Les Chemins de Khatovar

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  • Lombres / China Miéville

    Posted By on 7 décembre 2011

    Titre original : Un Lun Dun, 2007
    Au Diable Vauvert, coll. Jeunesse, octobre 2009
    644 pages

    Zanna et Deeba sont deux adolescentes qui, un peu par hasard, vont trouver l’accès à un monde parallèle s’appellant Lombres. Version en négatif de la capitale britannique, Lombres est peuplée de créatures aussi étranges qu’improbables. Quelques exemples s’imposent : les Tuilicoles ne se déplacent que sur les toits et refusent absolument de mettre pied sur la terre ferme, les poubanzaïs sont des poubelles dotées de bras et de jambes expertes en arts martiaux, ou encore les Mygalucarnes qui sont des fenêtres géantes munies de pattes. Prenez garde à ne pas vous laisser enfermer dans l’une d’entre elle!

    A peine arrivées dans cette ville fantasque, les deux jeunes filles vont se retrouver confrontées à un bien terrible ennemi: le Smog. Il s’agit d’un brouillard qui se nourrit de pollution et qui est capable de créer et de contrôler des créatures. Les Smombies et autres Camesmogs n’auront de cesse de combattre et d’envahir un à un les quartiers de Lombres. Or, il apparaît que tout le petit peuple de Lombres identifie Zanna à la Schwazzy (Choisie). Autrement dit l’Elue qui va, selon une prophétie récitée par le Grimoire, un livre parlant, libérer le monde de la tyrannie du Smog. Sauf que l’Elue va se retrouver sur la carreau dès la première escarmouche. Et que plus personne ne semblera en mesure de s’opposer au terrible brouillard…

    China Miéville est mon écrivain préféré. C’est donc avec une petite inquiétude que j’entamais ce livre destiné à « la jeunesse ».  Alors verdict, je dois toujours avoir une âme d’enfant car j’ai trouvé ce bouquin excellent. Peut être pas encore au niveau de Perdido Street Station & Co mais pas loin quand même. Alors certes, sur la forme c’est écrit pour les ado. On ne retrouve pas les longues et savoureuses descriptions des romans pour adultes. Pour autant le background est très touffu et Lombres ne dépare pas aux côtés de La Nouvelle–Crobuzon au niveau de sa densité. Si le style a été allégé, Miéville n’a pas bridé son imagination.

    L’intrigue non plus, n’est pas si enfantine que ça. Les clichés se font tordre le cou plus d’une fois. Ainsi au départ, on croit avoir une énième histoire d’élu et de prophétie. Sauf que l’Elue tombe rapidement hors de combat et qu’il va bien falloir trouver un plan B. Dans le même genre, des personnages charismatiques ne font pas forcément partie du camp auquel ils sont censés appartenir… Au final, seule l’entrée en matière s’est avérée décevante : très ado et un peu molle. Mais pour le reste c’est du pur bonheur !

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    Drood / Dan Simmons

    Posted By on 5 décembre 2011

    Titre original : Drood, 2009
    Robert Laffont, août 2011
    880 pages

    1865 – Charles Dickens, le plus célèbre écrivain de son temps, échappe miraculeusement à la mort dans le terrible accident ferroviaire de Staplehurst. Alors qu’il tente de porter secours aux blessés, son chemin croise celui d’un sinistre individu répondant au nom de Drood. L’ombre de la mort semble planer sur lui. De retour à Londres Dickens confie son histoire à son meilleur ami, l’écrivain Wilkie Collins. Dès lors ils n’auront de cesse de retrouver le dénommé Drood. Leur quête prendra le chemin des bas quartiers londoniens, des fumeries d’opium, des cimetières, catacombes et autres joyeusetés.

    Reprenant le principe déjà utilisé (d’excellente façon) dans Terreur, Dan Simmons table son récit sur des faits historiques avérés et complète les zones d’ombres avec une touche de fantastique. Diablement efficace.

    C’est Wilkie Collins qui va nous narrer les 5 années qui vont séparer l’accident de Staplehurst et la mort de Dickens (jour pour jour, quelle coïncidence !). Cependant, peut-on véritablement porter crédit à son récit? Sachant que d’une part Collins était opiomane (il consommait du matin au soir de fortes doses de laudanum pour soulager d’effroyables douleurs) et que d’autres parts, bien qu’étant le « meilleur ami » de Dickens, il jalousait secrètement ce dernier pour son succès et nourrissait une extrême rancœur à son encontre.

    Le récit sera entrecoupé d’épisodes relatant le travail d’écriture des deux écrivains, leurs déboires sentimentaux sans oublier évidemment la traque de Drood. Faisant naviguer le roman entre différents genres littéraires: le polar, le roman historique et le récit fantastique. Néanmoins pour bien situer l’ambiance, on évolue quelque part entre les Voies d’Anubis de Tim Powers et le film From Hell avec Johnny Depp qui relate la sombre épopée de Jack l’eventreur dans le quartier de White Chapel.

    Bon alors disons le franchement, même si la recette est identique j’ai trouvé Drood quand même nettement moins convainquant que Terreur. La faute à trop de pages qui rendent la lecture indigeste. Simmons nous abreuve de tonnes de détails sur la vie de Dickens qui se révèlent soporifiques. Avec 300 pages de moins, ce roman aurait pu être nettement meilleur et surtout plus efficace. Cet embonpoint nuit à a qualité romanesque de l’oeuvre. Et c’est vraiment dommage, car avec ce thème, il y avait moyen de faire quelque chose d’énorme. Là je suis assez mitigé. Avouons le tout de même, certains passages sont fort sympathiques: la visite du cimetière en pleine nuit et la plongée dans les catacombes étant des modèles du genre. Soulignons aussi le l’impressionnant travail de documentation et la considérable masse d’information donnée. Et de ce point de vue là c’est remarquable.

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    Sans Parler du Chien / Connie Willis

    Posted By on 3 décembre 2011

    Titre original : To say nothing of the dog, 1997
    J’ai Lu, coll. Millénaires, avril 2000
    540 pages

    Prix Hugo 1999
    Prix Locus 1999
    Prix Bob Morane 2001

    Jouissant d’une excellente réputation, j’ai souvent tourné autour de ce roman sans jamais me décider à le commencer. Et bien je peux vous annoncer tout de suite que je n’aurais pas dû attendre aussi longtemps !

    Ned Henry est un voyageur de l’histoire. Il est membre d’un office d’historiens qui explorent le passé à des fins pédagogiques grâce à une machine à remonter le temps. Les règles du voyage dans le temps sont simples, il ne faut sous aucun prétexte modifier le cours de l’histoire sous peine de créer un paradoxe temporel aux conséquences désastreuses. Le moindre détail a son importance. Juste un exemple : Empêcher la rencontre entre deux personnes destinées à vivre une belle histoire d’amour c’est aussi empêcher la naissance des bébés qui vont avec cette belle romance. Et si ce bébé devait devenir par la suite Napoléon ou Hitler, c’est la face du monde qui en deviendrait complètement changée.

    Et justement, Ned va être envoyé à la rescousse d’une de ses consœurs pour tenter de réparer le paradoxe temporel qu’elle a créé en sauvant de la noyade un pauvre chat à l’époque victorienne. Mais mal préparé et déphasé par un nombre excessif de voyages dans le temps Ned va encore complexifier la situation par ses maladresses et sa mémoire fragmentaire au lieu de la résoudre. Sa mission commence donc comme un fiasco et il devra faire appel à toutes ses capacités pour se sortir du bourbier dans lequel il s’est fourré.

    Le ton du récit est très léger, il y a beaucoup d’humour dans la prose de Connie Willis. Un humour très fin, à l’anglaise serai-je tenté de dire. Il est particulièrement amusant d’observer les gesticulations de Ned qui tente désespérément de redresser une situation qui lui échappe de plus en plus. Ses quêtes seront multiples: retrouver un chat, empêcher un mariage, en provoquer un autre, trouver une potiche… Rien de très chevaleresque et pourtant Ned n’en est pas moins un héros à part entière.

    Ce roman donne aussi l’occasion à Connie Willis de dresser une caricature féroce de la société victorienne. Les aristocrates « made in England » sont dépeints comme des individus futiles, crédules, précieux et incapables. Au contraire de leurs domestiques sans qui leur petit monde ne tournerait plus. Quelques chapitres sont véritablement extraordinaires : la séance de spiritisme, la partie de croquet et la brocante. Qu’est ce que j’ai pris du plaisir à lire ce bouquin ! Cela faisait vraiment très longtemps que je n’avais pas autant souri grâce à un livre.

    Alors voilà, si vous recherchez un livre original, drôle et finement écrit, Sans parler du chien est incontestablement fait pour vous.

     

     

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    La Maison qui Glissait / Jean-Pierre Andrevon

    Posted By on 29 août 2011

    Science-Fiction
    Le Bélial, mai 2010
    528 pages

    La tour des érables est un HLM quelconque d’une banlieue quelconque. Rien ne la distingue des autres avec ses 300 habitants de toutes origines et de tous milieux. Ce n’est pas non plus une tour où règne l’insécurité. Même si quelques ados mettent parfois le feu aux poudres, plus par désœuvrement que par réelle volonté de nuire. La tour des érables est véritablement marquée par le sceau de la banalité.

    Et pourtant, c’est une épopée horrible et extraordinaire à la fois qui l’attend. Par un beau matin du mois d’août, elle va se retrouver complètement coupée du monde. Un dense mur de brouillard apparaît subitement empêchant de voir à plus de 100 mètres à la ronde. Les appareils électriques et tous les moyens de communications deviennent hors-service. Et puis surtout près de la moitié des habitants de la tour a disparu durant la nuit.

    Où sont-ils passés ? Que cache le mur de brouillard ? Où est le reste du monde ?

    Autant de questions auxquelles devront répondre les résidents de la tour. Et le plus vite serait le mieux, car de nouvelles disparitions surviennent de plus en plus fréquemment et le brouillard semble abriter de bien inquiétantes créatures.

    Une intrigue menée tambour battant par un Jean-Pierre Andrevon en grande forme. Ce livre est un véritable piège. Quand on a le malheur d’y mettre le nez, on a beaucoup de mal à l’en décoller. Remarquable « page-turner » qui vous emmène jusqu’au bout de la nuit.

    Par contre on n’échappe pas complètement à la caricature en ce qui concerne certains personnages. Dommage car peu nous surprennent au final. A une exception près : Vincenzini, le gardien d’immeuble. Voilà un personnage vraiment intéressant : ex-gendarme reversé concierge pour renflouer une maigre retraite, limite facho et pervers. Andrevon le qualifie lui-même de croisement entre « gros dégueulasse et Ducon-Lajoie ». Et pourtant il fera preuve d’un volontarisme à toute épreuve pour essayer de maintenir une certaine forme de cohésion et un semblant d’ordre dans la tour. Actes dérisoires mais essentiels pour retarder l’inéluctable. Et chose surprenante il sera même capable de gestes d’humanité désintéressés.

    Au rayon des déceptions: une entrée en matière un peu molle, d’innombrables coquilles, (Le texte en est truffé, certains personnages allant même jusqu’à changer de nom de famille.) et des scènes de cul inutiles qui desservent le récit.

    Rien de rédhibitoire mais un petit manque de finition qui gâche un peu le plaisir. Mais bon, moi Andrevon j’aime bien et des bouquins de cette trempe j’en redemande.

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    Stalker / Arkadi et Boris Strougatski

    Posted By on 8 août 2011

    Titre original : Piknik na obochine, 1972
    Denoël, 9 avril 2010 (existe aussi en poche)
    222 pages

    J’imagine que je ne suis pas le seul donc je me confesse : j’ai découvert la Zone par le biais du film de Tarkovski puis du jeu vidéo ukrainien, et non du bouquin. J’ai honte, oui, alors fouettez-moi avec des orties fraîches, versez de la cire chaude sur mes tétons, clouez-moi le g… hum, non pas ça.

    S’il est amusant de traquer les éléments repris dans le film puis dans le jeu, il faut bien reconnaître que le livre se tient très bien tout seul. D’entrée de jeu, l’explication extra-terrestre des phénomènes paranormaux de la Zone peut décevoir, mais ce n’est finalement pas si important que cela, même si elle donne sens au titre original (« Pique-nique au nord du chemin »). Non, l’essentiel réside dans la description même de la Zone, où règnent des lois contraires à la physique terrestre. Les scientifiques n’y comprennent pas grand-chose… du coup un voile de mystère plane continuellement sur ce territoire aux atours post-apo. Un territoire que l’on découvre par bribes grâce au Rouquin, un mec brut de décoffrage qui gagne sa croûte en rapportant des artefacts aliens au péril de sa vie. C’est ça un stalker.

    En à peine 200 pages, ce roman dessine les contours déroutants d’un monde à jamais changé par la « visite » furtive d’une civilisation extra-terrestre. Une oeuvre passionnante que je vous recommande chaudement !

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    Radio Libre Albemuth / Philip K. Dick

    Posted By on 8 août 2011

    Titre original : Radio Free Albemuth, 1985 (posthume)
    Denoël, janvier 2006
    378 pages

    Philip K. Dick est un monsieur bien connu pour sa propension à pondre des histoires déroutantes et à construire des univers distordus mettant à rude épreuve la santé mentale de ses personnages. Sauf que cette fois, le monde présenté semble parfaitement réaliste (à première vue en tout cas) et le protagoniste n’est autre que PKD lui-même. Enfin, lui et son meilleur ami fictif, Nicholas Brady.

    Radio Libre Albemuth démarre sur un mode autobiographique avant de dériver vers une uchronie de guerre froide dans laquelle un président américain fictif – Ferris F. Fremont – met en place une politique anticommunisme de surveillance de la population, politique contestée par une organisation nébuleuse appelée Aramchek. Ah et j’ai oublié de vous dire que l’ami fictif de Philip K. Dick recevait dans son sommeil des messages en provenance des étoiles… Télépathie extraterrestre ? Propagande d’un satellite communiste ? Connexion avec le divin ? Philip décide en tout cas de soutenir son pote Nicolas dans cette étrange épreuve.

    A l’instar de « Coulez mes larmes, dit le policier », ce roman se veut une oeuvre d’anticipation très ancrée dans notre réalité et débarrassée du foutras SF high-tech habituel. On y décèlera une critique acerbe de Nixon et, sans doute, une matérialisation des peurs de l’auteur quant à l’avenir de son pays. Le tout écrit de façon très introspective via deux héros complémentaires : Philip et Nicholas. La conclusion, emprunte d’un profond pessimisme mais aussi d’une certaine poésie, invite à découvrir la fameuse Trilogie Divine dont Radio Libre Albemuth constitue le prélude.

    PS : l’adaptation cinématographique ne devrait pas tarder à débarquer…

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    Livres de Sang – Tome 1 / Clive Barker

    Posted By on 8 août 2011

    Titre original : Books of Blood vol.1, 1984
    J’ai lu,  juillet 2001
    248 pages

    Ce recueil est composé de six nouvelles distinctes.

    - Le livre de sang : dans une maison prétendue hantée, un faux médium de vingt ans se paye la tête d’une spécialiste du « psychique ». Il inscrit lui-même des messages censés venir de l’au-delà en les faisant passer pour des manifestations paranormales. Le truc qu’il ne sait pas, c’est que la maison en question se situe bel et bien à un « carrefour » où des pelletées de fantômes se croisent…

    - Le train de l’abattoir (Midnight Meat Train en VO, adapté en 2008 par Ryûhei Kitamura) : le métro new-yorkais est le théâtre d’une série de disparitions. Guère étonnant puisqu’un assassin armé d’un couteau de boucher rôde dans les rames les plus tardives, prêt à s’en prendre aux voyageurs isolés.

    - Jack et le cacophone : un démon mineur reçoit une mission consistant à rendre fou un être humain. Invisible aux yeux des mortels, il possède par ailleurs quelques pouvoirs télékinésiques intéressants. Il ne peut en aucun cas toucher sa victime ou quitter la maison. Le problème, c’est que l’homme en question reste parfaitement insensible aux tentatives d’intimidation du démon qui commence vraiment à tourner en bourrique.

    - La truie : un ancien flic est engagé en tant que professeur dans un centre de réhabilitation pour jeunes délinquants. Il découvre l’existence d’une ferme nauséabonde dans la cour de l’établissement. Les adolescents doivent notamment s’occuper d’une énorme truie évoluant au milieu de ses propres excréments…

    - Les feux de la rampe : un metteur en scène de théâtre dépité doit composer avec une troupe dénuée de talent. Surtout le rôle titre, celui-là même qu’il se tape dans les loges. La date de la première approche et le pièce n’est absolument pas au point, jusqu’au jour où un mystérieux ex-administrateur des lieux apparait et propose ses services…

    - Dans les collines, les cités : un couple d’Anglais fait du tourisme en Europe de l’Est. Perdus dans une région vallonnée, ils tombent nez à nez avec une marée poisseuse et rougeâtre… Du sang. Un village entier viendrait-il d’être décimé ?

     

    Barker fait preuve d’une belle polyvalence, que ce soit au niveau du style, des trouvailles scénaristiques ou des personnages. Le sexe et le sang ont beau être récurrents, on ne peut limiter ce recueil à ces seules thématiques. L’horreur apparait en effet sous diverses formes, avec une véritable volonté de sortir des sentiers battus.

    Ainsi, Jack le cacophone se distingue par son anti-héros venu de l’Enfer en pleine dépression. La truie apporte s’ancre dans une violence banale entre adolescents difficiles avant de glisser vers la menace d’une étrange matriarche porcine. Dans les collines, les cités démontre que cet auteur est capable d’élaborer des visions d’épouvante grandioses. Certaines descriptions s’avère particulièrement soignées et… hum… dérangeantes.

    Sans être terrifiant, ce premier tome propose des histoires surprenantes et accrocheuses. Pour tous ceux qui s’imaginent que l’horreur se limite aux serials killers, aux vampires et aux esprits frappeurs, la surprise risque d’être grande !

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    Coulez mes larmes, dit le policier / Philip K. Dick

    Posted By on 8 août 2011

    Titre original : Flow my tears, the policeman said, 1974
    10/18, novembre 2002
    308 pages

    Coulez les larmes, dit le policier. Derrière ce titre énigmatique se cache un des derniers romans de Philip K. Dick, publié juste avant l’extraordinaire A Scanner Darkly, avec qui il partage un style d’écriture étonnamment affûté (ce qui n’a pas toujours été le cas, notamment au sein d’oeuvres aussi incontournables qu’Ubik ou Blade Runner).

    Difficile de rentrer dans le détail de l’intrigue sans déflorer le petit twist final, très dickien mais un trop vite expédié. Disons juste que l’on retrouve pas mal d’ingrédients typiques d’un bon PKD : société sécuritaire, questionnements sur la perception de l’environnement, modification génériques… Sans parler du héros qui, du jour au lendemain, passe du statut de star du showbiz à celui de parfait John Doe (forcément, ça fait tout drôle et cela soulève quelques interrogations…).

    Si rentrer dans la tête d’un homme intellectuellement brillant dépossédé de son identité titille votre curiosité, tentez donc l’expérience ! Vous découvrirez un bouquin solide, immersif et tout à fait accessible, même si vous n’êtes pas familier de l’auteur.

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    May le Monde / Michel Jeury

    Posted By on 22 juillet 2011

    Robert Laffont, coll. Ailleurs et demain, septembre 2010
    408 pages

    Grand Prix de l’Imaginaire 2011

    May est une petite fille de 10 ans qui est gravement malade. Son pronotique vital est engagé, on ne sait pas si elle survivra.  A des fins thérapeutiques, elle quitte l’hôpital afin d’aller se ressourcer dans la maison de son grand-père au beau milieu d’une grande forêt. Elle sera accompagnée de Thomas, Lola, Nora et de Anne le médecin chargé de suivre sa convalescence.

    Mais on va vite s’apercevoir que dans le monde de May, il y existe d’infinis dimensions parallèles. Parfois les différences y sont minimes alors que dans d’autres les individus perdent complètement la mémoire. Il est possible au cours d’une vie de passer par l’intermédiaire de plusieurs de ces univers parallèles. On y côtoie toujours les mêmes personnes mais leur identité change à chaque fois. (un peu comme dans Mulholland Drive de David Lynch pour ceux qui connaissent). C’est un peu déstabilisant au départ mais fort heureusement, on sait tout de suite dans quel monde on se situe grâce au titre des chapitres. Il faut néanmoins une lecture attentive pour apprécier pleinement ce roman. J’avoue m’être parfois un peu perdu dans ses méandres…

    Aux travers des aspirations de May on perçoit clairement les convictions écologiques de l’auteur : May invente son Mondo Paradisio. Un monde où les animaux, tous les animaux, mêmes les plus nuisibles ont leur place, et ou il faut limiter la croissance démographique humaine…

    May est une petite fille très touchante. Elle est fragile, elle va peut être bientôt mourir mais elle porte en elle la naïveté et l’insouciance propre aux enfants. Certains passages sont vraiment poignants.

    Mais là où j’ai été le plus bluffé c’est par l’écriture de Michel Jeury. Il a inventé comme une nouvelle langue, faite d’anglicismes d’abréviations, de déformations de mots. Esthétiquement c’est une pure merveille. Il y a vraiment eu un gros travail de style et c’est véritablement là que se trouve la force du roman.

    Au final, même si je n’ai pas adhéré à l’intrigue, le roman est largement rehaussé par une très belle galerie de personnages et une écriture lumineuse. Et rien que pour ça, May le Monde a bien mérité le GPI qu’il vient de recevoir.

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    A Dance With Dragons en photo …..

    Posted By on 21 juillet 2011

    … dans une librairie ^^

    Merci à Toon pour la photo =)

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