Wastburg / Cédric Ferrand

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Bran Noircorbac
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Wastburg / Cédric Ferrand

Message non lu par Bran Noircorbac » 02 janv. 2012, 20:12

Je ne l'ai pas encore fini, mais je ne peux résister à l'envie de vous faire partager cet autre auteur à suivre avec son livre Wastburg

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Cedric Ferrand collabore à des jeux de roles (Nightprolwer Vermine...), est un français vivant à Montréal, est l'un des corbac de Huginn et Muninn...

Avec Wastburg, on s'engage dans ce genre mis au goût du jour par -entre autre- Jaworski, qui est la "crapule fantasy" : c'est crade, c'est boueux, c'est violent, vu au travers de personnages peu recommandables en général et de basse extraction en particulier. Le langage est fleuri, du genre pissenlit, et le récit savoureux, comme un fond de mauvaise gnôle éventé.

On nous présente beaucoup de personnages, certains fort savoureux, mais qui hélas ne sont pas présent très longtemps, le récit s'évertuant à nous conter des scènes qui n'ont pas forcément beaucoup de rapports entre elles, si ce n'est un fil rouge, une intrigue qui se déroule en trame de fond. En fait, le personnage est Wastburg, la ville ou se déroule le récit.
Wastburg, une cité acculée entre deux royaumes, comme un bout de bidoche solidement coincé entre deux chicots douteux. Une gloire fanée qui attend un retour de printemps qui ne viendra jamais. Dans ses rues crapoteuses, les membres de la Garde battent le pavé. Simple gardoche en train de coincer la bulle, prévôt faisant la tournée des grands ducs à l’œil ou bien échevin embourbé dans les politicailleries, la loi leur colle aux doigts comme une confiture tenace. La Garde finit toujours par mettre le groin dans tous les coups foireux de la cité. Et justement, quelqu'un à Wastburg est en train de tricoter un joli tracassin taillé sur mesure. Et toute la ville attend en se demandant au nez de qui ça va péter.

Roman à facettes, Wastburg propose une vue en coupe d'une cité médiévale macérant dans une fantasy crépusculaire où la morale et la magie ont foutu le camp. C'est comme si San-Antonio visitait Lankhmar. Après La Voie du cygne de Laurent Kloetzer et Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski, se dessine une véritable école de la « crapule fantasy ».

Cédric Ferrand fait vivre des univers de jeu de rôles (Sovok, Brumaire, Vermine, Nightprowler...), écrit des nouvelles et lit tout ce qui lui passe sous la main. Il vit désormais à Montréal, dans la plus complète schizophrénie linguistique et culturelle.

Bref, pour le moment j'aime beaucoup : il y a du style, une ambiance, une crédibilité pleine de crasse. Deux défauts : comme je l'ai dit plus haut, les protagonistes ont tous un beau potentiel, on peut s'y intéresser, mais n'apparaissent généralement pas assez longtemps pour-vraiment s'y attacher. Et il y a quelques soucis à la relecture qui ont fait passer quelques coquilles, mais rien de méchant.
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Re: Wastburg / Cedric Ferrand

Message non lu par tam-tam » 03 janv. 2012, 08:43

A mais c'est très alléchant tout ça! Je pense qu'on peut faire confiance à un créateur de jeux de rôles pour savoir donner vie à une ville.
La couv est tout simplement magnifique.
Merci Bran pour ce conseil de lecture.
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Re: Wastburg / Cedric Ferrand

Message non lu par Darkstar » 03 janv. 2012, 10:11

Héhé, la dernière fois qu'il nous a fait ce coup là, ça a marqué du monde !

Bon ben c'est noté. :)
Moi aussi j'aime bien les villes fangeuses, les dagues tirées dans l'ombre et les dialogues à coups de talons ferrés !
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Re: Wastburg / Cedric Ferrand

Message non lu par Lludd Llaw Eraint » 04 janv. 2012, 23:16

J'ai eu du mal à la trouver mais je n'ai pas hésité lorsque l'occasion s'est présentée de me le procurer.
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Bran Noircorbac
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Re: Wastburg / Cedric Ferrand

Message non lu par Bran Noircorbac » 20 janv. 2012, 17:24

Ah, en fait je l'ai fini, et c'était très bien! Malgré quelques menus défauts que j'ai déjà signalé, notamment l'absence de personnage que l'on pourrait aimer ou détester, aucun n'apparaissant assez longtemps pour cela. La plupart disposent néanmoins d'un bon potentiel, ce qui rend d'autant plus dommage leur rôle de figurants au sein de Wastburg, la ville qui est la véritable star!

Un auteur que je suivrai avec intérêt en tout cas!
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Re: Wastburg / Cédric Ferrand

Message non lu par tam-tam » 22 mars 2018, 10:46

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Très belle découverte que ce Wastburg.

Il est un peu écrit comme "des milliards de tapis de cheveux" d'Andreas Eschbach pour ceux qui connaissent. Chacun des 15 chapitres qui le compose est une tranche de vie d'un personnage à chaque fois différent. Un recruteur de la milice, un enfant des rues, un garde-pont, l'huissier de la prison...etc. Cela forme une chaîne puisque les actions des uns vont avoir un impact sur la vie des autres. Et de façon sous-jacente on entraperçoit une intrigue de plus grande envergure.

Comme le dit Bran, le vrai héros du livre c'est Wastburg, une ville franche coincée dans le delta d'un fleuve. Indépendante de par sa position géographique, elle sert de zone tampon entre les 2 royaumes de Loritanie et de Waelstadt. On va avoir le plaisir au fil des chapitres de découvrir les sites pittoresques de la cité: les docks, le pont, la purge (la prison), le palais du Burgmeister, la tour des Majeers... L'ambiance est particulièrement bien rendue. Cette ville crasseuse et mal famée semble bel et bien vivre sous nos yeux.

Niveau style, si vous aimez celui de Jaworski, vous aimerez celui de Ferrand. On a droit à un argot très imagé. Je me suis régalé. Ça renforce le sentiment d'immersion. Juste un petit exemple ci-dessous:
La bouscotte était une tradition wastburgienne, une cité où rien ne se perd : tous les tenanciers de troquet avaient une bouteille à part, dans laquelle ils versaient tous les fonds de verre non bus par les clients. Une mixture dégueulasse mais qui en arrachait, et pour pas cher. Certains collaient une étiquette dessus, d’autres mettaient au défi les voyageurs d’en boire un coup : à chacun sa manière de vendre le produit. Si le patron n’était pas con, il avait plusieurs boutanches à bouscotte, une par type d’alcool, pour ne pas trop mélanger les genres. Une pour le pinard, une pour les gnôles, une pour les liqueurs, une pour les bières... Séparer les liquides ne rendait pas la bouscotte meilleure au goût, ça non, mais ça retardait le moment où le client devenait malade. Un adage local disait même « Vin sur bière, je digère. Bière sur vin, je vomis bien. » Certaines buvettes devaient leur renommée à la qualité (toute relative) de leur bouscotte. Leurs bistrotiers avaient le tour de main pour faire des mélanges honorables. Ça tenait parfois à un ingrédient secret, qui faisait qu’une bouscotte était savourée ou évitée.
Enfin bref j'ai adoré. Ceux qui on aimé GLG devraient faire un petit tour du côté de Wastburg, le dépaysement est garanti. (Mais prenez une bonne paire de cuissardes, les ruelles de la cité-état sont particulièrement fangeuses. Et emporter une bonne épée pourrait être d'utilité...^^)
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Re: Wastburg / Cédric Ferrand

Message non lu par Tatooa » 22 mars 2018, 21:33

Euh nan. J'ai adoré GLG, comme tu dis, j'ai pas aimé Wastburg.

Mon avis date du 20 Mai 2016...

"Bon, je suis sortie assez mitigée de cette lecture.
Le style populo-argotique est plutôt sympa, se laisse lire facilement et on rit pas mal.

Par contre, le fil conducteur est ténu. En tant que lectrice, j'aime les bouquins avec un début, un milieu, une fin (même ouverte, hein, je suis pas toujours fermée, mdr !), avec des personnages qu'on suit et auxquels on s'attache. Bah j'ai rien trouvé de ça ici. Alors quand il est dit sur le quatrième de couverture que Ferrand s'inscrit dans la lignée de Jaworski avec ce livre, je tique sévère et je m'inscris en faux. Teuh teuh teuh, on est loin du compte.

En fait cet écrit me fait penser à des choses qu'on trouve sur Wattpad (où je "suis" ma fillotte). Bien écrit parfois (vraiment pas souvent), sympa à lire, mais qui n'amène nulle part parce qu'à aucun moment l'auteur ne s'est demandé quel était le fond de son histoire, son début, son milieu et sa fin (et curieusement ces auteurs-là viennent souvent du RP, bref, passons). Bon, Wattpad c'est particulier, les gens écrivent "en série", et comme les séries TV ça finit par tourner en rond.
Mais publier un bouquin comme ça, bah, bof quoi. Bon j'exagère, il y a une fin. Qui n'en est pas une. Et le personnage principal du livre, c'est la ville, j'aurais pu m'en douter avec ce titre.

Il n'empêche que je suis plutôt déçue.
C'est bien écrit. épicétou. le schéma narratif consistant à nous faire découvrir un personnage, son point de vue, sa vie, puis à le faire crever, est bien trop récurrent pour arriver à surprendre longtemps. Pour le premier, j'étais surprise, au troisième (page 135), j'en avais déjà marre, et avec celui qui passe entre les mains du bourreau, ça a été le pompon... (Si vous me connaissez un peu, vous savez que je déteste les bouquins où tous les personnages auxquels je m'attache crèvent. J'ai été gâtée, ici !).

La pléthore de personnages fait qu'on ne peut pas lire ce bouquin avec un autre à côté. On s'y perd, il faut bien le dire. Finalement heureusement qu'ils crèvent, on n'a plus à s'en préoccuper. D'un autre côté, on finit par ne plus s'attacher à aucun, forcément, puisqu'on "sait" ce qui va leur arriver. Aucune surprise côté personnages. C'est dommage car il aurait pu creuser un de ceux-là et en faire un héros (ou anti-héros, on s'en fout) crédible et attachant et ça aurait tout changé (de mon point de vue, qui ne reste que cela), je pense que l'auteur en est tout à fait capable, puisqu'il écrit fort bien. le hic c'est qu'il n'a pas voulu le faire, et en tant que lectrice, ça m'a lourdement manqué.

En gros, ce bouquin mériterait une note excellente sur le style, mais de mon point de vue, le "fond" n'est pas génial. Ce qui fera une note finale moyenne... (2 sur babelio, il n'y a pas de demi, et je suis trop déçue pour mettre 3).
En fait là de suite je me dis "encore un bouquin de fantasy qui doit plaire à ceux qui n'en lisent pas d'habitude, genre "des milliards de tapis de cheveux". Le genre où il n'y a tellement pas d'histoire que c'est à se demander si c'est pas écrit pour "plaire" à un max de gens. Encore qu'avec toutes les morts gore dans celui-là, c'est moins évident..."

Ok... Je sors... :oops:
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Re: Wastburg / Cédric Ferrand

Message non lu par tam-tam » 22 mars 2018, 22:56

Dommage que tu sois passée à côté de ce livre Tatooa. OK tu ne l'as pas aimé. Je discute pas les gouts et les couleurs.
Par contre en toute objectivité je ne comprends pas comment on peut écrire ça:
En fait là de suite je me dis "encore un bouquin de fantasy qui doit plaire à ceux qui n'en lisent pas d'habitude, genre "des milliards de tapis de cheveux". Le genre où il n'y a tellement pas d'histoire que c'est à se demander si c'est pas écrit pour "plaire" à un max de gens. Encore qu'avec toutes les morts gore dans celui-là, c'est moins évident..."
On n'a franchement pas lu la même chose là. Si un bouquin sort des sentiers battus c'est bien celui là. Ils sont où le manichéisme, la linéarité, l'ado qui sauve le monde, la quête et le bon gros happy end? Avec de tels ingrédients là oui, ça aurait plu un max.
Enfin bon toujours est il que j'assume complétement d'avoir adoré ce bouquin. Sûrement parce que je n'ai pas encore assez l'habitude de lire de la fantasy :wink:
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