Interview Octobre 2005

Riverdream, le voyage de Haviland Tuf et tout le reste autour de l'auteur
nadine
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Interview Octobre 2005

Message non lu par nadine » 11 nov. 2005, 01:25

http://www.deep-magic.net/issues.php?start=0

vous pouvez télécharger gratuitement sur ce site les trois premiers magazines entiers (!) et dans celui de Octobre, il y a une interview de Martin et dans celui de Novembre une interview de Jordan.

Si j'ai le temps, j'essaierais de traduire pour les non-anglophones.
Si tu le construis... il viendra

Ran Borune
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Message non lu par Ran Borune » 11 nov. 2005, 13:10

Cool merci pour l'adresse.

Yeurl
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Message non lu par Yeurl » 11 nov. 2005, 16:42

Je l'ai traduite cet après-midi.

Q – Racontez-nous l’histoire de la publication de votre premier roman.

M – Mon premier livre, qui était un livre que j’avais édité, était Nouvelles voix en science-fiction (1), une anthologie d’histoires originales par les nominé au prix John Campbell. Même si je n’avais pas gagné le prix, je pensais que ça pourrait être bien de faire ensemble une anthologie. Macmillan accepta l’idée en 1975. Mon premier roman, Chanson pour Lya, fut publié par Avon en 1976. J’ai aussi remporté un prix Hugo l’année précédente pour une de mes nouvelles (2).

Q – Comment Internet a-t-il affecté vos relations avec vos éditeurs et/ou vos lecteurs ?

M – Ca a certainement rendu les choses plus faciles avec les éditeurs. C’est plus facile de partager quand vous pouvez envoyer des emails plusieurs fois par jour plutôt que d’envoyer des lettres. Les lettres mettent des jours à arriver (3). Ca a rendu les choses beaucoup plus faciles au niveau de la publication. Avant Internet, je pouvais recevoir quelques lettres de fans par an. Maintenant, je reçois des tonnes d’emails de fans. Maintenant, je suis aux alentours de 2000 lettres, et certaines restent sans réponses pendant des années. Internet a permis aux fans de trouver plus facilement leurs auteurs favoris.

Q – Votre monde et vos royaumes sont très riches en histoire (essentiellement la guerre des deux roses en Angleterre – Lancaster contre York – au XVème siècle). Quelle a été votre inspiration pour les arrangements ?

M – Je puise beaucoup d’inspiration dans l’histoire et aime lire des romans historiques. Quand j’ai commencé à créer ma saga actuelle, je voulais créer une saga de fantasy qui aurait aussi bien la saveur du roman historique et que les tropes de la fantasy épique. J’aimais et le réalisme et la gravelosité du roman historique. Vous avez raison, la guerre des deux roses fut une influence, aussi bien que la guerre de cent ans ou les croisades. Mais je ne veux pas faire de strictes comparaisons une à une. Ce n’est pas aussi simple. J’ai pris un peu de ci et de ça, ajouté de l’imagination, et fait quelque chose d’unique. Le problème avec le roman historique et que si vous connaissez l’histoire, vous savez comment ça va finir. Vous savez ce qui va arriver plus tard. En fantasy, non. L’invention de personnages originaux permet de créer plus de suspense. Les lecteurs sont plus intéressés par ce qui arrive et vous pouvez leur faire plus « ressentir » les choses.

Q – Avez-vous des personnages favoris ?

M – Tyrion est le personnage le plus facile à écrire. Son esprit et son humour me font m’intéresser plus à lui. J’ai aussi une forte empathie avec lui. C’est quelque chose que je fais en écrivant, spécialement pour tous mes personnages « points de vue ». Quand vous écrivez de l’intérieur de la tête de quelqu’un, vous avez tendance à voir le monde à travers ses yeux. Ca requière une certaine dose d’empathie. Même avec les méchants, je vais dans leurs psychés.

Q – Quelles influences vous ont aidé à devenir l’écrivain que vous êtes ?

M – Les plus profondes sont celles que vous expérimentez quand vous êtes jeunes. Les écrivains que vous avez lu en grandissant. Je lisais de la science-fiction, de la fantasy, du fantastique (4), de manière interchangeable. Mon père aurait appelé tous ces genres « trucs bizarres ». Ils ont influencé le fait que j’écrive facilement dans chacun d’eux. Le vagabond de l’espace de Heinlein fut ma première incursion dans la science-fiction. En fantasy j’ai lu d’abord Robert E. Howard, puis Tolkien, et il m’a fait un profond effet. Au niveau du fantastique, sans aucun doute Lovecraft.

Q – Qu’avez-vous lu récemment ?

M – Flashman on the march, de George MacDonald Fraser. Je suis actuellement en train de lire le travail de Bernard Cornwell.

Q – Combien de temps passez-vous à écrire ?

M – A feast for crows est fini et sort en Octobre au Royaume-Uni et en Novembre aux USA. Ce qui veut dire que les tours de promotion de l’ouvrage commencent bientôt. Je passe actuellement beaucoup de temps à corriger les épreuves (5). Mais suis en train de travailler sur de nouvelles choses ? Une bonne journée, qui commence avec du café, je commence à écrire vers 10h et lève parfois les yeux et il fait déjà sombre. J’y passe toute la journée.

Q – Quand vous avez une période où vous pensez ne pas pouvoir écrire un autre mot, qu’est-ce qui vous permet de vous y remettre ?

M – Parfois se relire aide. La première chose que je fais quand je suis en train de travailler sur un nouveau livre est de regarder ce que j’ai fait hier. Ensuite je commence à le changer et à le polir.

Q – Avez-vous un plan établi pour votre saga, et y collez-vous ?

M – J’essaie d’y coller. Quand j’ai commencé, mon objectif était trois livres. Maintenant je planche pour le développer en sept livres. L’histoire est plus compliquée désormais, mais j’ai déjà planifié le final. Oui, je sais comment elle va se finir.

Q – Votre travail aborde des thèmes forts (inceste, par exemple, langage grossier, viol (6)) – quelle a été la réaction de vos lecteurs face à ce matériel explicite dans votre travail ?

M – Il y a quelques commentaires négatifs de fans en colère, particulièrement à propos du sexe. Il y a un étrange double niveau. Aucun ne semble avoir d’objections à la violence visuelle. Je peux décrire une hache à travers la tête de quelqu’un et personne n’émet d’objections. Mais ils ont des objections à propos d’un pénis entrant dans un vagin. Je dirai juste qu’il y a quantité d’autres écrivains qu’ils peuvent lire. La majorité de mes lecteurs aime la fantasy adulte qui est consciente de la sexualité humaine. Sexe et amour sont parmi les plus puissantes forces qui nous dirigent tous. Dans trop d’univers de fantasy, c’est traité de manière juvénile ou complètement négligé. Les personnages, et beaucoup de mes personnages, sont gouvernés par leurs démons sexuels, et je pense que les montrer rend le livre plus vrai.

Q – Quelle est la différence entre Hollywood et l’industrie de l’édition ? Vous avez été à cheval sur les deux mondes au cours de votre carrière.

M – J’ai passé dix ans à Hollywood. J’ai écrit treize épisodes pour la série « La belle et la bête ». C’étaient deux mondes très différents, mais ils le deviennent de moins en moins à mesure que les éditeurs sont rachetés par des multinationales. C’est en train de devenir plus du business façon Hollywood que de l’art. Vous faites des shows TV qui coûtent des millions ou des films qui coûtent des dizaines de millions. Beaucoup de gens qui sont impliqués sont des hommes d’affaires. Ils veulent faire des films à grand succès plutôt que des bons films. Ils utilisent des groupes qui se concentrent et votent pour déterminer ce que le public veut. Le concept d’art s’est détérioré. Avec les livres, l’argent, ligne de fond, est important aussi, toutefois, il y a encore un long chemin à faire pour ressembler à Hollywood. L’art est une part importante de notre culture. La prose était mon premier amour et sera mon dernier amour.


(1) Je ne sais pas si l’anthologie en question a été traduite, aussi ai-je mis le titre original.
(2) Il s’agit de la nouvelle qui donne son nom au recueil.
(3) Seule traduction que j’ai pu trouver pour « Exchange hands »
(4) Martin emploie le terme « horror », mais les anglais ont une classification des gens différentes de la notre : le fantastique est divisé d’une part sous le terme « fantasy », d’autre part sous le terme « horror »
(5) Passage qui parle visiblement de la correction des épreuves, mais des mots me sont resté étrangers.
(6) « Abuse » regroupe l’ensemble des sévices sexuels.
Modifié en dernier par Yeurl le 27 nov. 2005, 17:54, modifié 4 fois.
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Ran Borune
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Message non lu par Ran Borune » 11 nov. 2005, 21:04

Merci Yeurl !

J'ai à peine eu le temps de télécharger le mag que tu l'avais déja traduit !

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Supernounours
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Message non lu par Supernounours » 11 nov. 2005, 21:12

Merci Yeurl, je reconnais que j'avais eu la flemme de suivre le lien gracieusement donné par Nadine... :oops:
Une interview intéressante, mais aucune grosse révélation. :P

nadine
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Message non lu par nadine » 11 nov. 2005, 21:31

strong language = language ordurier, vilains mots
bottom line = ligne de fond

oui merci Yeurl !! :P

pour graphic violence je pense que martin a voulu dire de la violence visuelle, telle que, un type qui se fait défoncer la tete a coup de hache.

Gritty veut dire graveleux normalement... mais je dois relire l'interview pour voir comment il est utilisé.

Pour Tropes qui est traduit par trope, ca a deux sens, un) une figure de language usant de mots dans un sens non littéral, telle qu'une métaphore ou deux) un mot ou une phrase interpolé comme un embellissement dans les parties chantées de certaines litturgies médievales. :shock:
(je ne connaissais pas non plus)
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Yeurl
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Message non lu par Yeurl » 27 nov. 2005, 17:50

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