Les Chemins de Khatovar

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  • Peur aveugle / Graham Masterton

    Posted By on 1 février 2014

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    Titre original : Blinding Panic, 2009
    Bragelonne, 384 pages

    Attention le shaman amérindien Misquamacus est de retour pour nous jouer de mauvais tours ! C’est par un pur hasard que j’ai débuté la saga Manitou par le tome 5 intitulé Peur aveugle. Cela n’a pas été un problème du tout, puisque que les événements et les personnages des tomes précédents nous sont présentés de manière simple mais efficace au fil des réflexions et des tirades d’Harry Erskine. De ce point de vue c’est assez bien fichu.

    Mais on est plus dans le film catastrophe que dans le livre d’horreur avec tous ces accidents d’avions et d’hélicoptère, ces carambolages et ses scènes de pillages… Ce livre d’horreur est plutôt facile d’accès et du coup assez grand public.

    Je ne sais pas si c’est l’auteur ou le traducteur qui a lâché le plus de lest, mais c’est nettement plus soft que Tengu. Le cul se limite aux remarques grivoises d’Harry Erskine, et le gore plus discret qu’à l’accoutumée emprunte ici à l’imaginaire de Clive Barker (l’écorchage, les fusions de corps, le Géant-Tonnerre… sont présents dans Les Livres de sang). Difficile ne pas y voir un hommage d’un maître de l’horreur à un autre, d’autant plus qu’on emprunte pour le background à la mythologie lovecraftienne (Misquamacus doit ses fabuleux pouvoirs aux Grands Anciens et porte un pendentif représentant Cthulhu).

    C’est bien rythmé : c’est assez difficile de s’ennuyer. Mais j’ai retrouvé le défaut de la structure en POV très (trop ?) dispersés avec le récit à la 1ère personne d’Harry Erskine le voyant charlatan, et les récits à la 3e personne de Tyler Jones le cascadeur, rejoint par Tina Freedy la journaliste du L.A. Time (qui ne sert à rien), de Jasmine la camionneuse, rejointe par Ammy l’adepte de la Santeria (qui ne sert presque à rien), le Président des Etats-Unis d’Amérique (que tout le monde croit fou mais qui est peut-être le personnage le plus lucide du roman), et des 4 geeks des Empereurs TI. Les points de vue sont discontinus, donnant un sentiment d’hétérogénéité, et se rejoignent de manière un peu trop forcée. Et une fois les protagonistes réunis, le dénouement s’avère être quand même un beau bordel avec le Géant-Tonnerre, les Tueurs-Yeux, les fantômes des tuniques bleues, un sacrifice héroïque et la résurrection de Celui Qui Etait Parti Et Qui est Revenu.

    Mine de rien on apprend pas mal de choses sur l’histoire et la culture amérindienne. Le récit de la révolte des Pueblos et l’invasion d’une colonie espagnole par les Tueurs Yeux aurait pu à lui seul être l’objet d’un excellent western horrifique.
    Car une fois de plus l’auteur anglais ne se gêne pas pour explorer les pages peu glorieuses de l’histoire américaine, et même s’il ne prend pas véritablement parti sait se montrer néanmoins assez critique. C’est assez savoureux que les WASP qui ont péché par égoïsme aient comme seule porte de sortie pour échapper à la malédiction de Misquamacus l’altruisme. Quelque part c’est un sympathique message humaniste !
    Les agréables références culture populaire disséminées dans le roman font toujours plaisir à un populares comme moi et j’accroche bien à l’humour de l’auteur : le héros finalement ne sert à rien à part distiller quelques bons mots et quelques bonnes blagues, n’étant là qu’au bon endroit au bon moment pour porter le coup de grâce. C’est Amélia Crusoe qui fait tout le boulot aidé par le fantôme de Singing Rock puis le Docteur Snow, et même elle se fait voler la vedette par Tyler Jones qui se la joue Shadow of the Colossus.

    Et ici encore on sent l’histoire qui ferait une adaptation cinématographique du tonnerre.

    Note : 7/10

    Albéric

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    Tengu / Graham Masterton

    Posted By on 30 janvier 2014

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    Titre original : Tengu, 1983
    Fleuve Noir, 416 pages

    L’entrée en matière est vraiment bien troussée à l’image du roman dans son ensemble : un chouette roller-coaster !
    On suit dans la trivialité du quotidien la starlette d’un quelconque soap opera angélitain, passage aux WC et description du vibromasseur y compris, avant d’envoyer tout bouler avec une scène bien gore qui lance le roman. Pourtant ce n’était pas faute de nous avoir prévenus dès la 1ère phrase ! Et l’auteur va tout naturellement rythmer son récit du début à la fin par une succession de scènes horrifiques et horrifiantes de bon aloi.
    Tout le fantastique du roman (et donc toutes les scènes gore qui vont avec) est amené par un démon japonais. Dommage d’avoir développé uniquement l’un des sept Kami noirs évoqués par les légendes japonaises, cela aurait amené plus de diversité aux situations et aux scènes d’action.
    On vogue quand même un peu sur la nippophobie des années 80 avec des piques contre Datsun, Sony, Toshiba, Toyota, Panasonic et les whiskies Suntory… Mais sans vouloir trop en dévoiler, on est plus proche de Black Sun que de Soleil Levant. En effet niveau intrigue, une fois qu’on a compris qui était les « colombes brûlées » et les « aigles en flammes », qui donnent leurs noms aux 2 parties du livre, on devine assez facilement comment tout cela va finir… Très mal évidemment donc sad end garantie !
    En effet l’auteur se garde bien de prendre parti pour l’un ou l’autre camp du roman. Quoique, mine de rien, il y a des passages très critiques sur la stratégie américaine lors de la Guerre du Pacifique et dans le grand final on brouille les pistes puisqu’on combat le mal absolu par un autre mal absolu.

    On nous offre une galerie humaine bien fournie, mais là où un Stephen King se concentre sur la vivisection de l’Amérique moyenne voire profonde, Graham Masterton collectionne volontairement has been et ripoux, des petits poissons aux gros requins… Cette force peut aussi être une faiblesse car si l’alternance des POV permet de bien rythmer et bien varier l’intrigue, le fil directeur ne se laisse pas facilement attraper entre les dupes de Kappa qui enquêtent sur leur mystérieux commanditaire, les forces de l’ordre complètement larguées et un drôle de Scooby gang composé d’un vétéran traumatisé de la WWII, d’un intermittent du spectacle, d’un culturiste nommé El Destructo et d’un créateur de richesses véreux…

    Et attention il y a du cul. On ne saurait oublier qu’en plus d’avoir rédigé des manuels d’érotisme, l’auteur a été le rédacteur en chef du magazine Penthouse : c’est cru, varié et explicite donc pornographique. Il y a même des trucs sado-maso assez sales et quelques pratiques carrément glauques avec des **** et des ****… Mais cela ne vient jamais vampiriser l’intrigue ou l’ambiance horrifique.

    Le fin est un peu précipitée, mais qu’importe ma 1ère incursion dans les univers de Graham Masterton est une réussite. Mieux ce roman daté de 1983 a très bien vieilli, car au-delà du background eighties, j’ai presque eu l’impression d’être devant une version fantastique de la série culte 24h chrono. Le concept est supra-cool car oui ce roman pourrait être l’objet d’une adaptation cinématographique du tonnerre…

    Note : 8/10

    Albéric

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    Le Maître des ombres / Roger Zelazny

    Posted By on 26 janvier 2014

    Titre original : Jack of Shadows, 1971
    Folio SF, 240 pages

    Un Zelazny pour moi très décevant, non parce que trop court, mais parce que carrément le cul entre deux chaises. Dans la 1ère partie nous suivons la quête de vengeance de Jack, un Arsène Lupin qui va se muer en Edmond Dantès. On apprend très (trop) rapidement son amour pour la belle Evène, sa rivalité avec le Seigneur des Chauve-Souris et le complot pour se débarrasser de lui. Arrêté et exécuté, nous suivons sa résurrection puis sa traversée de la fosse aux immondices de Glyve lors de chapitres crépusculaires et fangeux qui lorgnent sur les classiques de la littérature gothique. On retrouve là tout le talent de l’auteur.

    De plus un univers très intéressant est esquissé avec une opposition entre une face éclairée régie par la science, peuplée par les Diurnes mortels, et une face obscure régie par la magie, peuplée par les Nocturnes quasi immortels. Les souverains de ses derniers sont les Seigneurs de l’Ombre qui disposent d’immenses pouvoirs au sein de leur domaine, et parmi eux Jack est l’électron libre car c’est le seul dont le pouvoir n’est pas lié à un lieu géographique. L’auteur ne fait rien pour rendre sympathique sa création : Jack est un kleptomane égocentrique atteint du syndrome de Münchhausen et comme Jack croit à ses propres mensonges, peut-on croire au récit qu’il nous raconte ?

    Passé son évasion de son Château d’If, on bascule dans le conte philosophique avant de tomber finalement dans le drame eschatologique. Dans la 2e partie on progresse par ellipses au pas de course pour arriver là où l’auteur veut nous emmener à savoir montrer que Jack est un nouvel avatar du trickster, cette figure quasi universelle de celui qui amène le chaos nécessaire au changement. Il est ainsi à ranger aux côté d’Anazi, Coyote, Loki et Prométhée (après tout, le récit débute par le vol d’une flamme qui tourne mal). Rien n’est laissé au hasard : les discussions sur la perception du réel et sur la dualité de l’être font la part belle aux allégories platoniciennes. Mais l’auteur abandonne le récit et ses personnages pour développer des allégories psychanalytiques, et à force de bazarder ce qu’il avait mis en place dans sa première partie, le récit part à vau-l’eau et on finit par se désintéresser des dialogues de Jack avec l’âme de Jack, ou des conversations cryptiques avec Etoile du Matin ou Rosalie… Car sa recherche de pouvoir est expédiée en quelques pages, sa vengeance en quelques phrases, sa conquête de la face obscure en quelques mots (donc gare aux WTF !).

    Jonathan Lombre, universitaire expert en ethnologie et en sociologie des Nocturnes… aussitôt amené, aussitôt évacué. Borshin l’homoncule : WTF ou allégorie des pulsions de mort propre à chaque individu ? Evène suivie par son fantôme en pleur, Rosalie prise dans un paradoxe temporel… L’arrêt du Traité, le voyage au centre de la Terre, la volonté de changer (ou détruire ?) le monde… rien n’est clair et l’auteur n’a aucune intention de l’être : il réduit au silence le seul personnage du roman qui en avait les clés ! Ayant réalisé tous ses rêves et assouvis tous ses désirs, Jack est toujours insatisfait… Mike Moorcock était quand même plus subtil dans les métaphores dans son Chaland d’or.

    L’agent du changement de ce monde figé est donc est le maître des ombres, ombres qui dans les mythologies anciennes était les anges gardiens bons aux mauvais des âmes de chacun. Jack fusionne avec son âme et le monde scientifique fusionne avec le monde magique. Fin (ouverte et ambiguë si vous ne la jugez pas bancale voire fumeuse).

    Bref une œuvre assez expérimentale que je déconseillerais aux easy readers : ce n’est vraiment pas une bonne porte d’entrée pour les univers de Roger Zelazny. Sans doute à réserver aux inconditionnels de l’auteur et aux curieux.

    Note : 5,5/10

    Albéric

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    Bohème / Mathieu Gaborit

    Posted By on 23 janvier 2014

    Mnémos : mars 2008, paru initialement en 2 romans en 1997
    288 pages

    Le roman (antérieur, parallèle ou postérieur au jdr Ecryme) est lui-même est divisé en 2 parties, et au vu du nombre total de pages on peut tenter l’expérience sans se perdre dans des centaines de pages qui pourraient déplaire aux éventuels futurs lecteurs) :

    * Les Rives d’Antipolie qui se résume en une quête des secrets de l’Ecryme dans une Europe divisée entre régimes autoritaires nationaux et mouvements révolutionnaires internationaux (chacun espère trouver dans la cité cachée de Bohème un avantage décisif dans les conflits qui s’annoncent)
    * Revolutsyia qui pourrait constituer un mélange fantastique entre l’Octobre de Sergeï Einsentein et Le Docteur Jivago de David Lean

    Bohème est une intéressante uchronie (qui utilise d’ailleurs le calendrier révolutionnaire français…) qui mélange des aspects steampunk avec ses trains, ses ballons et ses dirigeables, ses échassiers et ses scaphandriers, des aspects post-apocalyptique avec cette Europe rongé par un brouillard toxique qui ne cesse d’engloutir de nouvelles terres et de nouvelles structures, et des aspects fantastiques qui s’accentuent dans la 2e partie avec l’apparition des créatures d’Ecryme.
    Il s’agit d’un traitement original de l’Europe de l’Âge Industriel avec beaucoup de bonnes trouvailles, au-delà des mystères de l’Ecryme. Le roman aborde à la fois les exactions des régimes autoritaires et les dérives des mouvements révolutionnaires. Aborder des thématiques politiques et sociales, c’est assez rare en fantasy pour être signalé. Quand le roman bascule dans le fantastique de nouvelles thématiques apparaissent, mais la fuite en avant dans l’onirisme nuit à la bonne compréhension de l’intrique et abouti à un dénouement très flou…

    Mathieu Gaborit nous offre aussi une belle galerie de personnages de Louise Kelchelev la froide avocate duelliste à Igor Bladiek le complètement barré conteur populaire. Mais on d’autant plus de mal à s’attacher à eux que l’auteur lui-même se semble pas trop s’attarder sur leur sort : des personnages secondaires intriguent mais disparaissent au fur et à mesure que d’autres apparaissent comme le hussard Léon Radurin, l’assistant Igcho, la famille Koropouskine, les frères Bobovitch, Diotch le savant fou…
    Je trouve que tout cela manque d’approfondissement et qu’on se retrouve avec un roman très inabouti. Mais il est tellement atypique qu’il pourrait quand même valoir le détour : aux futurs lecteurs de se faire un avis !

    Un univers qui mélange fantasy et steampunk, de nombreuses trouvailles ingénieuses, des pistes intéressantes notamment concernant les problèmes politiques et sociaux, des héros auxquels on a du mal à s’attacher… Cela rappelle quelques peu les œuvres de China Miéville, mais ce dernier boxe dans une catégorie supérieure.
    Malgré mes grosses réserves j’ai passé un bon moment surtout en écoutant durant la lecture Les Braves Cosaques, Plaine ma Plaine, Korobeiniki, Le Rocher sur la Volga, Troika, Le Chant des Partisans, Kalinka et autres classiques…

    Note : 6,5/10

    Albéric

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    Alien no exit / Brian Evenson

    Posted By on 24 novembre 2013

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    Titre original : Alien : No Exit, 2008
    Le Cherche-Midi, 336 pages

    L’introduction qui ajoutait au côté horrifique de la saga Alien une narration hard boiled était de bon augure. Mais la 1ère partie techno thriller s’avère finalement assez plan plan (des intrigues mégacorporatistes dont on ne comprend pas vraiment les tenants et aboutissants, avec des personnages pas toujours facilement identifiables car trop rapidement survolés et quelques incohérences des familles également).
    Ensuite survient le twist et les homines crevarices, appelés par certains « créateurs de richesses », prennent le pouvoir.
    Débute alors un survival plaisant car rondement mené : pour s’échapper d’un point A, les 7 survivants confrontés aux thématiques survivalistes habituelles (comme l’euthanasie des infectés et la récupération de ceux qui ne le sont pas encore, ou que faire des blessés…) doivent traverser une zone B infestée d’aliens pour rejoindre un vaisseau en état de marche au point C. Dommage que la fin ouverte soit un peu facile voire un peu fumiste.
    Tous les passages obligés de la saga sont là : le réveil de stase, la présentation des personnages et des enjeux à la cantine, le briefing de mission, le cadre sup sociopathe prêt à tout et au reste, la Weyland-Yutani qui ne pense qu’aux moyens de faire plus de pognon, le bestiaire habituel d’un côté (œufs, facehuggers, chestbursters, drones, reine…), et les individus avec le mot victime tatoué sur le front d’un autre côté (l’androïde caché qui révèle son identité, les troufions spatiaux, la tête, les jambes, le geek et la pouffe qui n’arrête pas de crier « quelle chose affreuse, c’est abominable, c’est abominable. Quelle horreur on va tous mourir ! »). Et bien sûr le huis clos, les passages bouchés par le creep, la traversée du nid, les créatures planquées dans le noir et les pourritures en costards-cravates ou en blouse blanche derrière un écran… Bref le cahier des charges est bien rempli !

    Sauf que cela ne fonctionne qu’à moitié pour 3 raisons :
    – le mythe de la créature et la thématique du viol sont quasiment démystifiés
    Tout le monde est au courant de leur existence, donc aucune peur face à l’inconnu.
    Tout le monde n’hésite pas à recours au simple flingue pour dézinguer les créatures.
    Tout le monde est équipé de neutralisateurs d’acide dont les réserves semblent inépuisables.
    Bref niveau qualité et efficacité on est plus près d’Alien versus Predator que la saga cinématographique d’origine
    – les Kramm, Frances, Bjorn, Jolena, Kelly, Duncan, Gavin, auraient pu être réussis si on avait pris la peine de bien les camper avant de les confronter aux horreurs humaines et aliens, car là grosso modo comme dans un mauvais slasher on zoom sur eux juste quelques instants avant qu’ils ne crèvent salement
    – force est de constater que c’est quand même écrit et / ou traduit par-dessus la jambe…

    Pas de la grande littérature mais de la bonne novellisation qui remplit honnêtement son office : c’est vite lu et vite oublié et c’est très bien ainsi. Avis aux easy readers bien avertis qui ici ne devraient pas trop perdre leur temps.

    5/10 pour la partie techno-thriller, 7/10 pour la partie survival donc un 6/10 final

    Albéric

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    Warbreaker / Brandon Sanderson

    Posted By on 4 novembre 2013

    Titre original : Warbreaker, 2009
    Orbit, 560 pages

    Après la grande déception que fut pour moi L’Alliage de Justice, c’est assez réticent que je me suis lancé dans ce Warbreaker. J’ai mis du temps à me prendre au jeu, mais ce simili-remake de L’Empire Ultime était un page-turner agréable.
    Le burb de Michael Moorcock est à double tranchant, car il peut être interprété comme un compliment ou comme une pique. L’épée noire buveuse d’âme ? Un immanquable et gigantesque clin d’œil à Stormbringer. On aurait pu approfondir cet élément pour aller vers le jdr culte Bloodlust. Oui mais non.

    Le prologue est très ambivalent : à un sosie de Kelsier plongé dans une ambiance éminemment Sword et Sorcery, on accole des explications rôlistiques issus d’un quelconque D&D dignes d’un mauvais Feist.
    1) l’ambiance Sword & Sorcery on ne retrouve quasiment plus par la suite
    2) l’intriguant donc intéressant personnage de Vasher on le reverra très peu
    3) les balourdises rôlistiques, elles par contre vont réapparaître de manière épisodique mais lourdingue
    Cela manque de naturel, c’est répétitif et on construit des chapitres ou des pans entiers de l’intrigue là-dessus… Et en plus toute l’économie des Souffles avec ses dons, ses contre-dons et l’exploitation des masses défavorisées au profit d’une minorité ultrafavorisée est entièrement pompée sur les dédiés de David Farland (normal Brandon Sanderson a travaillé pour lui comme assistant de cours d’écriture).

    Un univers coloré avec ses pluies et maladies tropicales (distrentie = dysenterie, tramaria = malaria), une jungle omniprésente et d’immenses chants de fleurs, d’épices ou de plantes tinctoriales, une hiérarchie sophistiquée de multiples castes sacerdotales au service d’un dieu vivant censément tout-puissant… On pouvait facilement imaginer une transposition high fantasy des civilisations mésoaméricaines ! Oui mais non car cet univers se résume à une ville et cette ville se résume à un palais. On retombe trop facilement dans le huis-clos courtisan (voire dans le soap nobiliaire). Fin du rêve.
    A à la noirceur et aux brumes de Luthadel succèdent la lumière et les couleurs de T’Telir. On retrouve une théocratie bureaucratique et une ploutocratie marchande. On retrouve des masses honteusement exploitées au profit d’une minorité. Le Roi-Dieu remplace le Seigneur Maître et Vasher pourrait remplacer Kelsier. On suit sur 550 pages les aventures des princesses rebelles pucelles Siri et Vivenna, et les sarcasmes du Divin Rappelé Chanteflamme le Hardi (personnage très sympa au destin plutôt assez gemmellien) : on nous laisse dans le schwartz concernant les éléments importants de l’intrigue (qui veut la guerre et pourquoi veut-on la guerre ?) pendant la majeure partie du roman tout en nous teasant avec mini complots, mini révoltes, mini investigations qui permettent de faire oublier qu’on flirte dangereusement avec la frontière du tirage à la ligne. On distille au compte-goutte actions et révélations qui font avancer l’intrigue avant le final, et dès que cela ronronne un peu trop on place 1 rebondissement, 1 twist ou 1 révélation, pour aller de l’avant. Si vous adhérez à l’histoire contée par Brandon Sanderson, ce n’est pas trop perceptible. Dans le cas contraire cela peut devenir assez rébarbatif, car on peut en raconter 2 fois plus en 2 fois moins. Et à ce petit jeu-là, cela peut vite tomber carrément à plat : attention aux vrais faux rebondissements moisis.

    Mais tout ceci reste très plaisant car il s’agit d’un gros revival David Eddings ! C’était déjà perceptible dans la relation Elend / Tindwyl qui ressemblait fortement à la relation Garion / Polgara. Une théocratie tropicale à la tête d’un empire méridional qui vit du commerce des marchandises exotiques, un nid de prêtres comploteurs et d’esclaves complices ou rebelles au service de fausses divinités ne se rendant pas compte qu’ils sont les dupes aisément remplaçables d’un système qui marche très bien sans eux… Warbreaker se distingue de L’Empire Ultime en piochant allègrement dans La Reine des sortilèges.
    On ne peut pas passer à côté de la parenté : on retrouve le ton, l’humour et les dialogues à la Eddings, ses intrigues, ses personnages, ses thématiques… Tous les amateurs de l’auteur devraient bien se régaler, mais son style très plaisant avait ses limites : en appuyant sur l’humour et le 2e degré, impossible de développer à fond la tension et le suspens du 1er degré.
    Toutefois c’est truffé de trucs horripilants pour un lecteur exigent : l’auteur n’est pas dupe car il qualifie ses propres personnages de pudibonds, de naïfs, de crétins/crétines. Difficile de ne pas être d’accord avec lui ! C’est presque comme s’il excusait de l’inclusion d’éléments BCF.
    Entre les romances d’une pudibonderie mormone et les réflexion morales d’une incroyable naïveté, on se croirait dans de la fantasy romantique Young Adult. Ajoutons aussi des répétitions malvenues dans le vocabulaire, dans les expressions et dans les explications qui peuvent se montrer aussi horripilantes que des coquilles, des fautes de français ou des fautes de traduction. On ne peut pas accuser le travail de Mélanie Fazi auquel le succès de l’auteur en France doit beaucoup.
    Et on n’échappe pas à certains stéréotypes : les noms de lieux avec apostrophes / tréma / accents circonflexes et des termes techniques grandiloquents que ne servent à rien… Et l’épilogue frôle le FDG car il en propose plus que toutes les pages que précède (c’est pour obliger les lecteurs à acheter l’hypothétique suite).

    Un roman très plaisant de Fantasy néoclassique qui donnera satisfaction à un large public car il a été conçu pour atteindre cet objectif. De là à le qualifier de nec plus ultra, cela sera sans moi car on est en-dessous de Fils-des-Brumes qui avait bien plus de qualités et bien moins de défauts… De plus, les lacunes récurrentes montrent qu’on n’évolue pas :
    – On aurait pu avoir de la fantasy militaire basé sur la multiplication des frankenstein…
    – On aurait pu avoir des conflits géopolitiques autour des ressources tropicales…
    – On aurait pu creuser la quête d’identité de ces divinités amnésiques…
    – On aurait pu creuser l’exploitation des masses laborieuses…
    Oui mais non : n’en demandons pas trop à un auteur qui fait preuve d’une grand originalité en recyclant Eddings, Farland et Moorcock sans jamais les citer, tout en développant le même schéma narratif pour la 7e fois : distiller un faux-rythme durant des centaines de pages avant d’assommer ses lecteurs sous une avalanche de twists / whodunits / révélations dans les 75 dernières pages.

    Note : 7,5/10

    Albéric

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    La Guerre des dieux 1 : Le Serment de l’épée / David Weber

    Posted By on 13 octobre 2013

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    Titre original : Oath of Swords, 1995
    L’Atalante, 336 & 228 pages (cela ne pouvait pas tenir en 1 seul livre ?)

    On passera sur les couvertures de Miguel Coimbra qui ont le bon goût de bien correspondre au contenu des romans, mais on s’interrogea sur la malédiction mercantile qui a obligé l’Atalante à découper en 2 un roman de moins de 600 pages (ce procédé qui a tout de l’arnaque gâche en plus la cohérence et le rythme de l’ensemble).

    A lecture de l’avis du site dit de référence, je ne m’attendais pas à une lecture aussi sympa ! Ce cycle qui puise dans les classiques a débuté en 1995 et en lorgnant sur la fantasy d’antan, cela a le goût de la fantasy d’antan : certains vont détester, et c’est tant pis pour eux, d’autres vont bien aimer, et c’est tant mieux pour eux.
    Pour ma part, avec ce qu’on pourrait juger de bon Feist j’ai presque redécouvert le plaisir de mes débuts en fantasy et les sensations que j’ai eu avec la saga Lodoss.
    Dans un univers d’heroic fantasy pur jus, le frère caché de Gandalf à la tête d’un Conseil Blanc embauche Conan et Tristelune pour combattre les sbires de noires divinités.
    On mélange agréablement Howard, Tolkien, Leiber et Moorcock (mais encore faut-il avoir des atomes crochus avec ces maîtres incontestés et incontestable du genre) avec un worldbuilding qu’on pourrait juger classique mais qui a le bon goût d’éviter les tolkieneries, les conaneries et les donjoneries & dragoneries qui en découlent.
    Depuis la guerre des Sorciers qui a conduit à la chute de Kontovar, la magie est proscrite quand elle n’a pas disparu. Les survivants de ces jours sombres ont reconstruit la civilisation en Norfressa, mais la guerre éternelle entre les dieux blancs et les dieux noirs ne s’est jamais véritablement achevée…
    Alors oui, on retrouve des elfes, des nains et des semi-hommes, mais l’histoire se concentre sur les heurs et les malheurs de 2 Hradanis (des « hommes-renards » berserkers). Nous suivons donc les aventures d’un prince Voleur de Chevaux qui a bien du mal à respecter son rang et son statut et un apprenti barde Épée Sanglante qui ne ménage pas ses efforts pour se distinguer de ses congénères brutasses.
    C’est presque dommage que les aspects géopolitiques et les intrigues des débuts soient vite oubliés… Gageons qu’ils feront leur retour dans Les Champions de Tomanak et Les Cavaliers du vent !
    Et il y a un petit côté western qui se transforme en grand côté roadmovie avec nos compères qui après leur cavale escortent un maître caravanier nain puis une mystérieuse gente dame de l’Empire de la Lance. Les scènes de combat sont courtes, âpres et violentes : elles apportent un véritable plus à l’ensemble.

    La prose est simple et aisée donc facile d’accès : on retrouve le plaisir de la ligne droite où une péripétie et sa résolution nous emmènent vers une nouvelle péripétie et Frank Reichert est à l’aise dans cet exercice de style. C’est appréciable de voir l’histoire débuter à la page 1 ce qui permet de zapper la traditionnelle mise en place. Pour ne rien gâcher, David Weber en vieux routard de la SF aborde le genre Fantasy avec humilité et modestie puisque que toutes ses inspirations sont assumées par des clins d’œil savoureux pour les hardcore readers. Ainsi impossible de manquer le colosse barbare sauveur de la veuve et de l’orphelin qui hait les sorciers !

    Le style est léger, les personnages sont amenés de manière un peu forcée, il y a pas mal de naïveté et on doit se coltiner quelques passages explicatifs assez lourds (genre les discours d’Obi Wan Kenobi sur le côté obscur de la force)… mais tout cela est désamorcé par une bonne dose d’humour !
    – le héros qui n’arrête pas de maudire sa tête trop petite et son cœur trop grand…
    – le héros qui balance à la flotte le prophète qui lui parle de quête et de destinée manifeste…
    – le héros qui n’arrête de fustiger le TOC qui l’oblige à secourir les faibles martyrisés par les forts…
    – ou les demi-elfes nobles d’esprit et de cœur chez Tolkien, ici dépeints comme des connards carriéristes TPLG !
    Le 2e degré amené par l’auteur m’a bien plu, mais cette dimension est toujours subjective.

    Rien d’extraordinaire au final mais pourquoi rechercher l’exceptionnel là où l’agréable suffit très largement ! Qui pourrait être véritablement intéressé par de tels romans ? Peut-être les nostalgiques, les easy readers, les lecteurs à la recherche d’un cycle agréable pas prise de tête… Bref la très grande majorité du lectorat fantasy qu’on se le dise. Y compris moi qui lira la suite avec plaisir.

    Note : 7/10

    Albéric

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    Les Elfes de fer 2 : Les flammes du désert / Chris Evans

    Posted By on 18 septembre 2013

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    Titre original : The Light of Burning Shadows, 2009
    Fleuve Noir, 300 pages

    Chris Evans a affiné sa formule depuis le tome 1 en expurgeant 150 pages de tirage à la ligne :
    – les méchants caricaturaux se font moins caricaturaux et surtout beaucoup plus discrets
    – les concepts clés sont moins flous (les ryk faur, les sarka har, le serment, les elfes fous, la magie de Rallie…), à part celui des Etoiles qui lui reste vraiment très nébuleux
    – exit la romance à 2 sous entre Konowa et Visyna
    – c’est plus court, mieux écrit et mieux construit
    – et les twists se devinent moins aisément !

    Mais ce n’est qu’une version 1.1 du 1er tome et cela ne décolle toujours pas :
    – 100 pages de blabla, 100 pages de péripéties secondaires pour faire du teasing
    – plusieurs factions en route pour retrouver une étoile et l’escouade de l’arbalétier nain Yimt, qui vole la vedette au personnage principal, part en éclaireur
    – on troque la jungle contre le désert mais ce n’est pas exploité et on n’évite aucun cliché
    – la bataille finale est encore une fois un gros bordel avec tous ses rebondissements grosbills

    Il y a bien quelques thèmes intéressants (impérialisme, colonialisme, esclavagisme; écologie), mais c’est à peine évoqué au détour de quelques dialogues qui ne vont pas très loin. A 30 pages de la fin l’auteur nous explique que le temps des intrigues est fini. C’est gentil de sa part de prévenir les lecteurs, parce qu’avec les mini-mystères maxi prévisibles, cela n’intriguait vraiment pas des masses.

    Je m’attendais à de la Flintloque Fantasy de bon aloi et au gros revival napoléonien mentionné par certains, et je me suis retrouvé avec un remake assez moyen de La Momie de Stephen Sommers et ce n’est pas les gros clins d’œil à Indiana Jones et les Aventuriers de l’Arche Perdue qui vont amoindrir ma déception. Mais cela reste toujours assez frais par rapport au tout-venant médiéval-fantastique.

    Note : 6/10 (j’ai toujours la désagréable impression d’être gentil, mais passons…)

    Albéric

     

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    Les Elfes de fer 1 : La Souveraine des Ombres / Chris Evans

    Posted By on 18 septembre 2013

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    Titre original : A Darkness Forged in Fire, 2008
    Fleuve Noir, 444 pages

    Chris Evans a eu la bonne idée de transposer les codes de la High Fantasy aux romans d’aventures exotiques du XIXe siècle. J’ai osé rêver d’un mélange entre Le Seigneur des Anneaux et Les Trois Lanciers du Bengale mais on se retrouve avec un mélange de La Légende de Drizzt et d’Indiana Jones et le Temple Maudit… Ce qui n’aurait pu être intéressant ou à défaut sympa si le résultat n’était pas si maladroit.
    Elfes, Nains, Orcs et cie reprennent les rôles jadis dévolus aux peuples du monde entier conquis et dominés par les sujets de Sa Gracieuse Majesté : des réflexions sur le colonialisme et la colonisation sont évoquées mais jamais développées. Michael Moorcock avait plus de couilles dans les années 1960 en passant au vitriol l’impérialisme britannique dans Elric de Melniboné !

    C’est assez linéaire et très prévisible car le roman se résume par une longue mise en place truffée de dialogues parfois inutiles menant sans réelle transition à la grosse baston finale. Et à l’image des blockbusters hollywoodiens, c’est aussi truffé d’incohérences diverses :
    – c’est rempli de trucs qui fonctionnent ou ne fonctionnent pour faire avancer l’histoire et justifier les péripéties
    – la romance développée est tellement mal fagotée qu’elle sera totalement abandonnée dans le roman suivant
    – le côté horrifique tombe à plat vue la facilité avec laquelle on se débarrasse des horreurs millénaires
    – l’humour usitée ne fonctionne pas vraiment (genre le pélican messager alcoolique…)
    – cerise sur le gâteau, c’est la foire aux vilains de pacotille plus cabotineurs tu meurs !

    Néanmoins en lorgnant sur les terres de la Flintloque Fantasy, certaines scènes sentent effectivement bien la poudre et c’est assez frais par rapport au tout venant médiéval-fantastique de la Big Commercial Fantasy.
    Un roman honnête et relativement rythmé, mais assez décevant au vu du pedigree de l’historien militaire qu’est l’auteur qui ici se contente de mixer les clichés de 2 genres littéraires (le cycle finissant en eau de boudin, il constitue un vaste coup d’épée dans l’eau et c’est bien dommage).

    Note : 6/10 (j’ai la désagréable impression d’être gentil, mais passons…)

    Albéric

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    Heris Serrano 1 : Partie de Chasse / Elisabeth Moon

    Posted By on 14 septembre 2013

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    Titre original : Hunting Party, 1993
    Bragelonne, 336 pages

    Je suis mitigé car je m’attendais à bien mieux.
    Pas de commentaires sur la couverture de Didier Florentz…

    Le livre est divisé en 2 parties :

    Dans la 1ère partie nous suivons Heris Serrano, officier militaire en disgrâce, et Lady Cecilia, aristocrate pas en disgrâce mais presque, à bord du yatch intersidéral Le Beau Plaisir. On devine rapidement que ces 2 personnages incarnent diverses facettes de la personnalité de l’auteure (réelles ou fantasmées). Cette mise en place n’est pas soporifique mais on ne peut pas dire qu’elle soit palpitante. Les dialogues s’attardent sur la gastronomie, la mode, la décoration, les potins mondains, l’équitation… Tandis que les péripéties s’attardent elles sur des problèmes de plomberies, une affaire de contrebande qui frôle le WTF tellement elle n’est ni amenée ni exploitée, et sur les mini-sabotages d’un aristocrate branchouille pourri-gâté.

    Dans la 2e partie on oublie les 2 figures féminines pour se concentrer sur l’ado relou et ses potes bobos dans un merdier qui annonce avant l’heure le roman phare de Suzanne Collins : ce n’est pas inintéressant, bien au contraire, mais comme on met en avant des personnages qui ont été survolés dans les 200 pages précédentes la transition est rude… D’autant plus que le twist balance à peut près tout en quelques pages sans aucune finesse (ce qui tue à peu près tout suspens).

    L’auteure ne ménage pas ses efforts pour transposer les codes du roman victorien au space-opéra (on peine à voir la différence entre la monarchie britannique et l’univers dans lequel évolue les personnages)… Mais à un point où on se demande à quoi sert tout le background science-fictionnel : arrivé à ce niveau autant écrire un roman historique !
    Les références littéraires à Orgueil et Préjugés, aux Chasses du Comte Zaroff, et à Sa Majesté des mouches renforcent de ce sentiment.
    Le happy-end fait 30 pages et privilégie une romance qui déboule de nulle-part…WTF !
    Et on s’attarde beaucoup sur un personnage apparu peu auparavant… WTF !

    Néanmoins j’ai trouvé cela assez bien écrit, sans doute grâce à la traduction de Mélanie Fazi qui arrive à rendre à peu près n’importe quoi fluide et agréable. Je reste persuadé que nombreux / nombreuses sont ceux qui vont mieux apprécier que moi ce roman.

    Note : 6/10

     Albéric

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