Porcelaine / Estelle Faye

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Albéric
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Porcelaine / Estelle Faye

Message non lu par Albéric » 28 sept. 2013, 06:29

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Résumé :
Celle qui, sans doute, saura lui rendre son cœur de chair. Cependant Brume de Rivière, fille-fée jalouse et manipulatrice, intrigue dans l’ombre contre leur bonheur.
Pendant presque quinze siècles, rivalités et amour s’entrecroisent, tissant une histoire de passion, de tendresse et de sacrifice, sur fond de magie et de théâtre.

Le roman ne fait que 270 pages et je l’ai trouvé très rempli ou très lent, c’est selon comment on le prend.
Il constitue un bel hommage à la Chine éternelle et un bel hommage au monde du spectacle (the show must go on !). Le personnage de Li Mei étant elle-même un hommage aux petites mains sans qui la culture chinoise ne serait rien de l’Opéra de Pékin aux grandes heures du wu xia hongkongais.

Après La Dernière Lame, je retrouve avec plaisir la sœur cachée de Mathieu Gaborit. L’auteure est partie des éléments orientalisants de la dernière partie de son 1er roman (comme Kwanjaï le mafieux qui aime les arts martiaux et les animaux) pour explorer les mythes et légendes de la Chine éternelle. Et avec ce Porcelaine, Estelle Faye nous montre non seulement qu’elle progresse fortement dans sa voie, mais aussi qu’elle appartient indubitablement à l’école de la fantasy poétique. Pour le meilleur et pour le pire car le plus bel atout du roman est aussi sa plus grande faiblesse.

Peu voire pas de dialogues, de nombreux passage oniriques, un rythme étrange à la fois lent et précipité qui trop souvent fait avancer le roman par ellipses : difficile d’entrer dans l’histoire et de s’attacher aux personnages. Mais cette distanciation qui fait la part belle à la prose éthérée et à l’ambiance onirique colle très bien aux contes de fées voire aux histoires fantômes chinois. On nous transporte de la Chine des Trois royaumes à celle de l’Empire Mandchou avec comme fil directeur les heurs et malheurs d’immortels aux frontières de l’humanité. Mais quantité de trucs m’ont parus mal fagotés : les démons traqueurs, le cœur de porcelaine, le visage de terre vivante, le mûrier géant, le tombeau maudit, le double maléfique de Xiao Chen, les zombies de la Grande Muraille, la dette mongole, le corbeau de Hengshan… On sent que tout est plus allégorique qu’autres choses mais c’est dommage car il y avait matière à faire et parfois tout se précipite et se télescope dans la confusion. Les scènes horrifiques comme les scènes épiques restent ainsi assez perfectibles.


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Difficile de ne pas penser à l’héritage de l’immense Jean Cocteau ! On mélange le contre de la Tisserande et du Bouvier et celui de la Belle et la Bête : le duo amoureux devient un triangle, puis un quadrangle avant de se complexifier davantage encore dans une ambiance de plus en plus fantastique… Les demi-humains que sont Xiao Chen et Brume de Rivière se sont aimés avant de se haïr et leurs amis se retrouver piégés de leur affrontement au-delà du réel.


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Difficile de ne pas penser à l’héritage de l’immense Hayao Miyazaki ! J’ai bien senti qu’on frôlait les thèmes de Princesse Mononoke et du Voyage de Chihiro : la confrontation du monde ancien et sacré et monde moderne et profane, le désenchantement du monde, une nostalgie à fleur de peau, les relations entre mémoire et identité… Malheureusement tout n’est que trop partiellement exploité !

Le roman aurait sans doute gagné à insérer une partie au bord de l’eau entre Plus précieux que le jade et La Voie des comédiens : l’histoire de Pieds-de-Cendres aurait gagné en intensité et ses relations avec Xiao Chen et Brume de Rivière auraient gagné en profondeur. Mais de manière général c’est tout les personnages qui auraient gagné à être approfondi : l’inventeur dépressif de la porcelaine, le bûcheron devenu aveugle, le mercenaire convoyeur, les parents humain et inhumain de Brume, les 1ers compagnons de Xiao Chen, le sage des Trois Gorges, les 2èmes compagnons de Xiao Chen, la sorcière mongole, Bastien d’Anvers, le général Zhongshu, la courtisane Sun Yun, le brigand flamboyant Kuan Ti…C’est dommage car dans la même veine un David Gemmell aurait composé une belle galerie humaniste plus consistante.

Un roman qui va me laisser de belles images plein la tête, ça c’est sûr !
Je n’oublierai pas de sitôt le dernier combat du phénix de soie…
(au moins Estelle Faye a un vrai imaginaire, pas comme certains/certaines... suivez mon regard)
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