Le Monde Enfin / Jean-Pierre Andrevon

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tam-tam
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Le Monde Enfin / Jean-Pierre Andrevon

Message non lu par tam-tam » 26 avr. 2011, 12:37

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Ce livre aurait pu s’intituler la revanche de Gaïa. Car en effet après des décennies d’agressions de toutes sortes, la Terre est au bord de la destruction. Pour qu’elle survive, l’homme doit disparaître… Cette extinction prendra la forme d’un virus foudroyant qui balayera l’humanité en une toute petite semaine. Tels les tigres de Sibérie, les rares survivants ne seront plus assez nombreux pour repeupler le monde.

Le Monde Enfin nous propose de suivre le destin de quelques-uns uns de ces survivants et de voir progressivement la nature reprendre ses droits. Ce livre est en fait un recueil de nouvelles s’échelonnant sur une 20 aine d’années. Le fil rouge qui les relie entre elles est l’histoire d’un vieux cavalier, qui au crépuscule de sa vie, tente de traverser la France afin de voir la mer une dernière fois avant de fermer les yeux pour toujours.

Au fil des nouvelles et au fur et à mesure que les survivants vieillissent, on sent de plus en plus la résignation gagner ces derniers hommes. Une fois le premier choc de l’épidémie passé, chacun de leur côté, plein d’enthousiasme, ils ont pourtant tenté de reconstruire une civilisation basée sur les vestiges de la précédente. Et puis le temps les a usés, découragés et au final la dernière chose à laquelle ils aspirent est une mort la plus douce et la plus paisible possible.

Comme la nature a horreur du vide, l’humanité est très rapidement remplacée. A Paris, les animaux du zoo de Vincennes se sont évadés. On voit ainsi des hippopotames folâtrer dans la Seine ou des troupeaux d’éléphants déambuler sur les Champs-Élysées… Les hommes sont clairement perçus comme les parasites à éradiquer. On sent fortement les convictions écologiques de l’auteur.

Néanmoins, les survivants sont dépeints de très touchante façon. Comme si le cataclysme leur avait fait prendre conscience, trop tard, de leurs excès, et les avait rendus plus humbles J’ai été particulièrement ému par cette femme qui n’a que pour seul désir de mettre un enfant au monde. Sa recherche d’un géniteur vire à l’obsession. Toute sa vie elle parcourt inlassablement le monde en quête d’un homme encore capable de la féconder. Bouleversant !

A l’exception de deux nouvelles que j’ai trouvé moins réussies que les autres, ce recueil sera un vrai régal pour tous les amateurs de post-apo. Et je sais qu’il y en a quelques-uns qui rôdent par ici.
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