment incroyable, car ce roman n’a pas pris une ride. Malgré un thème maintes fois traité depuis, il est toujours aussi frais. Et ce grâce à une plume fluide et agréable et à la qualité de traitement des personnages. Comme à son habitude, Christopher Priest nous dépeint des personnages criant d’authenticité et de sensibilité. Qu’il est bon de faire ce genre de lecture!

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    La Guerre des Cygnes / Sean Russell

    Posted By on 13 janvier 2012

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Titres originaux: The One Kingdom, 2001
    The Isle of Battle, 2002
    The Shadow Roads, 2004
    Cycle: La Guerre des Cygnes

    Gallimard, coll. Folio SF n° 263, 272 et 288
    688, 608 et 560 pages

    Pour commencer cette chronique, je vais vous raconter une petite anecdote sur les arcanes de l’édition. Le cycle de la Guerre des Cygnes est initialementparu en grand format en 4 tomes (car il est vrai qu’une trilogie en 4 tomes il n’y a rien de plus logique !). Puis lors de sa publication en poche, les 2 1ers tomes ont été fusionné (comme pour la VO). Et enfin pour sa réédition en grand format cette année le cycle est paru en, je vous le donne en mille, 2 tomes. Ah ces éditeurs ils me feront toujours bien rire. A quand l’intégrale en 1 seul volume ?

    Toujours est-il que j’avais envie de me refaire une petite incursion en terres de fantasy après avoir un peu délaissé le genre ces derniers temps. Le dicton dit qu’on revient toujours à ses premiers amours. J’espérais ne pas être déçu.

    La Guerre des Cygnes narre l’épopée de 3 jeunes fermiers. Alors qu’ils n’ont au démarrage que pour seule ambition de descendre la rivière afin d’aller s’acheter des chevaux, ils vont se retrouver à devoir sauver le monde. Une bande de ploucs devenant des héros universels, au niveau de l’intrigue je dois dire que ça démarrait fort!

    Premier écueil non évité par l’auteur : le manichéisme. C’est encore le cas ici. Ainsi le grand méchant de l’histoire est mauvais par nature. On ne sait pas vraiment pourquoi il veut anéantir le monde mais en tout cas il y met du cœur à l’ouvrage! C’est un psychopathe frappé du syndrome « Orangina Rouge ». Mais pourquoi est-il si méchant ? Parce queeeee !

    Des gentils par contre il y en a toute une armada, et il faut bien ça d’ailleurs parce que le méchant il est vraiment super balaise, à lui tout seul il est capable d’anéantir une armée de plusieurs milliers de soldats (c’est dans le texte j’invente rien ) Et en plus comme ça c’est pratique car l’auteur pourra tuer quelques seconds rôles histoire de nous faire verser une petite larme lors d’une pause sentimentale.

    Encore un pépin : malgré un casting impressionnant, peu de personnages sont charismatiques, mis à part quelques uns, ils sont quasiment interchangeables. On a un peu l’impression d’avoir à faire avec une armée de clones. Bien gentillets, bien propres sur eux mais sans aucune saveur.

    Au niveau du rythme c’est lent. Mais alors qu’est ce que c’est lent ! Ca pourrait encore se concevoir pour le 1er tome, où l’histoire doit se mettre en place. Mais c’est impardonnable pour la suite. Le tome 2 est même complètement inutile. Il consiste uniquement à sauver un héros du mauvais pas dans lequel il s’est fourré dans le tome 1 et n’apporte strictement rien de plus à l’intrigue.

    Pourtant, il faut tout de même rendre justice à l’auteur,  le concept de « Quêteur d’histoires » est une pure merveille. Très bien exploité en plus, ça sauve du naufrage complet. Les quêteurs d’histoires sont des vagabonds qui arpentent le monde à la recherche de légendes et d’histoires. Ils ont la faculté d’absorber les histoires qui tissent le monde lorsqu’ils se trouvent sur un lieu où des évènements importants se sont déroulés.

    Bon vous l’aurez compris vous même je ne recommande pas cette trilogie. J’ai eu un mal de chien à la terminer. Ce n’est pourtant pas une lecture honteuse, j’aurais probablement eut un tout autre avis il y a quelques années, seulement je pense aujourd’hui être passé à autre chose. Alors fans purs et durs de fantasy, ne tenez pas compte de cette modeste critique et consultez en d’autres (il y en a même des bonnes). Où mieux, forgez vous votre propre avis en lisant cette Guerre des Cygnes et venez défendre ce cycle qui ne mérite sûrement pas tout le mal que j’ai pu dire sur lui.

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    Le Bureau des Atrocités / Charles Stross

    Posted By on 12 décembre 2011

    Titre original : The Atrocity Archive, 2001
    Science Fiction  – Cycle : La Laverie vol. 1
    Livre de Poche, mai 2009
    474 pages

    La « Laverie » est le plus secret des services secrets britanniques. Il est en charge de tout ce qui est en rapport avec l’occulte : Morts vivants, esprits frappeurs, ou grands anciens à la Ctulhu. Mais la Laverie, c’est aussi une administration où les notes de service s’amoncellent sur les bureaux, où les agents passent plus de jours en stage que sur le terrain, où les contrôleurs de gestion ont la main-mise sur les services opérationnels. Une belle caricature d’administration à la « Brasyl » On parle même de mettre en place un audit pour connaître le nombre de trombones qu’utilise annuellement chaque agent!

    Le bureau des atrocités est un recueil de 2 longues nouvelles qui mettent en avant Bob Howard. Un jeune informaticien débrouillard fraîchement muté sur le terrain. Après un stage en nécromancie un peu spécial, une mission de routine va l’emmener sur les traces d’une secte nazie qu’on croyait disparue et qui menace l’équilibre du monde. La deuxième nouvelle commence avec la transformation d’une vache en statue de pierre. Que s’est-il passé ? Un basilic est-il en liberté dans la nature ?

    Alors autant le dire de suite j’ai vraiment beaucoup aimé. C’est très original (un croisement entre Men In Black et Lovecraft), il y a beaucoup d’humour, le rythme est enlevé, et Charles Stross a des idées brillantes à la pelle. Je vais quand même un peu pinailler en disant qu’il est parfois difficilement lisible. Mais circonstances atténuantes, on dira aussi que c’est son premier roman et que depuis il a sûrement travaillé son style. Dans la post-face Stross nous indique que le Bureau des Atrocités explore les mêmes thèmes que Les Puissances de l’Invisible de Tim Powers. Il ne me reste donc plus qu’à mettre la main sur ce dernier pour pouvoir comparer.

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    Le Fleuve des Dieux / Ian McDonald

    Posted By on 8 décembre 2011

    Titre original: River of Gods, 2004
    Denoël - Lunes d’Encre, juin 2010
    624 pages

    Grand Prix de l’Imaginaire 2011 (Amplement mérité!)

    Inde – 2047- Le Gange, ce fleuve des dieux, n’est plus qu’un cloaque que les moussons ne viennent plus abreuver. Le climat est tellement déréglé sur cette terre du futur que la ville sainte de Vârânacî n’a plus vu une seule goutte de pluie depuis plus de 10 ans. La situation est tellement critique que les Etats du Bârath et de l’Awadh, respectivement Hindou et Musulman sont prêt à se déclarer une guerre à grand renfort de drônes et de droïdes de combat. Cette Inde que nous dépeint McDonald est criante de crédibilité. C’est une Inde qui cultive les paradoxes. Où traditions et archaïsme côtoient cybernétique et manipulations génétiques. Où la misère se superpose à la plus insolente des richesses.

    C’est dans ce cadre que 9 destins, qui n’ont à priori rien à voir les uns avec les autres, vont se croiser et s’entremêler. Un peu comme dans le film Collision de Paul Haggis, leurs actes isolés vont se connecter jusqu’à former une chaîne d’actions aux répercussions titanesques. Ainsi on va suivre un flic Krishna, spécialiste de la traque des IA rebelles, une petite frappe qui dépouille les fraîchement décédés de leurs organes afin de les revendre, un PDG de megacorp, un « neutre » : être devenu chirurgicalement et génétiquement asexué, le directeur du cabinet du 1er ministre Bârathi…Cette dissémination des héros dans toutes les « castes » de la société indienne, nous donne une vision panoramique assez vertigineuse. Elle donne aussi une bonne idée de l’ampleur et de l’ambition que McDonald a su donner à son roman

    On sent clairement l’influence Dickienne sur ce roman. M Nanda, le flic Krishna fait ainsi un Blade Runner sauce Bollywood très crédible. De même, la séquence d’implantation de souvenirs fait inévitablement penser à Souvenirs à vendre la nouvelle à l’origine du film Total Recall. Vous reconnaîtrez qu’il y a franchement pire comme références.

    Réputé pour sa complexité, je n’ai eu pour ma part aucune difficulté à m’immerger dans ce roman pourtant très dense tant la multiplicité des concepts est importante. Seul regret à mon sens, l’utilisation abusive de termes indiens. Car malgré 6 pages de glossaire, une majorité n’y figurait pas ! Un roman franchement excellent qui combine à la fois un cadre profondément dépaysant, une intrigue en béton armé, et une parfaite maîtrise du récit. Un roman à ne pas rater et un auteur à suivre…de près.

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    Lombres / China Miéville

    Posted By on 7 décembre 2011

    Titre original : Un Lun Dun, 2007
    Au Diable Vauvert, coll. Jeunesse, octobre 2009
    644 pages

    Zanna et Deeba sont deux adolescentes qui, un peu par hasard, vont trouver l’accès à un monde parallèle s’appellant Lombres. Version en négatif de la capitale britannique, Lombres est peuplée de créatures aussi étranges qu’improbables. Quelques exemples s’imposent : les Tuilicoles ne se déplacent que sur les toits et refusent absolument de mettre pied sur la terre ferme, les poubanzaïs sont des poubelles dotées de bras et de jambes expertes en arts martiaux, ou encore les Mygalucarnes qui sont des fenêtres géantes munies de pattes. Prenez garde à ne pas vous laisser enfermer dans l’une d’entre elle!

    A peine arrivées dans cette ville fantasque, les deux jeunes filles vont se retrouver confrontées à un bien terrible ennemi: le Smog. Il s’agit d’un brouillard qui se nourrit de pollution et qui est capable de créer et de contrôler des créatures. Les Smombies et autres Camesmogs n’auront de cesse de combattre et d’envahir un à un les quartiers de Lombres. Or, il apparaît que tout le petit peuple de Lombres identifie Zanna à la Schwazzy (Choisie). Autrement dit l’Elue qui va, selon une prophétie récitée par le Grimoire, un livre parlant, libérer le monde de la tyrannie du Smog. Sauf que l’Elue va se retrouver sur la carreau dès la première escarmouche. Et que plus personne ne semblera en mesure de s’opposer au terrible brouillard…

    China Miéville est mon écrivain préféré. C’est donc avec une petite inquiétude que j’entamais ce livre destiné à « la jeunesse ».  Alors verdict, je dois toujours avoir une âme d’enfant car j’ai trouvé ce bouquin excellent. Peut être pas encore au niveau de Perdido Street Station & Co mais pas loin quand même. Alors certes, sur la forme c’est écrit pour les ado. On ne retrouve pas les longues et savoureuses descriptions des romans pour adultes. Pour autant le background est très touffu et Lombres ne dépare pas aux côtés de La Nouvelle–Crobuzon au niveau de sa densité. Si le style a été allégé, Miéville n’a pas bridé son imagination.

    L’intrigue non plus, n’est pas si enfantine que ça. Les clichés se font tordre le cou plus d’une fois. Ainsi au départ, on croit avoir une énième histoire d’élu et de prophétie. Sauf que l’Elue tombe rapidement hors de combat et qu’il va bien falloir trouver un plan B. Dans le même genre, des personnages charismatiques ne font pas forcément partie du camp auquel ils sont censés appartenir… Au final, seule l’entrée en matière s’est avérée décevante : très ado et un peu molle. Mais pour le reste c’est du pur bonheur !

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    Drood / Dan Simmons

    Posted By on 5 décembre 2011

    Titre original : Drood, 2009
    Robert Laffont, août 2011
    880 pages

    1865 – Charles Dickens, le plus célèbre écrivain de son temps, échappe miraculeusement à la mort dans le terrible accident ferroviaire de Staplehurst. Alors qu’il tente de porter secours aux blessés, son chemin croise celui d’un sinistre individu répondant au nom de Drood. L’ombre de la mort semble planer sur lui. De retour à Londres Dickens confie son histoire à son meilleur ami, l’écrivain Wilkie Collins. Dès lors ils n’auront de cesse de retrouver le dénommé Drood. Leur quête prendra le chemin des bas quartiers londoniens, des fumeries d’opium, des cimetières, catacombes et autres joyeusetés.

    Reprenant le principe déjà utilisé (d’excellente façon) dans Terreur, Dan Simmons table son récit sur des faits historiques avérés et complète les zones d’ombres avec une touche de fantastique. Diablement efficace.

    C’est Wilkie Collins qui va nous narrer les 5 années qui vont séparer l’accident de Staplehurst et la mort de Dickens (jour pour jour, quelle coïncidence !). Cependant, peut-on véritablement porter crédit à son récit? Sachant que d’une part Collins était opiomane (il consommait du matin au soir de fortes doses de laudanum pour soulager d’effroyables douleurs) et que d’autres parts, bien qu’étant le « meilleur ami » de Dickens, il jalousait secrètement ce dernier pour son succès et nourrissait une extrême rancœur à son encontre.

    Le récit sera entrecoupé d’épisodes relatant le travail d’écriture des deux écrivains, leurs déboires sentimentaux sans oublier évidemment la traque de Drood. Faisant naviguer le roman entre différents genres littéraires: le polar, le roman historique et le récit fantastique. Néanmoins pour bien situer l’ambiance, on évolue quelque part entre les Voies d’Anubis de Tim Powers et le film From Hell avec Johnny Depp qui relate la sombre épopée de Jack l’eventreur dans le quartier de White Chapel.

    Bon alors disons le franchement, même si la recette est identique j’ai trouvé Drood quand même nettement moins convainquant que Terreur. La faute à trop de pages qui rendent la lecture indigeste. Simmons nous abreuve de tonnes de détails sur la vie de Dickens qui se révèlent soporifiques. Avec 300 pages de moins, ce roman aurait pu être nettement meilleur et surtout plus efficace. Cet embonpoint nuit à a qualité romanesque de l’oeuvre. Et c’est vraiment dommage, car avec ce thème, il y avait moyen de faire quelque chose d’énorme. Là je suis assez mitigé. Avouons le tout de même, certains passages sont fort sympathiques: la visite du cimetière en pleine nuit et la plongée dans les catacombes étant des modèles du genre. Soulignons aussi le l’impressionnant travail de documentation et la considérable masse d’information donnée. Et de ce point de vue là c’est remarquable.

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    Sans Parler du Chien / Connie Willis

    Posted By on 3 décembre 2011

    Titre original : To say nothing of the dog, 1997
    J’ai Lu, coll. Millénaires, avril 2000
    540 pages

    Prix Hugo 1999
    Prix Locus 1999
    Prix Bob Morane 2001

    Jouissant d’une excellente réputation, j’ai souvent tourné autour de ce roman sans jamais me décider à le commencer. Et bien je peux vous annoncer tout de suite que je n’aurais pas dû attendre aussi longtemps !

    Ned Henry est un voyageur de l’histoire. Il est membre d’un office d’historiens qui explorent le passé à des fins pédagogiques grâce à une machine à remonter le temps. Les règles du voyage dans le temps sont simples, il ne faut sous aucun prétexte modifier le cours de l’histoire sous peine de créer un paradoxe temporel aux conséquences désastreuses. Le moindre détail a son importance. Juste un exemple : Empêcher la rencontre entre deux personnes destinées à vivre une belle histoire d’amour c’est aussi empêcher la naissance des bébés qui vont avec cette belle romance. Et si ce bébé devait devenir par la suite Napoléon ou Hitler, c’est la face du monde qui en deviendrait complètement changée.

    Et justement, Ned va être envoyé à la rescousse d’une de ses consœurs pour tenter de réparer le paradoxe temporel qu’elle a créé en sauvant de la noyade un pauvre chat à l’époque victorienne. Mais mal préparé et déphasé par un nombre excessif de voyages dans le temps Ned va encore complexifier la situation par ses maladresses et sa mémoire fragmentaire au lieu de la résoudre. Sa mission commence donc comme un fiasco et il devra faire appel à toutes ses capacités pour se sortir du bourbier dans lequel il s’est fourré.

    Le ton du récit est très léger, il y a beaucoup d’humour dans la prose de Connie Willis. Un humour très fin, à l’anglaise serai-je tenté de dire. Il est particulièrement amusant d’observer les gesticulations de Ned qui tente désespérément de redresser une situation qui lui échappe de plus en plus. Ses quêtes seront multiples: retrouver un chat, empêcher un mariage, en provoquer un autre, trouver une potiche… Rien de très chevaleresque et pourtant Ned n’en est pas moins un héros à part entière.

    Ce roman donne aussi l’occasion à Connie Willis de dresser une caricature féroce de la société victorienne. Les aristocrates « made in England » sont dépeints comme des individus futiles, crédules, précieux et incapables. Au contraire de leurs domestiques sans qui leur petit monde ne tournerait plus. Quelques chapitres sont véritablement extraordinaires : la séance de spiritisme, la partie de croquet et la brocante. Qu’est ce que j’ai pris du plaisir à lire ce bouquin ! Cela faisait vraiment très longtemps que je n’avais pas autant souri grâce à un livre.

    Alors voilà, si vous recherchez un livre original, drôle et finement écrit, Sans parler du chien est incontestablement fait pour vous.

     

     

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