Les Chemins de Khatovar

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Harold Lamb, Les Lames cosaques tome 1 : Le Loup des steppes (VO 1917/1918, VF 10/2015)

Résumé tome 1 : Le Loup des steppes
On le nomme Le Loup, le Père des Combats, l’Homme au Sabre Incurvé… Aventurier et vagabond, Khlit le Cosaque parcourt les montagnes et les déserts d’Asie en guerrier intrépide, ne répondant qu’à l’appel du sang et de l’acier. Mercenaire à la ruse légendaire, ce vétéran aux cheveux gris se défait de ses nombreux ennemis aussi bien grâce à son esprit affûté qu’au tranchant de sa célèbre épée. Toujours armé de cette lame que tous redoutent, il sillonne le monde en loup solitaire, l’oreille tendue. Car là où résonnent les trompettes de la guerre, Khlit n’est jamais loin…

La petite structure Callidor lance sous la direction de Thierry Fraisse la collection « Âge d’Or de la Fantasy »… Vous pensez bien que je me devais d’être de la fête ! (en attendant, l’absence des prescripteurs d’opinion se fait cruellement sentir, mais connaissant les bestiaux je n’en suis aucunement surpris…)

Sous la plume d’Harold Lamb traduite par Julie Pettonnet-Vincent, c’est entre la Russie des Riourikides et la Chine des Ming, que nous explorons la frontière entre civilisation et barbarie avec les nomades cosaques, turcs et mongols qui nous offrent moult batailles monumentales et trahisons colossales.
Car vint Khlit le Loup, le regard sombre, l’épée au poing, aux accès de mélancolie tout aussi démesurés que ses joies, pour fouler de ses sandales les trônes constellés de joyaux de la Terre… (Ce vétéran de la steppe est le frère caché de Conan ou d’El-Borak (R.E. Howard), à moins qu’il ne s’agisse du père caché de Druss la Légende ou de Dakeyras dit Waylander (David Gemmell) !)

Khlit : novembre 1917
Au milieu du Dniepr, au sein du Sietch des Cosaques Zaporogues, le vétéran Khlit et la vipère Taravitch parient toute leur fortune sur l’arrivée en fanfare ou la non-arrivée en fanfare de Menelitza le fils adoptif de Khlit. Le rusé Taravitch multiplie les fourberies, mais au final tel est pris qui croyait prendre ! Que voilà une sympathique introduction…

La Gueule du Loup : janvier 1918
Alors que les Cosaques sont partis en guerre contre les Polonais, les Tatars de Mira Khan en profitent pour multiplier les leurs razzias en territoire ennemi… C’est donc tout naturellement que Khlit resté au pays part à leur poursuite pour récupérer la belle Alevna pour laquelle se pâme son fils adoptif Menelitza, et grâce à l’aide du marchand juif Yemel, il monte un stratagème pour prendre à son propre jeu le Khan des Tatars de Crimée !

Tal Taulai Khan : février 1918
Devenu trop vieux aux yeux des siens devenus envieux de sa réputation, Khlit le Loup est poussé à la retraite dans un monastère… Mais il rompt alors avec eux en partant à l’aventure au-delà de la Mer de Sel (la Mer Caspienne) pour se porter à la rencontre du célèbre Khan des Kallmarks noirs. Il y retrouve son ennemi juré Mira Khan qui souhaite s’allier avec son homologue pour écraser les Cosaques Zaporogues… Seul, entouré d’ennemis, promis à une mort certaine, Khlit parvient à retourner la situation à son avantage en retournant les uns contres les autres ! L’Occident est sauvé mais ne saura jamais rien de celui qui l’a sauvé…

Alamut : août 1918
Khlit, le Cosaque serviteur du Christ, et Toctamish, le Tatar serviteur d’Allah, deviennent bon gré mal gré frères d’armes au service de la belle persane Berca qui ne vit que pour se venger d’Halen ibn Shaddah le Cheik des Refiks, Maître d’Alamut et héritier du Vieux sur la Montagne des Assassins ! Ouais, une buddy story débutant 60 ans avant les buddy movies avec un chrétien et un musulman s’en allant ensemble casser la gueule aux fascistes de DAESH et leur paradis maudit !!! ^^
Tandis que la strong independant woman organise la perte de son ennemi juré, le Père des Combats cosaque doit découvrir dans un véritable panier de crabes quelle est la véritable identité dudit ennemi juré… Difficile de ne pas voir la parenté plus qu’explicite avec La Mort à Triple Lame de R.E. Howard et ses différents avatars !

L’Invincible Guerrier : octobre 1918
On commence comme dans une histoire de chasse au trésor et on finit comme dans Braveheart ! Mais quel gros kif !!!
Khlit s’associe au marchand Mir Turek pour retrouver le tombeau caché de Gengis Khan (remember la quête du trésor de Tranicos par Conan), pour finir entre les mains d’Hang-Hi, le bras droit de l’Empereur Ming Wan Li, qui assiège Altur Haiden, le dernier refuge des fils de la steppe infinie…
Alors que les nomades tatars se résignent à leur anéantissement, le Maître de la Terre agit par delà la mort à travers son descendant qui porte dans une main l’étendard de guerre de Gengis Kan et dans l’autre main l’épée de Qaïdu, héros fondateur de la Horde d’Or… Et c’est un européen blanc et chrétien qui devient le sauveur des nomades turco-mongols ! L’auteur nous offre un « Liberté, Egalité, Fraternité » à une époque où l’Occident est dominé un « Racisme, Suprématisme, Colonialisme… » Rien que cela, c’est déjà très fort !
Mais c’est la relation entre Khlit et Kerula qui est le mieux traitée : d’un côté nous avons un vieil homme qui se prend d’affection pour une fille qui devient femme, porteuse de tout le passé du monde de la steppe, d’un autre côté nous avons une adolescente fascinée par un vieil homme qui devient légende, porteur de tout l’avenir du monde de la steppe… Et c’est traité avec une pudeur, une retenue et une mélancolie qui forcent le respect !

 

Le grande force du récit vient de son héros en fin de carrière qui mise plus sur sa ruse que sur sa force (car ses stratagèmes sont tous plus réjouissants les uns que les autres ^^)… Khlit le Loup se met en avant, puis se fait oublier, pour que ses adversaires se fassent la part belle, avant de revenir en pleine lumière !
On applique toutes les recettes du western à l’Eurasie du XVIe siècle donc on est dans le eastern ! Et bien que tout cela date de la fin des années 1910, j’ai pourtant eu la furieuse impression que si on passe quelques trucs vintages, c’est presque aussi moderne que ce qui a été écrit autour des années 2010…
Impossible de ne pas voir la parenté entre la Sword & History d’Harold Lamb et la Sword & Sorcery de R.E. Howard d’abord, de David Gemmell ensuite. Héroïnes douces mais pas faibles, héros durs mais pas impitoyables, ambiance crépusculaire, alliances de circonstances, trahisons de tous les instants… Ces auteurs piochent aux mêmes sources quand ce n’est pas dans la même boîte à outils ! Vivement le tome 2 intitulé Le Khan blanc !!!

L’imprimeur lithuanien Standartu Spaustuve a réussi à nous offrir un libre-objet d’un très appréciable rapport qualité/prix, les illustrations de Ronan Marret bien que pas exceptionnels apporter un plus bien appréciable et la jolie carte de l’Eurasie est une véritable invitation à l’aventure !)… Cela me navre au plus haut point qu’en termes de qualité de travail une Small Press se place bien au-dessus des gros éditeurs dont on taira les noms par pure charité chrétienne.

Alfaric

Note : 8/10

 

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