Les Chemins de Khatovar

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The Witcher, La Malédiction des corbeaux (comic)

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On ne présente plus la saga Le Sorceleur / The Witcher d’Andrzej Sapkowski ! (non les anglo-saxons ne sont pas spécialement les maîtres du genre, c’est juste qu’ici comme dans d’autres domaines les décideurs français ne se cassent pas trop la nénette en se contentant de reprendre les blockbusters yankee pour profiter du marketing réalisé par les rouleaux compresseurs yankee). Dans un univers dark fantasy largement inspiré des légendes et des histoires slaves, nous suivons ainsi les heurs et les malheurs de Geralt de Riv, un chasseur de monstres qui aurait pu être un émule d’Elric de Melniboné (ce qui nous offre un Supernatural médiéval fantastique ^^)…

Dans la mini-série intitulée La Malédiction des corbeaux parue chez Dark Horse entre août 2016 et mars 2017, nous sommes après le jeu vidéo The Wild Hunt et nous retrouverons Geralt de Riv toujours en formation de son apprentie Ciri, qui se retrouvent engagés par une prêtresse / maquerelle de Novigrad pour neutraliser une stryge mais aussi pour garder un œil sur son fils Elid qui possède l’étrange faculté de se transformer en corbeau. Geralt fait à Ciri le récit de l’épisode bien connu de la saga du désensorcellement de la princesse Adda née stryge suite à une union royale incestueuse… Les deux affaires semblent avoir un lien, mais lequel ?

Si au départ je ne m’attendais à rien du tout, au final j’ai trouvé l’ensemble pas mal du tout. On retrouve tout le côté chasseurs de monstres avec les diverses péripéties qui amènent Geralt et Ciri à Novigrad, il y a une alchimie réussie entre l’action, l’humour et la dark fantasy, et le côté sitcom qui se surajoute au récit avec Geralt à la fois maître et père qui partage avec Ciri à la fois élève et fille les mêmes qualité et les mêmes défauts, réprimandés par Yennefer qui joue peu ou prou le rôle d’épouse et de mère vis-à-vis du duo… Après je n’ai pas compris pourquoi on a privilégié le road movie dark fantay au polar médiéval fantastique, car l’intrigue rédigée à je ne sais combien de mains n’est pas si mal que cela et aurait été bonifiée en jouant davantage jouer la carte de l’ambiance !

SPOILERS :
Car au final les chasseurs sont les chassés, puisque Elisa tyrannise sa famille pour manipuler Ciri et atteindre Geralt, dont elle fait de la mort un objectif moins pour venger son géniteur que pour évacuer toute la haine du monde qu’elle porte en elle… Il y a détournement de conte de fée puisqu’au lieu de la fille vertueuse protectrice de son frère transformé en volatile, on a un frère transformé en volatile protecteur de sa sœur vicieuse… Rien n’est bien qui finit bien, avec mention spéciale pour Elid le garçon transformé en corbeau pour n’avoir pas dénoncé l’acte de cannibalisme de sa sœur qui devient définitivement un oiseau charognard alors qu’il n’a jamais fait de mal à personne…

Alors que Piotr Kowalski assure tous les dessins, j’ai l’impression bizarre qu’il y avait plusieurs artistes derrière les graphismes : on passe de dessins épurés à des dessins photoréalistes et vice versa, des couleurs froides aux couleurs chaudes et inversement (cette hétérogénéité n’est pas pénible, mais elle est très bizarre quand même)… Les créatures n’impressionnent guère, un lacune à corriger pour une série consacrée à des chasseurs de monstres !

Et puis qu’est-ce que c’est que toutes ces scènes de bains ? On se croirait dans le fanservice pompier du manga Fairy Tail ! Il y a quasiment 2 scènes de bains par épisode qui ne sont là que pour dessiner untel ou unetelle dans le plus simple appareil. Mais il ne suffit pas de mettre des boobs, des abdos musclés ou des pectoraux huilés pour faire mature : si les auteurs voulaient s’éclater avec du sexe, et bien ils auraient faire bien mieux que cela (on auraient eu ainsi plus de pages à consacrer à l’ambiance, aux personnages ou à l’intrigue).

PS : l’avant-propos est un peu étrange, car je n’ai pas pu déterminer si on voulait rendre hommage au livre ou au jeu vidéo, avec des approximations dans l’approche du genre (mais rien de bien méchant par rapport aux énormités et aux gros clichés véhiculés par Karine Gobled pourtant éditée par les fins connaisseurs d’ActuSF). Et puis les inévitables comparaisons avec le SdA de JRR Tolkien et à le GoT de GRR Martin, ben soupirs quoi !

Alfaric

Note : 6/10

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Comments

2 Responses to “The Witcher, La Malédiction des corbeaux (comic)”

  1. A quand une adaptation BD de Pillars of eternity ?

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  2. Alberic dit :

    qui vivra verra !

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